Fils d’upéciste, syndicaliste dans la lignée directe des pères fondateurs, Eyango Njong incarne cette génération de Camerounais pour qui l’Union des Populations du Cameroun demeure l’héritage le plus précieux de cette nation. Selon lui, tout citoyen lucide se doit de se mobiliser pour redorer le blason de ce mouvement, creuset des tout premiers hommes d’Etat. Car il s’agit du seul parti qui ait jamais porté une vision authentique d’indépendance et de réel développement pour le Cameroun. Une vision qui reste d’actualité tant le pays semble encore captif des structures coloniales.
Dans l’entretien qui suit, il rompt le silence pour jeter un pavé dans la mare des mensonges et contre-vérités sur l’UPC, entretenus des décennies durant par le colon et ses relais locaux
Entretien avec Eyango Njong, syndicaliste
Le plaidoyer d’un héritier de la lutte
Le Compte Rendu : Avant la date du 10 avril 1948, qu’est ce qui liait exactement les personnes qui ont participé à la création de l’UPC au café-bar “Chez Sierra” à Douala-Bassa ?
Eyango Njong : C’étaient des syndicalistes. D’après certaines notes, c’est au contact de Gaston Donat que se crée l’Union des syndicats confédérés du Cameroun (USCC). Mais il reste constant que le projet de société est une création des syndicalistes camerounais. Et retour chez Donat, il leur démontre qu’un syndicat ne possède pas les leviers nécessaires pour mettre en œuvre un programme de transformation sociale globale. Une telle ambition relève exclusivement des prérogatives d’un parti politique. Fort de cette analyse, ces camerounais créent donc l’Union des Populations du Cameroun (UPC) afin de porter politiquement les aspirations du peuple, tandis que l’USCC poursuit sa mission avec ceux qui ont choisi de rester strictement sur le champ syndical. Voilà comment nait l’UPC.

Parlez-nous de Osendé Afana : qui était-il et pourquoi a-t-il été décapité en 1966 ?
- – Quel était son rôle dans la lutte ?
Eyango Njong : Osendé Afana était un professeur d’économie en France. Il était un haut diplômé en économie et enseignait l’économie au Collège de France. Il est informé qu’au Cameroun, des Camerounais ont créé un parti politique pour améliorer les conditions de vie des populations, une économie solide, etc.
Alors il faut savoir que l’économie, c’est ce qu’on appelle la branche humaine de la politique. Alors en économiste, du coup, il a vu ce que ce parti pouvait apporter à son peuple. Il s’est simplement dit, qu’est-ce que je fais ici à enseigner à des Français alors que je peux mieux utiliser mes compétences au service de mes populations. Il est donc venu au Cameroun.
Il n’était pas entré dans la lutte directement.
Pour lui, il venait porter un message économique, social, puis il s’est trouvé que la France est en train de combattre l’UPC. L’histoire dit qu’il a pris le maquis de Djoum, ce n’est pas ça. Il n’est pas venu prendre le maquis. Au départ, il est venu pour encadrer les populations, leur montrer ce qu’on peut faire avec l’économie, ce qu’il faut faire pour organiser les populations en producteurs de biens. Puis quand il a vu qu’il est attaqué, il a donc réagi. Il a réagi.
” Il est assassiné, parce que le mot exécution est un mot fallacieux, c’est un mot de la psycholinguistique. Quand on tue quelqu’un qui n’a pas d’armes, qui n’a que son verbe comme arme, quelle que soit la façon dont cela se passe et quelle que soit la manière qu’on a utilisée, ce n’est pas une exécution. L’exécution est un acte légal, moral, propre.”
Il faut savoir que l’UPC n’était pas un parti militaire. L’UPC n’a jamais pensé à prendre des armes. L’UPC était un parti politique comme il y en a partout dans le monde entier, qui devait relancer l’économie de son pays et qui devait contribuer à travailler avec d’autres partis à la bonne santé de l’économie et de tous les volets de la vie nationale.
