Sunday, May 31, 2026
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19e festival de Marrakech : La danse et le Ramadan font bon ménage 

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19e festival de Marrakech : La danse et le Ramadan font bon ménage
19e festival de Marrakech : La danse et le Ramadan font bon ménage

Du 6 au 14 mars 2026, la 19e édition du festival « On Marche » transforme Marrakech en un grand laboratoire de mouvements et de rencontres. Pensé et programmé pendant le mois sacré, l’événement met la création chorégraphique au service du partage, de la contemplation et d’un dialogue entre corps, foi et territoire.

Chaque année, Marrakech se métamorphose en scène vivante ; en 2026, la ville ocre accueille la 19e édition du Festival International de Danse Contemporaine « On Marche », une édition entièrement placée pendant le Ramadan. Ce choix de calendrier n’est pas anodin : pour Taoufiq Izeddiou, fondateur et directeur artistique, programmer la danse durant cette période intensifie la dimension relationnelle et méditative des œuvres. La danse cesse d’être simple divertissement pour devenir un moyen d’interrogation, une pratique qui nourrit à la fois le corps et l’esprit.

Temps forts et lieux


Les rendez-vous scéniques auront lieu principalement après le ftour, dès 21h, afin de respecter les rythmes du jeûne et d’installer une atmosphère propice à l’écoute et à la concentration. Les principaux sites de représentation comprennent l’Institut français de Marrakech, le Centre culturel Les Étoiles de Jamaa El Fna et l’Es Saadi Marrakech Resort. L’ouverture officielle — et l’un des moments phares de cette édition — se déroulera le 7 mars avec La Terre en transe, nouvelle création de Taoufiq Izeddiou réunissant douze interprètes. Cette pièce marque également l’aboutissement d’une tournée internationale et s’inscrit dans le long parcours de la compagnie Anania, pionnière de la danse contemporaine au Maroc.

Le festival multiplie les formats pour rapprocher artistes et public. Chaque soir, aux heures de la rupture du jeûne, le cycle « Artistes à table » propose un partage simple et direct : danseurs, chorégraphes et artistes plasticiens prennent place autour d’un ftour collectif pour échanger sur leurs processus créatifs, leurs interrogations spirituelles et leurs trajectoires. Ces moments se prolongent souvent par des performances in situ ou des projections, transformant le repas en lieu d’expérimentation artistique et de dialogue.

Danse et cinéma : le cycle « Danses en Images »

Parallèlement aux spectacles, le festival présente une sélection de films qui explorent la relation entre geste, rite et récit personnel. Projections à l’Institut français, où seront notamment programmés Les Pieds sur scène d’Éric Legay, Lengue de Léonie Zowe-Yanga, Dernier paysage de Josef Nadj, L’Envol de Bouziane Bouteldja, So Ava de Smaïl Kanouté, Al Awda d’Imane El Kabli et Bella d’Eman Hussen. Ce regard filmique prolonge la réflexion chorégraphique en offrant des approches documentaires, poétiques et anthropologiques.

Pour la cinquième année consécutive, une exposition photographique en plein air investit la médina et ses abords : plus de vingt images consacrées à la danse invitent promeneurs et habitants à redécouvrir la ville comme un lieu de création. Ces installations gratuites, visibles tout au long du festival, relient patrimoine urbain et spectacles contemporains.

Masterclasses, workshops et rencontres professionnelles complètent la programmation : ateliers pour amateurs et professionnels, tables rondes et échanges méthodologiques élargissent le public et encouragent la transmission des savoir-faire chorégraphiques. Fidèle à son ancrage territorial, « On Marche » conjugue ouverture internationale et engagement local, en maintenant des spectacles gratuits adaptés au contexte du mois sacré.

Plus qu’une simple suite de représentations, cette édition de « On Marche » propose une expérience collective où la création chorégraphique se fait lieu de réflexion, de consolation et de célébration. En célébrant la danse pendant le Ramadan, le festival affirme la capacité des arts vivants à renforcer les liens sociaux, à porter des paroles intimes et à réinventer des rituels d’échange.

Maroc : 2 mars 1956, un tournant historique  – Le Royaume chérifien retrouve sa souveraineté

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2 mars 1956 : le jour où la France et le Maroc se sont dit adieu
En image :MAROC-MOHAMMED-V

Le 2 mars 1956 marque la fin d’un long chapitre colonial et le début d’une nation moderne. Après des mois de négociations tendues entre Paris et Rabat, une déclaration conjointe met un terme au protectorat de 1912 et consacre l’indépendance du Royaume chérifien. Retour sur les événements, les acteurs et les implications de cet accord historique.

