Sunday, May 31, 2026
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Coopération Maroc−Belgique : Un nouvel élan économique, sécuritaire et migratoire

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Coopération Maroc−Belgique : Un nouvel élan économique, sécuritaire et migratoire
Coopération Maroc−Belgique : Un nouvel élan économique, sécuritaire et migratoire

Les relations maroco-belges s’approfondissent : après une série d’échanges diplomatiques et la signature d’une feuille de route conjointe, Rabat et Bruxelles mettent l’accent sur la coopération économique, la sécurité et la gestion migratoire. De nouvelles initiatives ciblées — missions économiques, projets liés à la Coupe du Monde 2030 et investissements dans les transitions énergétique et numérique — font entrer le partenariat dans une phase opérationnelle.

Les relations entre le Royaume du Maroc et le Royaume de Belgique prennent une tournure résolument pragmatique et tournée vers l’avenir. Lors d’un point de presse conjoint tenu à Rabat, les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont souligné l’ambition commune de transformer les engagements politiques récents en projets économiques concrets, renforçant ainsi un partenariat déjà historique.

Les responsables ont rappelé plusieurs jalons récents : la tenue de la Haute Commission mixte en avril 2024, la rencontre entre les ministères des Affaires étrangères en octobre dernier, ainsi que la signature d’une déclaration conjointe qui sert désormais de feuille de route. Les deux délégations ont indiqué que la priorité actuelle consiste à passer de la déclaration d’intention à la mise en œuvre opérationnelle des mesures convenues.

Coopération économique : diversification et chantiers structurants

Les échanges commerciaux et les investissements belges au Maroc ont connu un net accroissement ces dernières années. La Belgique est présentée comme un partenaire clé dans des secteurs variés : finance, tourisme, commerce et grands projets d’infrastructures. Les ministres ont mis en avant plusieurs axes prioritaires où la coopération bilatérale peut se développer rapidement dans le cadre de la préparation et de l′expertise autour de la Coupe du Monde 2030 (infrastructures sportives, technologies de sécurité et solutions logistiques) ; des projets de transition énergétique et numérique, qui attirent l’intérêt d’entreprises belges spécialisées ; et des interventions dans le secteur hydraulique et les services urbains.

Une mission économique belge, annoncée pour 2027, visera à concrétiser ces opportunités et à faciliter l’intégration des acteurs économiques belges dans l’écosystème marocain. L’objectif partagé est d’élever la Belgique parmi les dix premiers partenaires économiques du Maroc dans les deux prochaines années.

Sécurité, migration et lutte contre le crime transnational

La dimension sécuritaire figure au cœur des discussions. Les deux pays ont souligné la nécessité d’un dialogue structuré pour faire face à des menaces communes : trafic de drogue, criminalité transnationale, terrorisme et radicalisation. Les autorités belges et marocaines ont convenu de renforcer l’échange d’informations et l’opérationnalisation des services de sécurité.

Sur la question migratoire, les représentants ont insisté sur une approche équilibrée — humaine et responsable — visant à fluidifier les procédures, protéger la dignité des personnes et lutter contre les filières d’immigration clandestine.

Le rôle de la communauté marocaine en Belgique a été salué comme un vecteur essentiel d’intégration, d’échanges culturels et de coopération économique. Les ministres ont rappelé l’importance de politiques communes pour accompagner cette diaspora, tout en préservant ses liens avec la culture et les valeurs marocaines.

Les déclarations ont également abordé des sujets régionaux et internationaux. Le Maroc et la Belgique se disent alignés sur la nécessité de préserver la stabilité et le développement en Afrique, où chacun joue un rôle complémentaire. Concernant le Moyen-Orient, les deux pays réaffirment l’importance d’une solution à deux États pour la question palestinienne et la nécessité d’éviter une aggravation de la situation en Cisjordanie ou à Gaza.

La Belgique a réitéré son soutien à l’Initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine et annoncé des décisions pratiques : extension de la compétence consulaire de Rabat sur l’ensemble du territoire marocain, y compris le Sahara, et une visite prochaine de l’ambassadeur belge dans la région pour préparer des initiatives économiques (foires régionales, visites d’entreprises, accompagnement d’investissements).

Pour les deux ministres, la période actuelle marque le passage d’un partenariat diplomatique de principe à un partenariat stratégique assorti d’actions concrètes. L’attention se porte désormais sur l’exécution des engagements : missions économiques, projets d’infrastructures, renforcement des coopérations sécuritaires et initiatives de soutien à la diaspora. Cet agenda opérationnel doit permettre d’ancrer durablement les relations maroco-belges dans un cadre de bénéfices mutuels.

Brunel Foko Kameni : Ce polytechnicien qui a choisi le métier des armes

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Brunel Foko Kameni : Ce polytechnicien qui a choisi le métier des armes
Brunel Foko Kameni : Ce polytechnicien qui a choisi le métier des armes

La 40ème cuvée de l’Ecole Militaire Interarmées (Emia) est désormais sur le terrain. La cérémonie de sortie de cette promotion baptisée : « Paix, Intégration et Développement », était présidée au quartier général de Yaoundé par Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la présidence, chargé de la défense qui représentait personnellement le Chef de l’Etat, SE Paul Biya. Y ont pris part, des membres du gouvernement, les membres du corps diplomatique, des officiers supérieurs de l’armée camerounaise.

Comme il fallait s’y attendre, tout s’est passé dans le respect strict de la tradition militaire. Ici, toutes les articulations relatives à cette cérémonie, se sont engrenées avec l’exactitude d’une horloge suisse.

On aura retenu surtout cette exhortation du chef de l’Etat présentée par son représentant, à savoir : « Accéder au grade d’officier requiert une discipline rigoureuse, un attachement indéfectible aux valeurs républicaines ainsi qu’une quête permanente de l’excellence et une parfaite maîtrise de l’art militaire ». Ici, on peut déjà penser que Brunel Foko Kameni ne se serait pas trompé en optant pour le métier des armes qui requiert une discipline rigoureuse, une quête permanente de l’excellence et une parfaite maîtrise de ce que l’on est appelé à faire. Un fait d’autant plus vérifié que ce dernier est avant un polytechnicien. Et quand on sait quelle peut être celle d’un polytechnicien dans la conception et la matérialisation de quelque ouvrage que ce soit, il y a de quoi dormir tranquille. Car, issu d’une famille très modeste, fils d’un ancien militaire, deuxième de la famille, fervent chrétien, il sait où il va poser désormais ses pieds. Aussi n’a-t-il pas manqué d’exprimant d’abord sa gratitude à Dieu, à ses parents et à ses encadreurs de l’Emia, avant de prendre solennellement l’engagement de servir avec honneur et loyauté les idéaux de la République. Bon vent Brunel Foko Kameni.