Cette histoire d’une UPC armée est fausse. C’est le colon qui veut raconter une histoire de l’UPC armée. L’UPC n’était pas armée au départ. Et c’est complètement faux.
Par la suite, il va se créer l’ALNK qui va intégrer certains membres de l’UPC tandis que d’autres vont s’y opposer.
On dit qu’on ne peut plus continuer à subir. Il faut que nous aussi on réagisse. C’est donc ainsi que Osendé Afana, il n’a pas combattu en tant que quelqu’un qui a tiré, il a résisté comme quelqu’un qui a maintenu son combat, malgré l’oppression, malgré l’agression, malgré tout ce qu’il a subi, il a maintenu son discours et son objectif qui était de porter haut le flambeau économique et social de son pays.
Il est assassiné, parce que le mot exécution est un mot fallacieux, c’est un mot de la psycholinguistique. Quand on tue quelqu’un qui n’a pas d’armes, qui n’a que son verbe comme arme, quelle que soit la façon dont cela se passe et quelle que soit la manière qu’on a utilisé, ce n’est pas une exécution. L’exécution est quelque chose de légal, quelque chose de moral, de propre.
Donc ici, de même que pour le cas de Ouandié Ernest, c’est un assassinat. Donc il est donc assassiné et un hélicoptère spécial dépêché de Yaoundé arrive pour prendre sa tête. La tête d’Osendé Afana a été détachée de son corps et mis dans un récipient pour être ramenée à Yaoundé, afin d’être présenté à on ne sait pas qui voulait absolument voir la tête de cet homme pour être sûr ; le but c’était de s’assurer, il n’y avait aucune autre raison à tout, il n’y avait rien de mystique, il n’y avait rien. Juste pour s’assurer que cet homme qui a laissé un poste d’enseignant en France pour venir sauver les Camerounais, il est vraiment mort. Voilà comment se passe la fin de la vie d’Osendé Afana Castor.
Tanke Noé, par exemple ; quels ont été leurs contributions à l’UPC ?
Celui qu’on l’appelait le commandant Tankeu Noé n’est pas sorti de nulle part. Il s’inscrit dans la lignée d’Isaac Nyobè Pandjock, ancien combattant de la Seconde Guerremondiale. Convaincu que la résistance devait s’organiser militairement, Pandjock avait transformé l’expérience acquise sous l’uniforme, français en outil de libération nationale. C’est sous sa férule que fut formée, dans les forêts de la Sanaga-Maritime, la première génération de combattants de la résistance armée camerounaise. Tankeu Noé est l’un de ses lieutenants qu’il a formés.
Tankeu Noé, est donc de ceux qui ont dit, on ne peut pas continuer à parler pendant qu’on nous agresse, on nous tue. Nous devons nous aussi réagir. On est un Etat, et un Etat a une armée. Il n’y a pas d’Etat sans armée. Voilà l’esprit dans lequel il était. Nous sommes déjà un Etat. Il n’y a pas d’Etat sans armée. Et on est attaqué par des gens qui veulent détruire l’Etat. On ne peut que se défendre. Voilà la philosophie de l’ALNK. C’est donc comme ça que Tankeu Noé et autres se disent qu’il faut des armes. Il y a donc des pays qui vont les aider à s’armer.
Le commandant Tankeu Noé sera assassiné sur la place publique le 03 septembre 1963.Il sera assassiné avec Ngallé Massok de Yabassi et deux autres patriotes. Il sera assassiné ce jour-là, sur la place publique au marché Congo.
Um Nyobè, Moumié, Ouandié, Osendé Afana ; pourquoi ces quatre noms sont-ils devenus des icônes alors que d’autres le sont moins ?

Um Nyobe, Moumié, Ouandié, Osendé, c’étaient les dirigeants. C’était eux les porteurs de la philosophie. C’est eux qui parcouraient le Cameroun, qui parcouraient le monde.
Et vous savez, il faut savoir une chose, nous sommes en pays colonisé.