Dans les années qui précèdent 1956, le Maroc est en plein bouleversement. L’éviction, en août 1953, du sultan Mohammed ben Youssef — contraint à l’exil par l’administration française qui installa à sa place Mohammed ben Arafa — a enflammé le pays. Cette décision, perçue comme une humiliation nationale et une atteinte à la légitimité dynastique, raviva une opposition large et déterminée : nationalistes, notables traditionnels, ou simples citoyens se regroupèrent autour de la cause de l’indépendance.

Le mouvement nationaliste, mené notamment par le parti de l’Istiqlal et des personnalités politiques et religieuses, multiplia grèves, manifestations et actions politiques, rendant la situation intérieure de plus en plus ingérable pour les autorités du protectorat. Face à un pays profondément mobilisé et à un contexte international post‑Seconde Guerre mondiale favorable aux aspirations d’autodétermination, la France dut ouvrir des pourparlers.

Les négociations de Paris

Au début de 1956, des délégations marocaines et françaises entamèrent des discussions à Paris. Les entretiens, parfois tendus, cherchèrent à définir les modalités par lesquelles la France reconnaîtrait la fin du statut de protectorat et le rétablissement de l’autorité du sultan sur l’ensemble du territoire.

Le 2 mars 1956, dans le salon de l’Horloge du quai d’Orsay, Christian Pineau, ministre français des Affaires étrangères, et Si M’Barek Bekkaï, président du Conseil du Maroc, signèrent la déclaration conjointe. Ce texte affirmait que le traité de 1912, fondement du protectorat, était désormais caduc et reconnaissait la souveraineté marocaine. La signature officialisait le retour du sultan Mohammed ben Youssef (devenu Mohammed V) et la restauration de l’intégrité politique du pays.

Acteurs clés

Les acteurs clés de ce retour à la souveraineté du Maroc sont ꓽ Mohammed V, symbole central de la résistance marocaine, son retour d’exil et sa légitimité dynastique furent déterminants pour rassembler les forces du pays. Puis, les leaders nationalistes (notamment l’Istiqlal) : principaux acteurs de la mobilisation intérieure et interlocuteurs politiques incontournables. Enfin, Christian Pineau et la diplomatie française : représentants d’un État confronté à un dilemme politique et stratégique après la guerre, contraint d’évoluer face aux réalités nationales et internationales.

La déclaration du 2 mars 1956 ouvrit la voie au rétablissement institutionnel du Maroc et à la mise en place progressive d’un gouvernement autonome. Elle fut le prélude à la complète souveraineté — y compris administrative et économique — et posa les bases du Maroc moderne.

Sur le plan diplomatique, l’accord mit fin à une ère de tutelle directe, mais ouvrit aussi une nouvelle relation entre les deux pays, fondée sur la coopération politique, économique et culturelle. Les liens entretenus ensuite entre la France et le Maroc restent marqués par cette transition : partenariat étroit, mais parfois délicat, entre un ancien pouvoir colonisateur et un État indépendant.

Mémoire et symbolique

Le 2 mars est commémoré comme une date fondatrice de l’histoire contemporaine marocaine. Il symbolise la capacité d’un peuple à reconquérir sa souveraineté par la mobilisation politique, la diplomatie et le jeu des institutions. Le retour de Mohammed V et la reconnaissance internationale qui suivit ont contribué à cimenter une identité nationale moderne, tout en rappelant les tensions et les sacrifices qui ont accompagné la décolonisation.

La signature de la déclaration conjointe entre la France et le Maroc le 2 mars 1956 n’a pas seulement mis fin à un traité : elle a marqué le basculement d’un pays vers l’indépendance et la construction d’un État moderne. Au-delà des dates et des signatures, cet épisode rappelle combien les aspirations populaires, conjuguées aux réalités géopolitiques, ont redessiné la carte politique du Maghreb au XXe siècle.