40ème promotion de l’EMIA : Pour plus de paix, d’intégration et de développement

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40ème promotion de l’Emia : Pour plus de paix, d’intégration et de développement
40ème promotion de l’Emia : Pour plus de paix, d’intégration et de développement

C’est à cette recommandation que les 335 lauréats de la 40ème promotion de cette prestigieuse Ecole, vont s’appliquer tout au long de leur carrière. Joseph Beti Assomo, Ministre Délégué à la Présidence chargé de la Défense, ce 13 mars 2026, représentant personnel du chef de l’Etat, chef des forces armées, a présidé cette cérémonie qui avait pour cadre, le quartier général à Yaoundé.

Une cérémonie de triomphe pour les aspirants de la 40ème promotion de l’École Militaire Interarmées (EMIA), c’en était une. 335 nouveaux officiers seront désormais au service de la Nation. Le nom de baptême attribué à cette promotion, à savoir :« Paix, Intégration et Développement », en dit long au sujet des responsabilités collectives et individuelles qui celles de tous et de chaque nouvel officier. Tant il est vrai qu’en l’état actuel de la vie sociopolitique et économique du Cameroun, le pays a besoin de paix et d’intégration de tous ses fils pour se développer.

La tradition a donc été respectée. Que ce soit au niveau du cérémonial ou au niveau de ce triomphe qui n’est rien d’autre qu’une consécration solennelle au terme des épreuves exigeantes subies, de l’endurance pour accéder à ce stade dans les Forces armées camerounaises. Sous le commandement du colonel Roger Nang Zengue, tout s’est déroulé dans la stricte tradition militaire.

Ainsi, lors de sa prise de parole, le représentant personnel du chef de l’Etat, Joseph Beti Assomo, Ministre Délégué à la Présidence chargé de la Défense, transmettant le message du président de la République, s’est voulu clair : « Accéder au grade d’officier requiert une discipline rigoureuse, un attachement indéfectible aux valeurs républicaines ainsi qu’une quête permanente de l’excellence et une parfaite maîtrise de l’art militaire », a-t-il indiqué devant un parterre de personnalités parmi lesquels des membres du gouvernement, des membres du corps diplomatique et surtout de Hauts gradés de l’armée camerounaise en plus des familles venues très nombreuses assister à cet évènement. Mieux encore, Joseph Beti Assomo a recommandé aux nouveaux officiers d’être

Le Représentant du Chef de l’Etat a également incité les jeunes officiers à se montrer moralement, intellectuellement et physiquement exemplaires. Ils ont été invités à exercer leur commandement avec autorité et humanisme, tout en gardant à l’esprit que leur mission première demeure la « protection des personnes et des biens, ainsi que la défense de la souveraineté du Cameroun ».

Bon à savoir

Pour cette 40ème promotion de l’Emia, on a recensé 172 élèves officiers admis avec le niveau requis du Baccalauréat suivi d’une année d’études supérieures ; 78 élèves officiers titulaires d’une licence ; 48 élèves officiers issus des Forces de défense et de sécurité, précédemment sous-officiers et remplissant les conditions requises et 37 élèves officiers titulaires d’un diplôme en médecine, actuellement déployés dans différentes formations médicales militaires après une année de formation militaire. Il est aussi intéressant de relever que l’aspirant Brunel Foko Kameni, a été le Major de cette promotion. Exprimant sa gratitude à Dieu, à ses parents et à ses encadreurs de l’Emia, il s’est dit résolu à servir avec honneur et loyauté les idéaux de la République. Il ne reste plus qu’à les voir sur le terrain.

Union des Populations du Cameroun(UPC) : Ce qui a été caché – Révélations exclusives

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Union des Populations du Cameroun(UPC) : Ce qui a été caché – Révélations exclusives
Eyango Njong, syndicaliste

Fils d’upéciste, syndicaliste dans la lignée directe des pères fondateurs, Eyango Njong incarne cette génération de Camerounais pour qui l’Union des Populations du Cameroun demeure l’héritage le plus précieux de cette nation. Selon lui, tout citoyen lucide se doit de se mobiliser pour redorer le blason de ce mouvement, creuset des tout premiers hommes d’Etat. Car il s’agit du seul parti qui ait jamais porté une vision authentique d’indépendance et de réel développement pour le Cameroun. Une vision qui reste d’actualité tant le pays semble encore captif des structures coloniales.

Dans l’entretien qui suit, il rompt le silence pour jeter un pavé dans la mare des mensonges et contre-vérités sur l’UPC, entretenus des décennies durant par le colon et ses relais locaux

Entretien avec Eyango Njong, syndicaliste

Le plaidoyer d’un héritier de la lutte

Le Compte Rendu : Avant la date du 10 avril 1948, qu’est ce qui liait exactement les personnes qui ont participé à la création de l’UPC au café-bar “Chez Sierra” à Douala-Bassa ?

Eyango Njong : C’étaient des syndicalistes. D’après certaines notes, c’est au contact de Gaston Donat que se crée l’Union des syndicats confédérés du Cameroun (USCC). Mais il reste constant que le projet de société est une création des syndicalistes camerounais. Et retour chez Donat, il leur démontre qu’un syndicat ne possède pas les leviers nécessaires pour mettre en œuvre un programme de transformation sociale globale. Une telle ambition relève exclusivement des prérogatives d’un parti politique. Fort de cette analyse, ces camerounais créent donc l’Union des Populations du Cameroun (UPC) afin de porter politiquement les aspirations du peuple, tandis que l’USCC poursuit sa mission avec ceux qui ont choisi de rester strictement sur le champ syndical. Voilà comment nait l’UPC.

Parlez-nous de Osendé Afana : qui était-il et pourquoi a-t-il été décapité en 1966 ?

  • – Quel était son rôle dans la lutte ?

Eyango Njong : Osendé Afana était un professeur d’économie en France. Il était un haut diplômé en économie et enseignait l’économie au Collège de France. Il est informé qu’au Cameroun, des Camerounais ont créé un parti politique pour améliorer les conditions de vie des populations, une économie solide, etc.