Et on a dit, comme on dit dans nos langues, c’est le chasseur seul qui raconte l’histoire de la chasse. Il ne vous racontait pas comment le lion l’a chassé, comment le gorille l’a battu. Donc ici, c’est le vainqueur qui raconte l’histoire de la lutte. Il faut donc savoir que l’histoire telle qu’elle est racontée aujourd’hui est tronquée, parfois elle est même complètement fausse. Par exemple, les assassinats attribués à l’ALNK sont faux.
C’est les colons français, comme ils ont fait en Algérie, au Cambodge, en Indochine. Ce sont eux, leurs milices, qui tuaient et attribuaient ces assassinats à l’ALNK.
Il faut savoir une chose, de tout temps, le peuple s’est toujours montré prêt à se séparer d’une partie de sa liberté contre sa sécurité. Dès qu’il y a le choix entre la sécurité et la liberté, le peuple est prêt à brader sa liberté contre la sécurité. C’est sur cette pensée qu’a joué le colon français.« Vous êtes en insécurité, c’est nous qui pouvons vous sauver. Il faut laisser vos affaires de UPC, d’économie, il faut laisser ça, sinon… voilà qu’ils sont en train de vous tuer. » Alors donc, les populations ont commencé elles-mêmes à livrer ceux des leurs qu’elles soupçonnaient être de l’UPC, pour avoir la sécurité. Mais pourtant c’était une insécurité créée de toutes pièces par le colon et ses milices qui venaient souvent des pays étrangers, pour faire ces coups ici.
Donc les Um Nyobe, Moumié, Ouandié, Osendé, c’étaient les dirigeants. Um avait son secteur, Ouandié le sien, etc.
Il y a les Fossi Jacob, Yem Mbak, Makémbé Tolo, Ngalle Massok… Ils sont très nombreux. Ils étaient très, très, très nombreux qui étaient des héros. Mais dont le colon a totalement tué le nom et a retenu les noms qu’il ne pouvait pas cacher. Et même ce nom qu’il ne peut pas cacher, il a réduit leur impact avec des histoires qui étaient complètement fausses.
Donc c’est une question de psychologie qui est une arme incroyable, utilisée souvent dans ces affaires-là, qu’on appelle à tort la politique, ce n’était pas la politique, c’était juste le colonialisme.
Pourquoi l’assassinat de Um Nyobè, le 13 septembre 1958 ?
Um Nyobé est assassiné, déjà parce que quelqu’un qui a un idéal de liberté, de souveraineté et qui le structure comme il le structurait, on ne peut plus discuter. Il y a une chose à faire, c’est tuer le corps. En espérant qu’en tuant le corps, avoir détruit l’esprit. Ça, ce n’est pas réussi. Donc, Um est assassiné parce qu’on ne pouvait plus le corrompre. Il défendait un Cameroun libre et souverain.
Ce qui n’est pas arrivé jusqu’à aujourd’hui. Et dans tous les cas de figure, tel que c’est arrivé, la seule manière de faire avec des gens comme ça, c’est l’assassinat physique. Voilà la réflexion qui a commandé l’assassinat de Um, comme de Ouandié, comme de Osendé, comme de Moumié. Voilà la philosophie qui commande. Il n’y a plus rien à faire, ces gars, on ne peut pas. Et le français se dit : nous non plus, nous ne pouvons pas laisser la colonie ci. Qu’est-ce qu’on va faire ?
Ces gens étaient, il faut le savoir, au sens pur et originel du terme, des hommes d’Etat. Dès qu’on a dit ça, on a tout compris. C’étaient des hommes d’Etat. Et je peux dire pour le cas de Cameroun que c’était les seuls jusqu’à ce jour. Au sens originel de l’expression « hommes d’Etat ». Je dis que ce sont les seuls au Cameroun à ce jour. Et même dans beaucoup de pays, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, il n’y a plus d’hommes d’Etat.