Coopération Cameroun−Nigeria : Front commun pour la sécurité aérienne

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Coopération Cameroun−Nigeria : Front commun pour la sécurité aérienne
De gauche à droite : Festus Keyamo, ministre nigérian de l’Aviation et du Développement aérospatial, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, ministre camerounais des Transports

Le Cameroun et le Nigeria ont formalisé le 27 février 2026 à Yaoundé un protocole bilatéral visant à coordonner et mutualiser leurs moyens de recherche et de sauvetage aérien. Ce texte, signé par les ministres en charge des transports et de l’aviation des deux pays, instaure des procédures opérationnelles pour intervenir plus vite et plus efficacement en cas d’incident aérien transfrontalier.

Yaoundé — Dans un geste concret de coopération régionale, le Cameroun et le Nigeria ont paraphé un accord de partenariat dédié aux opérations de recherche et de sauvetage d’aéronefs en détresse. La cérémonie, qui s’est tenue à Yaoundé le 27 février 2026, a rassemblé Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, ministre camerounais des Transports, et Festus Keyamo, ministre nigérian de l’Aviation et du Développement aérospatial.

Cadre juridique et objectifs


Le protocole s’appuie sur les principes de la Convention relative à l’aviation civile internationale (Convention de Chicago, 1944), et plus particulièrement sur son Annexe 12 qui encourage la coopération internationale en matière de recherche et sauvetage. Son objectif principal est de renforcer la sécurité des vols régionaux en garantissant une réponse rapide et coordonnée lorsque des aéronefs sont en difficulté à proximité des territoires des deux États.

L’accord définit des règles claires pour le déploiement et la mise à disposition réciproque de moyens — aéronefs, équipes spécialisées et appuis logistiques — afin de réduire les délais d’intervention. Il établit aussi des mécanismes de coordination opérationnelle entre les centres de secours concernés, notamment les centres de Kano et Lagos côté nigérian et le centre de Yaoundé côté camerounais. En situation d’urgence, des autorisations spéciales permettront aux équipes de l’un des États d’entrer rapidement sur le territoire de l’autre ou d’y effectuer des survols nécessaires aux opérations.

Procédures, exercices et renforcement des capacités

Pour garantir l’efficacité du dispositif, le protocole prévoit la tenue d’exercices conjoints au moins tous les trois ans. Ces simulations auront pour but principal de tester les procédures, d’améliorer l’interopérabilité des équipes et d’identifier les besoins en formation et en matériel. L’accord intègre également des dispositions sur l’échange d’informations et la mise en place de protocoles de communication standardisés entre les services de secours.

La signature de ce protocole intervient dans un contexte de croissance du trafic aérien en Afrique de l’Ouest et d’évolution des enjeux sécuritaires. En favorisant la mutualisation des ressources et la coordination entre Yaoundé et Abuja, les deux pays cherchent à renforcer la résilience de leurs dispositifs de secours et à protéger davantage les passagers et les équipages traversant l’espace aérien régional.

Les autorités camerounaises ont salué l’accord comme une avancée majeure pour la sécurité aérienne nationale et régionale. Du côté nigérian, le ministère de l’Aviation a souligné l’importance de partenariats pragmatiques pour faire face à des situations d’urgence où chaque minute compte. À plus long terme, cet accord pourrait servir de modèle pour d’autres coopérations bilatérales ou multilatérales au sein de la sous-région.

Afrique ꓽ Leaders féminines de demain   Le programme 2026 recrute les candidates

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Afrique ꓽ Leaders féminines de demain Le programme 2026 recrute les candidates
Afrique ꓽ Leaders féminines de demain Le programme 2026 recrute les candidates

Pour réduire l’écart entre formation et responsabilités, le MILEAD Fellows Program relance son appel à candidatures. Destiné aux jeunes Africaines porteuses d’initiatives, ce dispositif promet une année intensive de formation, mentorat et action communautaire pour transformer compétences et réseau en impact durable. Candidatures jusqu’au 20 mars 2026.

Un tremplin vers des responsabilités réelles
Dans de nombreux pays africains, les jeunes femmes disposent d’un niveau d’éducation croissant, mais peinent encore à accéder aux postes de décision et aux emplois formels. Pour pallier ce décalage, la Moremi Initiative for Women’s Leadership in Africa (MILEAD) propose une réponse structurée : le MILEAD Fellows Program 2026, dont l’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 20 mars 2026.

Qui peut postuler ?