Alors il faut savoir que l’économie, c’est ce qu’on appelle la branche humaine de la politique. Alors en économiste, du coup, il a vu ce que ce parti pouvait apporter à son peuple. Il s’est simplement dit, qu’est-ce que je fais ici à enseigner à des Français alors que je peux mieux utiliser mes compétences au service de mes populations. Il est donc venu au Cameroun.

 Il n’était pas entré dans la lutte directement.

Pour lui, il venait porter un message économique, social, puis il s’est trouvé que la France est en train de combattre l’UPC. L’histoire dit qu’il a pris le maquis de Djoum, ce n’est pas ça. Il n’est pas venu prendre le maquis. Au départ, il est venu pour encadrer les populations, leur montrer ce qu’on peut faire avec l’économie, ce qu’il faut faire pour organiser les populations en producteurs de biens. Puis quand il a vu qu’il est attaqué, il a donc réagi. Il a réagi.

” Il est assassiné, parce que le mot exécution est un mot fallacieux, c’est un mot de la psycholinguistique. Quand on tue quelqu’un qui n’a pas d’armes, qui n’a que son verbe comme arme, quelle que soit la façon dont cela se passe et quelle que soit la manière qu’on a utilisée, ce n’est pas une exécution. L’exécution est un acte légal, moral, propre.”

Il faut savoir que l’UPC n’était pas un parti militaire. L’UPC n’a jamais pensé à prendre des armes. L’UPC était un parti politique comme il y en a partout dans le monde entier, qui devait relancer l’économie de son pays et qui devait contribuer à travailler avec d’autres partis à la bonne santé de l’économie et de tous les volets de la vie nationale.

Cette histoire d’une UPC armée est fausse. C’est le colon qui veut raconter une histoire de l’UPC armée. L’UPC n’était pas armée au départ. Et c’est complètement faux.

Par la suite, il va se créer l’ALNK qui va intégrer certains membres de l’UPC tandis que d’autres vont s’y opposer.

On dit qu’on ne peut plus continuer à subir.  Il faut que nous aussi on réagisse. C’est donc ainsi que Osendé Afana, il n’a pas combattu en tant que quelqu’un qui a tiré, il a résisté comme quelqu’un qui a maintenu son combat, malgré l’oppression, malgré l’agression, malgré tout ce qu’il a subi, il a maintenu son discours et son objectif qui était de porter haut le flambeau économique et social de son pays.

 Il est assassiné, parce que le mot exécution est un mot fallacieux, c’est un mot de la psycholinguistique. Quand on tue quelqu’un qui n’a pas d’armes, qui n’a que son verbe comme arme, quelle que soit la façon dont cela se passe et quelle que soit la manière qu’on a utilisé, ce n’est pas une exécution. L’exécution est quelque chose de légal, quelque chose de moral, de propre.

Donc ici, de même que pour le cas de Ouandié Ernest, c’est un assassinat. Donc il est donc assassiné et un hélicoptère spécial dépêché de Yaoundé arrive pour prendre sa tête. La tête d’Osendé Afana a été détachée de son corps et mis dans un récipient pour être ramenée à Yaoundé, afin d’être présenté à on ne sait pas qui voulait absolument voir la tête de cet homme pour être sûr ; le but c’était de s’assurer, il n’y avait aucune autre raison à tout, il n’y avait rien de mystique, il n’y avait rien. Juste pour s’assurer que cet homme qui a laissé un poste d’enseignant en France pour venir sauver les Camerounais, il est vraiment mort. Voilà comment se passe la fin de la vie d’Osendé Afana Castor.

Tanke Noé, par exemple ; quels ont été leurs contributions à l’UPC ?

Celui qu’on l’appelait le commandant Tankeu Noé n’est pas sorti de nulle part. Il s’inscrit dans la lignée d’Isaac Nyobè Pandjock, ancien combattant de la Seconde Guerremondiale. Convaincu que la résistance devait s’organiser militairement, Pandjock avait transformé l’expérience acquise sous l’uniforme, français en outil de libération nationale. C’est sous sa férule que fut formée, dans les forêts de la Sanaga-Maritime, la première génération de combattants de la résistance armée camerounaise. Tankeu Noé est l’un de ses lieutenants qu’il a formés.

Tankeu Noé, est donc de ceux qui ont dit, on ne peut pas continuer à parler pendant qu’on nous agresse, on nous tue. Nous devons nous aussi réagir. On est un Etat, et un Etat a une armée. Il n’y a pas d’Etat sans armée. Voilà l’esprit dans lequel il était. Nous sommes déjà un Etat. Il n’y a pas d’Etat sans armée. Et on est attaqué par des gens qui veulent détruire l’Etat. On ne peut que se défendre. Voilà la philosophie de l’ALNK. C’est donc comme ça que Tankeu Noé et autres se disent qu’il faut des armes. Il y a donc des pays qui vont les aider à s’armer.

Le commandant Tankeu Noé sera assassiné sur la place publique le 03 septembre 1963.Il sera assassiné avec Ngallé Massok de Yabassi et deux autres patriotes. Il sera assassiné ce jour-là, sur la place publique au marché Congo.

Um Nyobè, Moumié, Ouandié, Osendé Afana ; pourquoi ces quatre noms sont-ils devenus des icônes alors que d’autres le sont moins ?

Um Nyobe, Moumié, Ouandié, Osendé, c’étaient les dirigeants. C’était eux les porteurs de la philosophie. C’est eux qui parcouraient le Cameroun, qui parcouraient le monde.

Et vous savez, il faut savoir une chose, nous sommes en pays colonisé.

Et on a dit, comme on dit dans nos langues, c’est le chasseur seul qui raconte l’histoire de la chasse. Il ne vous racontait pas comment le lion l’a chassé, comment le gorille l’a battu. Donc ici, c’est le vainqueur qui raconte l’histoire de la lutte. Il faut donc savoir que l’histoire telle qu’elle est racontée aujourd’hui est tronquée, parfois elle est même complètement fausse. Par exemple, les assassinats attribués à l’ALNK sont faux.

 C’est les colons français, comme ils ont fait en Algérie, au Cambodge, en Indochine. Ce sont eux, leurs milices, qui tuaient et attribuaient ces assassinats à l’ALNK.

