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19e festival de Marrakech : La danse et le Ramadan font bon ménage 

Du 6 au 14 mars 2026, la 19e édition du festival « On Marche » transforme Marrakech en un grand laboratoire de mouvements et de rencontres. Pensé et programmé pendant le mois sacré, l’événement met la création chorégraphique au service du partage, de la contemplation et d’un dialogue entre corps, foi et territoire.

Chaque année, Marrakech se métamorphose en scène vivante ; en 2026, la ville ocre accueille la 19e édition du Festival International de Danse Contemporaine « On Marche », une édition entièrement placée pendant le Ramadan. Ce choix de calendrier n’est pas anodin : pour Taoufiq Izeddiou, fondateur et directeur artistique, programmer la danse durant cette période intensifie la dimension relationnelle et méditative des œuvres. La danse cesse d’être simple divertissement pour devenir un moyen d’interrogation, une pratique qui nourrit à la fois le corps et l’esprit.

Temps forts et lieux


Les rendez-vous scéniques auront lieu principalement après le ftour, dès 21h, afin de respecter les rythmes du jeûne et d’installer une atmosphère propice à l’écoute et à la concentration. Les principaux sites de représentation comprennent l’Institut français de Marrakech, le Centre culturel Les Étoiles de Jamaa El Fna et l’Es Saadi Marrakech Resort. L’ouverture officielle — et l’un des moments phares de cette édition — se déroulera le 7 mars avec La Terre en transe, nouvelle création de Taoufiq Izeddiou réunissant douze interprètes. Cette pièce marque également l’aboutissement d’une tournée internationale et s’inscrit dans le long parcours de la compagnie Anania, pionnière de la danse contemporaine au Maroc.

Le festival multiplie les formats pour rapprocher artistes et public. Chaque soir, aux heures de la rupture du jeûne, le cycle « Artistes à table » propose un partage simple et direct : danseurs, chorégraphes et artistes plasticiens prennent place autour d’un ftour collectif pour échanger sur leurs processus créatifs, leurs interrogations spirituelles et leurs trajectoires. Ces moments se prolongent souvent par des performances in situ ou des projections, transformant le repas en lieu d’expérimentation artistique et de dialogue.

Danse et cinéma : le cycle « Danses en Images »

Parallèlement aux spectacles, le festival présente une sélection de films qui explorent la relation entre geste, rite et récit personnel. Projections à l’Institut français, où seront notamment programmés Les Pieds sur scène d’Éric Legay, Lengue de Léonie Zowe-Yanga, Dernier paysage de Josef Nadj, L’Envol de Bouziane Bouteldja, So Ava de Smaïl Kanouté, Al Awda d’Imane El Kabli et Bella d’Eman Hussen. Ce regard filmique prolonge la réflexion chorégraphique en offrant des approches documentaires, poétiques et anthropologiques.

Pour la cinquième année consécutive, une exposition photographique en plein air investit la médina et ses abords : plus de vingt images consacrées à la danse invitent promeneurs et habitants à redécouvrir la ville comme un lieu de création. Ces installations gratuites, visibles tout au long du festival, relient patrimoine urbain et spectacles contemporains.

Masterclasses, workshops et rencontres professionnelles complètent la programmation : ateliers pour amateurs et professionnels, tables rondes et échanges méthodologiques élargissent le public et encouragent la transmission des savoir-faire chorégraphiques. Fidèle à son ancrage territorial, « On Marche » conjugue ouverture internationale et engagement local, en maintenant des spectacles gratuits adaptés au contexte du mois sacré.

Plus qu’une simple suite de représentations, cette édition de « On Marche » propose une expérience collective où la création chorégraphique se fait lieu de réflexion, de consolation et de célébration. En célébrant la danse pendant le Ramadan, le festival affirme la capacité des arts vivants à renforcer les liens sociaux, à porter des paroles intimes et à réinventer des rituels d’échange.

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Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

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