Le programme cible une cohorte de 25 jeunes femmes âgées de 19 à 25 ans ayant déjà fait preuve d’initiative — dans leurs études, au travail ou au sein de leurs communautés. Les dossiers doivent inclure un CV et deux lettres de recommandation ; la sélection privilégiera les candidates démontrant leadership, engagement local et potentiel de déploiement d’un projet à impact.

Les lauréates participeront d’abord à un institut résidentiel intensif de trois semaines au Ghana. Cette immersion est conçue pour accélérer l’acquisition de compétences (leadership stratégique, gestion de projet, communication, plaidoyer) et favoriser la création de liens au sein d’un réseau panafricain. Après cette phase initiale, le programme se poursuit sur douze mois avec des modules de formation en ligne pour approfondir les compétences techniques et managériales ; un accompagnement par des mentors expérimentés et la mise en œuvre d’un projet communautaire nommé MiCHANGE, soutenu par des ressources et un encadrement adaptés.

Au-delà de la formation individuelle, MILEAD vise à catalyser des transformations locales : renforcer la capacité d’action des jeunes femmes, multiplier des modèles de réussite et accroître leur visibilité dans les sphères économiques et décisionnelles. En structurant un réseau d’anciennes et d’actuelles bénéficiaires, l’initiative cherche aussi à créer des effets d’entraînement à long terme pour l’emploi et l’entrepreneuriat féminin.

Un programme pertinent face à des obstacles persistants


Ces actions interviennent dans un contexte où l’insertion économique des femmes reste inégale. Des rapports récents — dont le Global Gender Gap Report 2025 et des analyses d’acteurs comme Harambee Youth Employment Accelerator — indiquent que l’accès à l’emploi formel, la concentration dans des emplois précaires et la charge des tâches non rémunérées freinent toujours l’autonomie économique des jeunes femmes. Des initiatives ciblées de formation et de mentorat sont donc jugées essentielles pour les préparer aux emplois de demain.

Les candidates intéressées doivent soumettre leur dossier complet avant le 20 mars 2026. Les informations détaillées sur les critères d’éligibilité et le format des pièces requises sont disponibles sur le site de la Moremi Initiative (consulter la page dédiée à MILEAD Fellows). Les dossiers incomplets ou envoyés hors délai ne seront pas examinés.

En combinant immersion intensive, apprentissage à distance, mentorat et projets concrets, le MILEAD Fellows Program 2026 ambitionne de convertir les acquis éducatifs des jeunes Africaines en positions d’influence et en initiatives locales durables. À une époque où la transition vers des emplois qualifiés est cruciale, ce type de programme représente une voie concrète pour amplifier le rôle économique et social des femmes en Afrique.

Nigeria ꓽ secteur énergétique   La demande de gaz étrangle l’électricité

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Nigeria ꓽ secteur énergétique La demande de gaz étrangle l’électricité
Nigeria ꓽ secteur énergétique La demande de gaz étrangle l’électricité

La production électrique nigériane plafonne autour de 4 300 MW, loin des besoins réels du pays. Derrière ce déficit se cache un problème structurel : un approvisionnement en gaz domestique insuffisant pour alimenter les centrales thermiques. Entre retards d’investissements, files d’attente sur les gazoducs et mesures financières encore lentes à porter leurs fruits, millions d’habitants voient leurs heures d’électricité réduites — et l’économie, freinée.


Le Nigeria, première économie d’Afrique de l’Ouest, fait face à une crise énergétique moins médiatisée que d’autres catastrophes mais tout aussi paralysante : la disponibilité limitée du gaz naturel domestique plombe la production d’électricité. Le Nigerian Independent System Operator (NISO) a indiqué fin février que la production moyenne disponible dans le pays tournait autour de 4 300 MW, un niveau largement insuffisant pour satisfaire la demande nationale.

La quasi‑totalité du parc de production électrique nigérian repose sur des centrales thermiques à gaz. Pour fonctionner à plein régime, ces installations auraient besoin d’environ 1 629,75 millions de pieds cubes standard (MMSCFD) par jour. Mais les livraisons réelles observées au 23 février 2026 se situaient à environ 692 MMSCFD — moins de 43 % des besoins. Le résultat : diminution des quantités d’énergie dispatchées vers les distributeurs et multiplication des coupures planifiées pour préserver la stabilité du réseau.