Il faut savoir une chose, de tout temps, le peuple s’est toujours montré prêt à se séparer d’une partie de sa liberté contre sa sécurité. Dès qu’il y a le choix entre la sécurité et la liberté, le peuple est prêt à brader sa liberté contre la sécurité. C’est sur cette pensée qu’a joué le colon français.« Vous êtes en insécurité, c’est nous qui pouvons vous sauver. Il faut laisser vos affaires de UPC, d’économie, il faut laisser ça, sinon… voilà qu’ils sont en train de vous tuer. » Alors donc, les populations ont commencé elles-mêmes à livrer ceux des leurs qu’elles soupçonnaient être de l’UPC, pour avoir la sécurité. Mais pourtant c’était une insécurité créée de toutes pièces par le colon et ses milices qui venaient souvent des pays étrangers, pour faire ces coups ici.

Donc les Um Nyobe, Moumié, Ouandié, Osendé, c’étaient les dirigeants. Um avait son secteur, Ouandié le sien, etc.

Il y a les Fossi Jacob, Yem Mbak, Makémbé Tolo, Ngalle Massok… Ils sont très nombreux. Ils étaient très, très, très nombreux qui étaient des héros. Mais dont le colon a totalement tué le nom et a retenu les noms qu’il ne pouvait pas cacher. Et même ce nom qu’il ne peut pas cacher, il a réduit leur impact avec des histoires qui étaient complètement fausses.

Donc c’est une question de psychologie qui est une arme incroyable, utilisée souvent dans ces affaires-là, qu’on appelle à tort la politique, ce n’était pas la politique, c’était juste le colonialisme.

Pourquoi l’assassinat de Um Nyobè, le 13 septembre 1958 ?

Um Nyobé est assassiné, déjà parce que quelqu’un qui a un idéal de liberté, de souveraineté et qui le structure comme il le structurait, on ne peut plus discuter. Il y a une chose à faire, c’est tuer le corps. En espérant qu’en tuant le corps, avoir détruit l’esprit. Ça, ce n’est pas réussi. Donc, Um est assassiné parce qu’on ne pouvait plus le corrompre. Il défendait un Cameroun libre et souverain.

Ce qui n’est pas arrivé jusqu’à aujourd’hui. Et dans tous les cas de figure, tel que c’est arrivé, la seule manière de faire avec des gens comme ça, c’est l’assassinat physique. Voilà la réflexion qui a commandé l’assassinat de Um, comme de Ouandié, comme de Osendé, comme de Moumié. Voilà la philosophie qui commande. Il n’y a plus rien à faire, ces gars, on ne peut pas. Et le français se dit : nous non plus, nous ne pouvons pas laisser la colonie ci. Qu’est-ce qu’on va faire ?

Ces gens étaient, il faut le savoir, au sens pur et originel du terme, des hommes d’Etat. Dès qu’on a dit ça, on a tout compris. C’étaient des hommes d’Etat. Et je peux dire pour le cas de Cameroun que c’était les seuls jusqu’à ce jour. Au sens originel de l’expression « hommes d’Etat ». Je dis que ce sont les seuls au Cameroun à ce jour. Et même dans beaucoup de pays, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, il n’y a plus d’hommes d’Etat.

Il y a des gens qui ont dirigé les Etats et qu’on confond avec l’appellation homme d’Etat. Un homme d’Etat, c’est-à-dire qui a la philosophie de l’Etat, qui a la culture de l’Etat, qui a le sens de l’Etat, au point d’être capable, d’être incorruptible au nom du bien de l’Etat.

  • L’empoisonnement au thallium de Félix Moumié a eu lieu à Genève, le 3 novembre 1960. Que sait-on vraiment de son assassin William Bechtel, l’agent du SDECE ?
  • – Pourquoi la justice suisse a-t-elle prononcé un non-lieu ?

L’assassinat de Félix Moumié. C’est un colonel français qui envoie son agent assassiner Moumié, qui se

trouve en Suisse. Après la Suisse, je crois qu’il devait aller en Russie pour voir les communistes, puis

après il devait rentrer en Guinée, chez Sekou Touré.

Il fallait l’empêcher absolument d’arriver en Russie. C’est donc ainsi que la décision est prise par De Gaulle, qui plus tard, va nier avoir été au courant. « Vous avez assassiné Moumié. Vous avez commis une erreur ». Mais apparemment, c’était une hypocrisie. De Gaulle aurait donné, ce qu’on appelait à l’époque le feu orange.

Le feu orange, c’est une autorisation qui est donnée par un dirigeant pour une opération. En cas de succès, il s’attribue le mérite. En cas d’échec, il rejette tout. De Gaulle l’a fait également pour le Biafra où Foccart et Bongo avaient eu le feu orange.

C’était Foccart et Bongo qui avaient monté le coup. Ils l’ont vendu à De Gaulle. Ce dernier a dit : « Ok, allez-y, vous avez le feu orange. » Et quand ils ont échoué, De Gaulle a fustigé Bongo et Foccart : « Voilà votre pourriture, allez avec ça, je ne veux plus en entendre parler. Allez, mettez fin à ça. » Donc, c’était la politique du feu orange donnée par De Gaulle. Il fallait empêcher Moumié de rencontrer les communistes.

Il est donc empoisonné à Genève par le thallium. Et il devait donc aller en Guinée après, où le thallium n’était pas encore connu dans les réactifs de laboratoire. Donc, il devait prendre une dose. Le thallium est un poison lent donc, à une dose. Après ça, il allait se rendre en Guinée où il devait mourir lentement. Une dose suffisait pour qu’il meure lentement et en Guinée où les laboratoires n’étaient pas encore assez performants pour détecter ce type de poison. Les circonstances ont voulu qu’il ne prenne pas la dose qu’il y avait dans son café.

” Tankeu Noé, est donc de ceux qui ont dit, on ne peut pas continuer à parler pendant qu’on nous agresse, on nous tue. Nous devons nous aussi réagir. On est un Etat, et un Etat a une armée. Il n’y a pas d’Etat sans armée. Voilà l’esprit dans lequel il était. Nous sommes déjà un Etat. Il n’y a pas d’Etat sans armée. Et on est attaqué par des gens qui veulent détruire l’Etat. On ne peut que se défendre. Voilà la philosophie de l’ALNK.”

Il a un coup de fil, qu’il va prendre et puis Bechtel empoisonne son pastis. Quelques temps après, je crois qu’il va aux toilettes, Bechtel met le thallium dans le café. Il prend donc le café et puis après, il se rend compte qu’il n’a pas pu bu son pastis, et il prend le pastis.

C’est ça l’homme. Il prend donc ainsi une double dose de thallium. C’est cette double dose qui le tue sur la place de Genève, parce qu’il va à l’hôpital. Il se met à se plaindre. « J’ai reçu un coup de fil. Quand je vais décrocher, il n’y a personne. » A l’époque, ce n’était pas le téléphone portable. C’était un téléphone fixe. Lorsqu’on vous appelait, vous alliez répondre dans un coin de la salle. Quand on l’a appelé, il a posé la question : qui sait que je suis ici ? En tout cas, peut-être que ce sont les camarades. Il s’est levé pour aller répondre. Bref, il a pris la double dose. Et il a accusé les services secrets français, en indiquant avec qui il était. La Suisse va à la suite faire un procès de pure convenance.

La Suisse savait qu’il n’y aurait personne pour venir défendre la cause de Moumié. Pendant plus de 20 ans, le procès était toujours en cours en Suisse. Le SDECE était toujours poursuivi. Et il faut aussi savoir que les éléments de preuve manquaient. Donc on allait fatalement arriver à un non-lieu. On ne devait rien trouver sur Betchel qu’on incriminait. Il n’y avait pas de film qui montrait comment il assassinait Moumié.

  • L’exécution publique d’Ernest Ouandié, le 15 janvier 1971, à Bafoussam : pourquoi une exécution publique 11 ans après l’indépendance ?
  • – Qui a donné l’ordre : Ahidjo ou la France ?

Il faut bien savoir que le mot exécution, c’est un mot qui est détourné de son esprit. L’exécution se veut

morale, légale. Ici, il faut savoir, l’UPC, comme je l’ai dit en amont, c’était un parti avec des hommes d’Etat qui voulaient un vrai Etat du Cameroun. Souverain, avec sa propre monnaie, son propre programme académique, sa propre agriculture, etc.

Ce qui n’est pas fait jusqu’aujourd’hui. Donc, quand on tue un homme qui a un tel objectif, pour cet objectif-là, c’est un assassinat. Il n’avait pas empoisonné quelqu’un. Ce serait une exécution dans ce cas de figure. Ouandié n’a pas été tué ce jour-là parce qu’il a écrasé, brûlé un village. Ouandié a été assassiné pour ses idées d’homme d’Etat. C’est donc un assassinat.

Quel que soit le chemin que l’on prend, quelle que soit la manière qu’on s’y prend, avec des magistrats aux ordres, c’est un assassinat. Ouandié a donc été assassiné sur la place publique le 15 janvier 1971 à Bafoussam. 11 ans, vous dites, après l’indépendance. Il luttait toujours, puisque en réalité, on n’a jamais été indépendant. C’est la vérité, monsieur le journaliste. Jusqu’aujourd’hui, vous n’avez pas de monnaie, pas de souveraineté.

Jusqu’aujourd’hui vous n’avez pas un programme académique autochtone. Jusqu’aujourd’hui vous importez encore des produits agricoles, vous importez des produits manufacturés qui auraient pu se faire sur le territoire national. Vous comprenez ? Vous n’êtes pas indépendant. Et donc, vous pouvez dire 11 ans après 1960, qui est une date de référence peut-être sur le territoire national, mais pas l’indépendance. Donc les Ouandié, leur combat est toujours d’actualité aujourd’hui.

Aujourd’hui, ce qu’on peut dire d’actualité, je vous rappelle, c’est vrai, que Kadhafi, dans son projet du Fonds monétaire africain, avait choisi Yaoundé comme siège. Donc, c’est vrai que le président actuel, le président Paul Biya était bien dans ce projet et est donc bien conscient qu’il faut une souveraineté monétaire.  C’est bien la preuve que, jusqu’à aujourd’hui, on n’est toujours pas indépendant.

Donc, ce mot “Exécution”, je ne l’utilise pas dans ce cas de figure.

Ernest Ouandié a été assassiné sur la place publique le 15 janvier 1971. Il faut le dire sans détour, Ouandié, comme Osendé Afana, comme Ruben Um Nyobè, comme Félix-Roland Moumié, n’étaient pas de simples figures héroïsées a posteriori.

C’étaient de véritables héros une trempe telle que même Ahmadou Ahidjo leur reconnaissait une stature particulière. C’est ainsi que Germaine Ahidjo rapportera plus tard une confidence révélatrice de son époux : « Dongmo, je le méprise, il sera gracié. Ouandié, je le respecte, je le respecte beaucoup mais il sera fusillé.» Une décision qui dit le niveau de respect que le potentat local lui-même accordait à l’homme qu’il choisissait pourtant d’éliminer. C’étaient de PURS au sens pur, noble, originel du mot héros qui existe dans toutes les cultures. Ces gens étaient de purs héros. Et dans un pays civilisé, ils sont commémorés. Et je nourris l’espoir que ceci finira par arriver un de ces jours.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien avec Eyango Njong, syndicaliste, portant sur le plaidoyer d’un héritier de la lutte, dans le journal LE COMPTE RENDU, parution du numéro 22 du 8 mars 2026.

Course de l’espoir : Hamadou Bih Ibrahim présente le trophée à Rose Mbah Acha Fomundam

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Course de l’espoir : Hamadou Bih Ibrahim présente le trophée à Rose Mbah Acha Fomundam
Course de l’espoir : Hamadou Bih Ibrahim présente le trophée à Rose Mbah Acha Fomundam

Le vainqueur de la 31ème édition de la Course de l’Espoir, a présenté le trophée remporté lors de cette autre édition de la plus prestigieuse course des montagnes d’Afrique, au ministre délégué à la présidence, chargé du Contrôle supérieur de l’Etat. Celle-ci a profité de la solennité de la cérémonie pour lancer un appel en direction des jeunes afin que ceux-ci sortent du maquis pour gagner honnêtement leur vie.

Hamadou Bih Ibrahim a remporté la 31ème édition de la course de l’espoir placée sous le thème : « Donnons une chance à la paix ». Cette compétition qui constitue un rendez-vous sportif majeur, symbole d’espoir, de fierté et d’unité nationale, qui s’est déroulée le 21 février 2026, a vu la participation de plus de 600 athlètes venus de plusieurs pays à travers le monde. Tous résolus à défier le « char des dieux ».

Après 4 h 24 minutes, 42 secondes, Hamadou Bih Ibrahim s’est imposé en avec autorité, confirmant sa progression sur les pentes du « Char des Dieux ». « Voici la troisième fois que j’atteins le sommet du Mont Cameroun. Ma première année, j’étais neuvième, la deuxième septième, et cette année je suis premier. Je suis très heureux d’avoir remporté la course », avait-il déclaré.