Conséquences sociales et économiques

La réduction de la fourniture électrique touche à la fois les foyers et l’industrie : entreprises manufacturières contraintes d’arrêter des lignes de production, petites entreprises utilisant des générateurs coûteux, hôpitaux et écoles obligés d’adapter leurs activités. Les délestages répétitifs pèsent sur la compétitivité, augmentent les coûts de production et entretiennent l’incertitude pour les investisseurs.

Face à l’urgence, l’État a lancé des actions pour tenter de résorber les arriérés dus aux producteurs d’électricité. Fin janvier, le gouvernement fédéral a annoncé une première émission d’obligations d’un montant de 501 milliards de nairas (environ 368,5 millions USD) dans le cadre du Presidential Power Sector Debt Reduction Programme, visant à solder les dettes accumulées entre 2015 et 2025. Si cette injection devrait améliorer la confiance des producteurs, ses effets techniques sur l’approvisionnement en gaz et la production électrique ne seront pas instantanés.

Sur le plan des infrastructures, le projet du gazoduc Ajaokuta–Kaduna–Kano (AKK) — 614 km, coût estimé à 2,8 milliards USD — est présenté comme une solution à moyen terme pour acheminer le gaz du sud vers le centre et le nord du pays. Sa mise en service, prévue pour juillet 2026, pourrait alléger les contraintes d’acheminement vers certaines régions, mais n’efface pas les défis opérationnels et réglementaires encore présents.

Le paradoxe nigérian est criant : malgré des réserves prouvées évaluées à plus de 209 000 milliards de pieds cubes, l’approvisionnement domestique demeure insuffisant. Les causes sont multiples : priorités d’exportation, contraintes techniques sur les infrastructures de traitement et de transport, pertes commerciales et facteurs institutionnels qui limitent la capacité des producteurs à convertir les réserves en volume effectivement injecté sur le réseau national.

A court ou moyen terme, il y a lieu d′optimiser la chaîne d’acheminement en modernisant les usines de traitement et réduire les goulots d’étranglement sur les gazoducs ; d’accélérer les paiements aux producteurs en garantissant des flux de trésorerie afin que les opérateurs maintiennent et augmentent la production ; de diversifier le mix en développant les renouvelables (solaire, hydraulique) et le stockage pour réduire la dépendance au gaz ; et enfin de favoriser la gouvernance et les réformes réglementaires en améliorant la coordination entre acteurs publics et privés et rendre les tarifs plus transparents pour encourager les investissements.

En définitive,la baisse de la production électrique nigériane à environ 4 300 MW n’est pas seulement un chiffre : elle illustre un déséquilibre entre des ressources gazières abondantes et une capacité limitée à les transformer en électricité disponible pour la population et l’économie. Les solutions existent, mais exigent des choix politiques, des investissements rapides et une meilleure gestion opérationnelle pour que le Nigeria transforme son potentiel gazier en énergie fiable et abordable.

Coopération Egypte−Indonésie : Renforcer les ventes alimentaires en Asie   

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Coopération Egypte−Indonésie : Renforcer les ventes alimentaires en Asie
Coopération Egypte−Indonésie : Renforcer les ventes alimentaires en Asie

Face à la forte demande asiatique pour les agrumes et autres produits frais, Le Caire a engagé des pourparlers bilatéraux avec Jakarta pour lever les obstacles commerciaux, promouvoir l’échange de savoir-faire agricole et organiser un forum d’affaires conjoint destiné à stimuler les exportations égyptiennes.

L’Égypte intensifie ses efforts pour développer ses débouchés sur le marché indonésien, identifié comme une porte d’entrée stratégique vers la demande croissante d’aliments frais en Asie. Lors d’une rencontre tenue à New York le 18 février 2026, en marge d’une session du Conseil de sécurité de l’ONU, Badr Abdelatty, ministre égyptien des Affaires étrangères, a annoncé l’ouverture de discussions avec son homologue indonésien Sugiono visant à faciliter l’accès des produits agricoles égyptiens au marché indonésien.

Lever les barrières non tarifaires et partager l’expertise

Le ministre Abdelatty a souligné l’importance d’un partenariat axé sur l’échange d’expertise agricole et la suppression des obstacles non tarifaires — normes sanitaires, procédures douanières et exigences réglementaires — qui freinent aujourd’hui les exportations alimentaires égyptiennes. Selon les autorités, ces mesures sont nécessaires pour accroître le commerce bilatéral et consolider les relations économiques entre l’Égypte et l’Indonésie.