Dans la catégorie vétérans, la légende Sarah Etongue, à 59 ans, s’est encore démarquée en décrochant son neuvième sacre. En somme, et de l’avis de Narcisse Mouelle Kombi, ministre des sports et de l’éducation physique, « ce fut une belle fête sportive ayant vu la participation de plus de 600 athlètes de quatorze nationalités. Les performances, notamment celles des athlètes camerounais, ont donné satisfaction. Nous avons constaté que les principales marches des podiums ont été occupées par des athlètes camerounais. »

C’est donc suite à cet exploit que Rose Mbah Acha Fomundam, ministre délégué à la présidence, chargé du Contrôle supérieur de l’Etat, en sa qualité d’élite du département de la Momo, dont est aussi issu Ibrahim Hamidou Bih, vainqueur de l’édition 2026. Qu’elle a, avec beaucoup de fierté accueilli le champion dans une ambiance chaleureuse, fraternelle et conviviale au cours d’une audience bien particulière, cinq jours seulement après la compétition. C’était le 26 février 2026 à Yaoundé. Ibrahim Hamidou Bih, ayant jugé juste de venir présenter son trophée à la première élite politico-administrative de sa localité. Avec lui, son coach et ses camarades, membres d’« Afeum-Alah Athletics Club », écurie qui les encadre. Naturellement, plusieurs fils et filles du département de la Momo s’étaient joints à cette cérémonie.

Il faut dire, et le coach du nouveau champion l’a confirmé, que pour en arriver là, la préparation a été rude : six jours par semaine ». Un indice qui démontre de la volonté de ce meneur d’homme à rester le plus longtemps au sommet à travers la Afeum-Alah Athletics Club.

De son côté, Rose Mbah Acha Fomundam a salué la combativité et le courage du vainqueur à travers une prime de un million de FCFA. Mme le ministre délégué à la présidence, chargé du Contrôle supérieur de l’Etat, a surtout profité de cette occasion pour appeler les autres jeunes du département de la Momo en particulier et de la région du Nord-ouest à suivre « l’exemple de ce jeune athlète pour sortir de la brousse et tourner le dos aux actes de violence portés par le kidnapping et les demandes de rançons, pour gagner honnêtement leur vie ».

Sports équestres : Les lauréats reçus par le Minsep

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Sports équestres : Les lauréats reçus par le Minsep
Sports équestres : Les lauréats reçus par le Minsep

Suite aux honneurs qu’ils ont rendu au Cameroun, la mère patrie, les compétiteurs ont été reçus et honorés ; il y a quelques jours, par Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Sports et de l’éducation physique.

« Les trophées que nous célébrons ce jour sont le fruit d’importants sacrifices. Cette fédération a toujours fait preuve d’exemplarité dans ses relations avec la tutelle. Elle se démarque aussi par des résultats positifs et constants. Et elle occupe une place de choix au sein de ce département ministériel », a laissé entendre Narcisse Mouelle Kombi.

Bien avant cela, l’honorable Kamssouloum Abba Kabir, président de la fédération camerounaise de sports équestres (Fedase) avait planté le décor en soulignant la bravoure et la témérité qui a caractérisé les compétiteurs devant des virtuoses venus du Burkina Faso, du Niger, du Tchad et du Nigeria pour le compte de 12ème édition du Fombina Derby International Horse Racing au Nigeria qui s’est déroulée du 28 au 31 janvier 2026 à Yola, dans l’Etat de l’Adamawa au Nigeria. Pour le président de la Fecase, ces lauriers étaient « des sources d’épanouissement, tributaires des efforts que vous n’avez jamais de cesse de nous apporter. Pour mener à bien les autres échéances qui attendent la Fecase, nous souhaitons que vous nous apportiez encore plus de soutien pour la montée en puissance des sports équestres. Nous prenons l’engagement de faire du sport équestre un modèle qui devra inspirer beaucoup de Camerounais ». Le président Kamssouloum Abba Kabir n’a surtout pas manqué de présenter le bilan de la saison écoulée et les difficultés de la pratique de cette discipline sportive, malgré l’absence d’hippodromes même dans les régions du Septentrion où elle est pratiquée.

Dans l’escarcelle, des trophées et une quinzaine de médailles remportés par l’équipe nationale des sports équestres. Dans les détails, quatre (04) médailles d’or, cinq (05) en argent et six (06) en bronze. Les chevaux Phénoménal et Observateur se sont aussi distingués. Le Cameroun a gagné la Coupe du Président Tinubu, la Coupe du gouverneur de l’Etat de l’Adamawa et la Coupe du lamido de Yola, et aussi deux voitures.

Au regard des honneurs qui ont été rendus aux compétiteurs de la 12ème édition du Fombina Derby International Horse Racing au Nigeria, c’est la preuve comme l’avait si bien dit Paul Biya, président de la République, qu’au Cameroun, « il n’y a pas de sport majeur, de sport mineur ou de sport réservé »

Le Trésor camerounais renoue avec le marché : 70 milliards de FCFA levés pour couvrir 65,7 milliards d’échéances

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Le Trésor camerounais renoue avec le marché : 70 milliards FCFA levés pour couvrir 65,7 milliards d’échéances
BEAC

Confronté à un pic de remboursements sur le marché de la BEAC, le Cameroun a lancé fin février une mobilisation de 70 milliards FCFA via des émissions de BTA et une réouverture d’OTA. Manœuvre de trésorerie classique mais sensible aux conditions de marché, cette opération vise à rouler des dettes arrivées à échéance tout en limitant l’impact sur les finances publiques.


Le calendrier des paiements publics a mis le Trésor camerounais sous pression la dernière semaine de février 2026. Selon le tableau de bord hebdomadaire de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), le pays devait faire face à 65,7 milliards FCFA d’échéances sur le marché régional des titres publics en l’espace de deux jours.

Détail des échéances

Le 25 février, une émission de bons du Trésor assimilables (BTA) à 26 semaines arrivait à maturité pour un montant de 13,442 milliards FCFA. Etle 26 février, c’est une obligation à cinq ans — principal et intérêts — qui devait être réglée pour 52,750 milliards FCFA.Réponse du Trésor : trois émissions pour 70 milliards FCFA et pour anticiper ces sorties de trésorerie, le ministère des Finances a lancé, le 23 février, trois opérations sur le même marché. L’objectif annoncé : attirer 70 milliards FCFA. Les instruments proposés étaient : des BTA à 26 semaines (objectif 20 milliards FCFA) ; des BTA à 52 semaines (objectif 30 milliards FCFA) ; une réouverture (abondement) d’une OTA à 6 ans pour 20 milliards FCFA supplémentaires.

Les adjudications ont été dénouées le 25 février, mais les résultats officiels n’étaient pas publiés au moment de la sortie du tableau de bord de la BEAC consulté.

Pourquoi recourir au marché domestique ?

Recourir au refinancement sur le marché intrarégional est une pratique désormais routinière pour de nombreux États de la zone BEAC. En « roulant » les dettes — c’est-à-dire en émettant de nouveaux titres pour payer d’anciens — le Trésor évite de puiser immédiatement dans la trésorerie disponible, préservant ainsi des marges budgétaires pour des dépenses prioritaires.

Si cette approche présente des avantages opérationnels, elle n’est pas sans risques. Il y a la sensibilité aux taux : une hausse des taux d’intérêt rend le refinancement plus coûteux et alourdit la charge de la dette à moyen terme ; l′appétit des investisseurs, la réussite des émissions dépend du niveau de souscription ; un faible intérêt obligerait l’État à chercher d’autres sources ou à augmenter les rendements offerts et enfin, la concurrence régionale avec plusieurs États emprunteurs se disputant les mêmes capitaux sur la zone BEAC, ce qui peut peser sur les conditions d’émission.

La manœuvre de fin février illustre la nécessité pour le Cameroun de continuer à piloter activement sa dette publique, en conciliant besoins de financement court terme et contraintes de soutenabilité. Sur le plan pratique, la publication des résultats d’adjudication permettra d’évaluer l’ampleur du succès de l’opération et d’anticiper l’évolution de la stratégie d’emprunt à court et moyen terme.

Tchad ꓽ Sécurisation des stocks de pétrole – Vers l’autonomie logistique

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Tchad ꓽ Sécurisation des stocks de pétrole - Vers l’autonomie logistique
Tchad ꓽ Sécurisation des stocks de pétrole - Vers l’autonomie logistique

La Société tchadienne des dépôts pétroliers (STDP) a entamé un rapprochement stratégique avec la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP). Objectif : tirer parti d’un savoir‑faire éprouvé en matière d’exploitation, de sécurité et de gestion des infrastructures de stockage pour mettre en service et sécuriser ses nouveaux dépôts près de N’Djamena.

La STDP mise sur l’expertise régionale pour accélérer sa montée en capacité
La construction et la mise en service d’installations de stockage pétrolier demandent des compétences techniques, des procédures rigoureuses et des normes de sécurité strictes. Consciente de ces enjeux, la Société tchadienne des dépôts pétroliers (STDP) a demandé l’appui de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP). Une délégation de la STDP s’est rendue le 24 février au siège de la SCDP pour poser les bases d’un partenariat axé sur le transfert de compétences et l’harmonisation des standards opérationnels.

Créée récemment, la STDP prépare la mise en service de ses premiers dépôts à Djamalaye (ou Djaramaye), situés à une trentaine de kilomètres de la capitale. Ces infrastructures sont destinées à renforcer la sécurisation des approvisionnements en carburants autour de N’Djamena et à réduire la vulnérabilité de la distribution nationale. Pour atteindre cet objectif, la STDP souhaite s’appuyer sur des procédures éprouvées et des pratiques de gestion déjà appliquées avec succès dans la région.

Un partage d’expérience centré sur la sécurité et l’efficacité

Les échanges entre les deux institutions ont porté sur plusieurs volets concrets : normes opérationnelles, dispositifs anti‑incendie, gestion des risques, maintenance des installations, formation du personnel et surveillance environnementale. La directrice générale de la SCDP, Véronique Moampea Mbio, a souligné la volonté de son entreprise de transmettre un savoir‑faire accumuler depuis plusieurs décennies : « Nous avons un know‑how qui sera bénéfique à la STDP. » De son côté, la STDP veut capitaliser sur cette expertise pour garantir une exploitation sûre et durable de ses dépôts.

Fondée en juillet 1979, la SCDP dispose d’un réseau de dépôts et d’une expérience reconnue en matière de stockage et de distribution des produits pétroliers. Avec treize sites répartis dans sept régions et des capacités de stockage conséquentes (chiffres récents : 242 000 m³ pour les produits liquides et près de 3 970 tonnes métriques pour le GPL), la SCDP se présente comme un partenaire naturel pour des entreprises en phase d’amorçage opérationnel comme la STDP.

Impacts régionaux et enjeux de souveraineté énergétique

Au‑delà d’un simple transfert technique, ce type de coopération traduit une tendance plus large : le renforcement des capacités des opérateurs publics régionaux pour mieux sécuriser les chaînes d’approvisionnement énergétiques. Pour le Tchad, développer des dépôts fiables près de N’Djamena signifie améliorer la résilience face aux ruptures d’approvisionnement, maîtriser les coûts logistiques et affirmer une forme d’autonomie stratégique en matière d’énergie.

Les prochaines étapes consisteront à formaliser des accords de partenariat, à planifier des sessions de formation sur site et à mettre en place des audits conjoints des installations. Si le transfert de compétences se déroule comme prévu, la STDP devrait bénéficier d’un gain de vitesse dans l’exploitation sûre de ses dépôts et d’une montée en compétences de ses équipes, aboutissant à une meilleure couverture des besoins en carburant autour de la capitale et, à terme, sur le territoire national.

Couverture mobile en Afrique : Le fort impact des satellites

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Couverture mobile en Afrique : Le fort impact des satellites
Couverture mobile en Afrique : Le fort impact des satellites

Les opérateurs télécoms africains adoptent une stratégie hybride : en complément des fibres et liaisons micro-ondes, ils s’appuient désormais sur des constellations satellitaires pour connecter plus vite et mieux les stations de base mobiles — et offrir 4G/5G aux zones isolées. Zoom sur l’accélération de ce virage spatial et ses implications pour le continent.

Le paysage des télécommunications en Afrique est en pleine transformation. Face aux coûts élevés et aux difficultés techniques du déploiement d’infrastructures terrestres sur de vastes territoires peu peuplés, les opérateurs explorent de nouvelles solutions : la connexion des stations de base mobiles via des satellites en orbite basse (LEO). Ce choix ouvre la voie à une extension plus rapide et plus résiliente des réseaux mobiles, notamment pour la 4G et la 5G.