Parmi les prochaines étapes figurent l’organisation d’un forum d’affaires au Caire, qui réunira représentants du secteur privé et institutions publiques des deux pays. L’objectif affiché est d’aboutir à accords concrets en matière de commerce et d’investissement, notamment dans les filières des fruits, légumes et produits transformés.

L’Asie est devenue le deuxième marché mondial pour les agrumes après l’Europe, et certains pays de la région montrent une demande en forte progression. L’Indonésie, en particulier, a vu ses importations d’agrumes augmenter significativement ces dernières années : selon les données commerciales, les volumes importés sont passés d’environ 128 000 tonnes en 2021 à près de 186 000 tonnes en 2025, tandis que la facture a bondi à environ 345 millions de dollars.

Malgré son rang de 4e exportateur mondial d’agrumes, l’Égypte reste peu présente sur le marché indonésien : ses ventes vers Jakarta ne représentaient qu’environ 4,3 millions de dollars en 2025, soit moins de 2 % des achats totaux de l’Indonésie, dominés par des fournisseurs comme la Chine, l’Australie, le Pakistan et l’Afrique du Sud. Les autorités égyptiennes estiment qu’un meilleur accès à ce marché permettrait d’accroître sensiblement leurs recettes d’exportation dans les années à venir.

Un levier pour la diversification des exportations

Après une hausse de 7 % de ses recettes d’exportations en 2025, à 11,5 milliards de dollars, l’Égypte cherche à diversifier ses marchés et à valoriser davantage ses productions agricoles. Le développement d’un partenariat renforcé avec l’Indonésie s’inscrit donc dans une stratégie plus large visant à capter des parts de marché en Asie, à moderniser les chaînes d’exportation et à soutenir la croissance du secteur agroalimentaire national.

Le succès de cette démarche dépendra de la capacité des deux pays à harmoniser leurs exigences techniques, à mettre en place des partenariats industriels et logistiques efficaces, et à favoriser l’investissement privé. Un forum d’affaires bilatéral et des échanges accrus d’expertise agricole pourraient aider l’Égypte à convertir ses potentiels de production en volumes d’exportation significatifs vers l’Indonésie et, plus largement, vers l’Asie du Sud-Est.

Afrique de l’Ouest et du Centre ꓽ Emergence de Start−up technologiques Soutien de 6,5 M€ de la BAD

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Afrique de l’Ouest et du Centre ꓽ émergence de start−up technologiques Soutien de 6,5 M€ de la BAD
Afrique de l’Ouest et du Centre ꓽ émergence de start−up technologiques Soutien de 6,5 M€ de la BAD

La Banque Africaine de Développement injecte 6,5 millions d’euros dans Saviu II pour accélérer l’émergence d’une nouvelle génération de start-up technologiques en Afrique de l’Ouest et du Centre francophone, en privilégiant les phases d’amorçage et de première levée institutionnelle.

La Banque Africaine de Développement (BAD) a annoncé, lors de sa réunion du Conseil d’Administration tenue le 27 février 2026 à Abidjan, son entrée au capital du fonds de capital-risque Saviu II à hauteur de 6,5 millions d’euros. Cette opération vise à catalyser le financement et l’accompagnement des start-up technologiques en phase précoce dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre.

L’apport de la BAD se décompose en deux volets : 4,5 millions d’euros seront investis en capitaux propres, tandis que 2 millions d’euros constituent une tranche de couverture de première perte fournie pour le compte de la Commission européenne dans le cadre du programme Boost Africa. Ce montage financier a pour objectif d’augmenter l’appétence des investisseurs privés pour les jeunes pousses à fort potentiel et de réduire les risques pour les co-investisseurs.

Priorité régionale et ciblage sectoriel

Saviu II se donne pour ambition d’allouer au minimum 60 % de ses engagements aux pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre, en portant une attention particulière à la Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Bénin, au Sénégal, au Togo, au Burkina Faso et au Mali. Le fonds restera toutefois attentif à des opportunités en Afrique de l’Est lorsque des entreprises présentent un produit solide et une stratégie claire d’expansion vers les marchés francophones de la sous-région.

Le véhicule Saviu II prévoit d’investir dans une vingtaine de entreprises « B2B » à fort contenu technologique, avec des tickets compris entre 500 000 et 3 millions d’euros, ciblant principalement des phases d’amorçage et de première levée de fonds institutionnelle. Une enveloppe spécifique sera également dédiée au pré amorçage, permettant des prises de participation minoritaires souvent réalisées en co-investissement avec des incubateurs, studios ou autres acteurs locaux de l’écosystème.