Renforcement des liens entre opérateurs et constellations spatiales


Récemment, Vodafone — via sa filiale sud-africaine Vodacom présente dans plusieurs pays du continent — a annoncé le renforcement de son partenariat avec la constellation LEO d’Amazon. L’objectif : utiliser les liaisons satellitaires comme backhaul pour relier les antennes au cœur du réseau quand la fibre ou les liens micro-ondes sont indisponibles, coûteux ou vulnérables. Cette solution permet aux opérateurs de maintenir et d’améliorer la qualité du service même dans les zones difficiles d’accès.

Plutôt que de remplacer les infrastructures terrestres, les satellites viennent compléter un maillage existant. Le modèle hybride combine fibre optique, micro-ondes et liaisons spatiales pour offrir une meilleure couverture et une plus grande résilience. Concrètement, cela signifie que des antennes rurales pourront être activées plus rapidement et bénéficier d’un débit suffisant pour les usages modernes — téléphonie, transferts de données, services numériques — sans attendre la pose de kilomètres de câble.

Des accords multipartenaires et une course à l’innovation


Vodafone n’est pas la seule à emprunter cette voie. Depuis 2022, plusieurs opérateurs africains ont conclu des accords avec des acteurs spatiaux : Airtel Africa s’est rapprochée d’Eutelsat-OneWeb puis a signé avec Starlink, tandis que MTN a établi des liens avec des fournisseurs comme Lynk Global ou Omnispace. Ces partenariats montrent une tendance claire : les opérateurs multiplient les options techniques pour sécuriser et diversifier leurs routes d’accès au réseau.

Malgré ses avantages, l’intégration satellitaire comporte des contraintes techniques et économiques : latence, coût des terminaux, régulation des fréquences, et nécessité d’intégrer harmonieusement ces liaisons dans l’architecture réseau existante. Enfin, la dépendance à des fournisseurs étrangers soulève des questions stratégiques et commerciales que les régulateurs et opérateurs devront adresser.

La tendance est nette : les réseaux mobiles africains évoluent vers des architectures hybrides où la dimension spatiale prend une importance croissante. En associant capacités terrestres et satellitaires, les opérateurs pourront améliorer la couverture, la résilience et la rapidité de déploiement des services. Ce changement structurel marque une étape clé pour rapprocher le continent de l’objectif d’une connectivité universelle.

Cameroun ꓽ Energie électrique – Enquête sur les réseaux sauvages et leurs conséquences

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Cameroun ꓽ Energie électrique - Enquête sur les réseaux sauvages et leurs conséquences au Cameroun
Cameroun ꓽ Energie électrique - Enquête sur les réseaux sauvages et leurs conséquences au Cameroun

Entre branchements clandestins, compteurs trafiqués et fausses offres d’installation, la fraude électrique continue de faire des victimes et d’asphyxier les finances du secteur. Selon Eneo, 32 personnes ont perdu la vie en 2024 à cause d’installations illégales, et les pertes annuelles atteindraient 60 milliards FCFA — une somme qui pénalise l’entretien des infrastructures et freine l’extension du réseau. Analyse des causes, des impacts et des leviers d’action.

La distribution d’électricité au Cameroun paie un lourd tribut à la prolifération de réseaux non autorisés. Eneo, concessionnaire national, a récemment rendu public un constat glaçant : 32 décès ont été liés en 2024 à des installations électriques frauduleuses. Au-delà de la tragédie humaine, l’entreprise évalue les pertes économiques attribuables à la fraude à environ 60 milliards FCFA par an — un manque à gagner qui représenterait près de 30 % de l’énergie fournie et qui prive le secteur de ressources essentielles pour moderniser et étendre le réseau.

Les formes de fraude et leur dangerosité

La fraude prend des formes variées et souvent dangereuses : branchements directs sur les lignes, compteurs volontairement manipulés, raccordements clandestins effectués sans respect des normes. Ces méthodes créent des surcharges, des installations précaires et des câbles exposés — autant de causes d’électrocution et d’incendies. Les victimes ne sont pas toujours celles qui manipulent le matériel : voisins, enfants ou passants peuvent être fauchés par un câble mal isolé ou un boîtier improvisé.

Plusieurs facteurs expliquent la persistance du phénomène. La précarité pousse des ménages à rechercher des solutions moins coûteuses et plus rapides que les procédures officielles. L’urbanisation rapide et l’extension informelle des quartiers créent une demande électrique que l’infrastructure officielle peine à satisfaire, laissant un vide que comblent des branchements improvisés. À cela s’ajoutent des filières de fausses prestations : intermédiaires se faisant passer pour des agents habilités, techniciens non agréés qui modifient des compteurs, interventions sans respect des règles de sécurité.

La fraude ne pénalise pas seulement l’entreprise : elle fragilise l’ensemble du système électrique. Les pertes financières limitent la capacité d’Eneo à entretenir les lignes, remplacer les équipements obsolètes et investir dans l’extension du réseau vers les zones défavorisées. En outre, un taux élevé de vols d’énergie crée des déséquilibres techniques (pannes, fluctuations) qui dégradent la qualité de service pour les abonnés réguliers, nuisent à la confiance des investisseurs et compromettent les projets d’électrification rurale.

Réponses répressives et mesures de prévention

Pour lutter contre ces pratiques, la stratégie combine répression et prévention. Sur le plan légal, la fraude est sanctionnée par des amendes, des coupures et des poursuites. Eneo renforce ses contrôles et ses opérations de détection des branchements illicites. Mais l’entreprise elle-même reconnaît que la simple répression est insuffisante : il faut agir sur les causes structurelles. Entre autres actions recommandées, il faut ꓽ simplifier et rendre plus abordables les procédures de raccordement pour réduire l’attrait des solutions illégales ; intensifier les campagnes d’information et de sensibilisation sur les risques d’électrocution et les conséquences juridiques et financières de la fraude ; renforcer la formation et la certification des intervenants techniques pour tarir l’offre de services non autorisés ; développer des opérations conjointes entre opérateur, collectivités locales et forces de l’ordre pour démanteler les filières clandestines ; et enfin, mettre en place des mécanismes ciblés d’aide pour les ménages vulnérables afin de faciliter l’accès légal à l’électricité.

La fraude électrique est un cercle vicieux : elle met en danger des vies, sape la viabilité financière du fournisseur et ralentit l’expansion des services. Traiter ce fléau demande une approche globale, mêlant contrôles, politiques sociales, simplification administrative et investissement ciblé. Sans cela, les 60 milliards FCFA gaspillés chaque année et les drames humains risquent de se perpétuer.

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