Accompagnement au-delà du capital


Au-delà de l’apport financier, Saviu Partners mise sur l’accompagnement opérationnel des start-up : développement commercial, structuration des équipes, préparation à l’international et soutien pour les levées de fonds futures. L’expérience du premier fonds du gestionnaire, Saviu I (10 millions d’euros), qui a soutenu une douzaine de start-up depuis 2018, sert de socle à cette stratégie d’investissement « amorçage et développement ».

Cette participation de la BAD vise à renforcer l’écosystème technologique francophone africain en augmentant le flux de capitaux disponibles pour les jeunes entreprises innovantes et en stimulant la création d’emplois qualifiés. En combinant capitaux propres et mécanismes de partage des risques, l’initiative entend favoriser la montée en maturité des start-up et leur capacité à attirer des financements privés additionnels.

Lancé en 2018, Saviu Partners est un gestionnaire de fonds indépendant focalisé sur l’accompagnement des start-up tech dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Son premier véhicule, Saviu I, a démontré la pertinence d’une approche d’investissement centrée sur l’amorçage, en apportant à la fois des ressources financières et un soutien opérationnel aux équipes fondatrices.

Cacao bio africain et tempête réglementaire : Recul des volumes et redistribution des cartes en 2024

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Cacao bio africain et tempête réglementaire : Recul des volumes et redistribution des cartes en 2024
Cacao bio

En 2024, les exportations africaines de cacao biologique ont enregistré une forte baisse — conséquence directe de l’entrée en vigueur du nouveau règlement bio européen. Si le continent reste le premier fournisseur mondial de fèves certifiées, la hiérarchie des exportateurs a été profondément remaniée, avec des gagnants inattendus et des surfaces certifiées en net retrait.

L’Afrique conserve son statut de fournisseur majeur de cacao biologique au niveau mondial, mais 2024 aura marqué une année de transition douloureuse pour le secteur. Selon le dernier rapport annuel de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL), les volumes africains vendus sur les marchés internationaux se sont réduits de près d’un quart par rapport à 2023, signe des secousses provoquées par l’harmonisation réglementaire européenne.

Sur l’année, les pays africains ont exporté 22 467 tonnes de cacao issu de l’agriculture biologique, contre 29 047 tonnes l’année précédente — une chute d’environ 22,7 %. Cette baisse coïncide avec l’application, dès 2024, du nouveau règlement biologique de l’Union européenne. Celui-ci exige dorénavant que les importations en provenance de pays tiers respectent les mêmes normes strictes que celles appliquées aux opérateurs européens, remettant en cause le mécanisme d’équivalence qui permettait auparavant d’accepter des cadres nationaux jugés comparables.

Un reflux quantitatif significatif

L’impact se retrouve aussi sur les superficies déclarées en production biologique : la zone africaine conforme au nouveau standard européen est passée à 238 258 hectares, contre 309 164 hectares en 2023, soit une baisse de 22,9 %. Cette contraction des terres certifiées traduit en partie la difficulté pour certains producteurs et organismes certificateurs à s’adapter rapidement aux nouvelles exigences, ou à renouveler des certifications dans les délais imposés.

Redistribution des parts de marché : des leaders inattendus

La configuration des exportateurs africains de cacao bio s’est profondément modifiée en 2024. La Sierra Leone s’impose comme leader continental avec 9 177 tonnes expédiées vers l’Union européenne, faisant d’elle le deuxième exportateur mondial derrière la République dominicaine (9 980 tonnes). Le pays concentre près de la moitié (46 %) des plantations certifiées bio du continent, ce qui explique en grande partie sa position dominante.

Derrière elle, la République démocratique du Congo (4 609 tonnes) et l’Ouganda (4 580 tonnes) occupent respectivement la deuxième et la troisième place — des volumes nettement inférieurs à ceux de la Sierra Leone mais supérieurs à ceux d’autres États africains. Sao Tomé-et-Principe et Madagascar complètent le peloton des exportateurs majeurs, chacun dépassant les 1 000 tonnes expédiées en 2024. Sur les 11 pays africains producteurs répertoriés, 10 ont exporté du cacao biologique cette année, le Cameroun étant le dernier inscrit mais avec des volumes plus faibles.


Malgré la contraction globale des expéditions, l’Afrique demeure la première région exportatrice de cacao bio, fournissant 53,3 % des volumes mondiaux. Au total, les exportations mondiales de cacao biologique se sont élevées à 42 080 tonnes en 2024, la deuxième place revenant à l’Amérique latine avec 19 560 tonnes, l’Asie complétant le reste du marché.

Plusieurs enseignements se dégagent de cette situation. Entre autres : le renforcement des barrières à l’entrée, le nouveau cadre européen accroît les exigences en matière de traçabilité, gestion des intrants et audits, ce qui peut freiner les petits producteurs et organismes de certification mal préparés ; des opportunités pour les mieux préparés, les pays et acteurs ayant anticipé ou rapidement adapté leurs pratiques (certification, contrôles, documentation) tirent parti de la demande toujours solide pour le cacao bio ; le risque de concentration, la transition réglementaire peut favoriser des pôles exportateurs disposant d’infrastructures, d’appuis institutionnels et de coopératives performantes, au détriment des systèmes de production plus fragmentés ; et la nécessité d’un accompagnement, pour limiter l’érosion des surfaces certifiées et des volumes exportés, les gouvernements, bailleurs et ONG devront intensifier le soutien technique, financier et logistique aux filières.

En résumé, 2024 représente une année charnière pour le cacao biologique africain : le continent conserve sa place de leader mondial, mais la mise en conformité avec les nouvelles normes européennes provoque une redistribution des parts de marché et met en évidence l’urgence d’un accompagnement ciblé pour préserver l’accès des producteurs africains aux débouchés internationaux.

Kigali réinventée : Itinéraire essentiel pour découvrir la capitale rwandaise

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Kigali réinventée : Itinéraire essentiel pour découvrir la capitale rwandaise
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Entre collines verdoyantes et quartiers en plein essor, Kigali étonne par sa propreté, son efficacité et sa vitalité culturelle. En quelques jours seulement, cette capitale à taille humaine laisse voir un Rwanda contemporain, riche d’une histoire poignante et d’une créativité vivante.

Kigali n’est pas une capitale comme les autres. Perchée au milieu d’un paysage ondulé, elle accueille visiteurs et habitants dans un décor soigné où rues propres et espaces publics bien entretenus invitent à la promenade. La ville offre des panoramas surprenants depuis ses hauteurs — le mont Kigali et le quartier de Rebero sont des promontoires parfaits pour admirer la lumière qui change au fil de la journée.

Facile à parcourir, Kigali se visite sans précipitation. Le centre-ville marie intelligemment modernité et douceur de vivre : gratte‑ciels discrets, hôtels design et cafés intimistes côtoient des marchés authentiques où la vie locale se déroule sous nos yeux. L’urbanisme réfléchi et l’ambiance sereine donnent l’impression d’une métropole en transition, tournée vers le développement tout en préservant son ancrage culturel.

Comprendre Kigali passe inévitablement par une visite du Mémorial du génocide, un lieu de mémoire essentiel. L’exposition et les témoignages offrent un contexte indispensable pour appréhender la reconstruction du pays et la force du tissu social rwandais. Cette étape transforme la visite touristique en une expérience plus profonde et respectueuse.

La scène artistique de la ville est en pleine effervescence. Des centres culturels contemporains — comme l’Inema Arts Center — rythment la vie créative et proposent une fenêtre sur la jeune scène artistique rwandaise. Les marchés, en particulier le marché de Kimironko, constituent un tableau vivant : tissus colorés, artisanat fin et étals de produits frais traduisent l’énergie quotidienne et la richesse des savoir‑faire locaux.

Côté gastronomie, Kigali surprend par la variété de ses tables. La cuisine traditionnelle est souvent revisitée par de jeunes chefs, tandis que restaurants panafricains, bistrots modernes et cafés spécialisés répondent à toutes les curiosités culinaires. Pour une escapade nature sans s’éloigner beaucoup, le lac Muhazi, à courte distance de la ville, propose détente, balades en kayak et moments de ressourcement au fil de l’eau.

En définitive, Kigali séduit par son équilibre : une capitale, petite par sa taille, mais grande par son ambition, où mémoire et modernité se côtoient, et où chaque ruelle peut révéler une adresse unique, une œuvre d’art ou un panorama inattendu.

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