Il y a des gens qui ont dirigé les Etats et qu’on confond avec l’appellation homme d’Etat. Un homme d’Etat, c’est-à-dire qui a la philosophie de l’Etat, qui a la culture de l’Etat, qui a le sens de l’Etat, au point d’être capable, d’être incorruptible au nom du bien de l’Etat.
- L’empoisonnement au thallium de Félix Moumié a eu lieu à Genève, le 3 novembre 1960. Que sait-on vraiment de son assassin William Bechtel, l’agent du SDECE ?
- – Pourquoi la justice suisse a-t-elle prononcé un non-lieu ?
L’assassinat de Félix Moumié. C’est un colonel français qui envoie son agent assassiner Moumié, qui se
trouve en Suisse. Après la Suisse, je crois qu’il devait aller en Russie pour voir les communistes, puis
après il devait rentrer en Guinée, chez Sekou Touré.
Il fallait l’empêcher absolument d’arriver en Russie. C’est donc ainsi que la décision est prise par De Gaulle, qui plus tard, va nier avoir été au courant. « Vous avez assassiné Moumié. Vous avez commis une erreur ». Mais apparemment, c’était une hypocrisie. De Gaulle aurait donné, ce qu’on appelait à l’époque le feu orange.
Le feu orange, c’est une autorisation qui est donnée par un dirigeant pour une opération. En cas de succès, il s’attribue le mérite. En cas d’échec, il rejette tout. De Gaulle l’a fait également pour le Biafra où Foccart et Bongo avaient eu le feu orange.
C’était Foccart et Bongo qui avaient monté le coup. Ils l’ont vendu à De Gaulle. Ce dernier a dit : « Ok, allez-y, vous avez le feu orange. » Et quand ils ont échoué, De Gaulle a fustigé Bongo et Foccart : « Voilà votre pourriture, allez avec ça, je ne veux plus en entendre parler. Allez, mettez fin à ça. » Donc, c’était la politique du feu orange donnée par De Gaulle. Il fallait empêcher Moumié de rencontrer les communistes.
Il est donc empoisonné à Genève par le thallium. Et il devait donc aller en Guinée après, où le thallium n’était pas encore connu dans les réactifs de laboratoire. Donc, il devait prendre une dose. Le thallium est un poison lent donc, à une dose. Après ça, il allait se rendre en Guinée où il devait mourir lentement. Une dose suffisait pour qu’il meure lentement et en Guinée où les laboratoires n’étaient pas encore assez performants pour détecter ce type de poison. Les circonstances ont voulu qu’il ne prenne pas la dose qu’il y avait dans son café.
” Tankeu Noé, est donc de ceux qui ont dit, on ne peut pas continuer à parler pendant qu’on nous agresse, on nous tue. Nous devons nous aussi réagir. On est un Etat, et un Etat a une armée. Il n’y a pas d’Etat sans armée. Voilà l’esprit dans lequel il était. Nous sommes déjà un Etat. Il n’y a pas d’Etat sans armée. Et on est attaqué par des gens qui veulent détruire l’Etat. On ne peut que se défendre. Voilà la philosophie de l’ALNK.”
Il a un coup de fil, qu’il va prendre et puis Bechtel empoisonne son pastis. Quelques temps après, je crois qu’il va aux toilettes, Bechtel met le thallium dans le café. Il prend donc le café et puis après, il se rend compte qu’il n’a pas pu bu son pastis, et il prend le pastis.
C’est ça l’homme. Il prend donc ainsi une double dose de thallium. C’est cette double dose qui le tue sur la place de Genève, parce qu’il va à l’hôpital. Il se met à se plaindre. « J’ai reçu un coup de fil. Quand je vais décrocher, il n’y a personne. » A l’époque, ce n’était pas le téléphone portable. C’était un téléphone fixe. Lorsqu’on vous appelait, vous alliez répondre dans un coin de la salle. Quand on l’a appelé, il a posé la question : qui sait que je suis ici ? En tout cas, peut-être que ce sont les camarades. Il s’est levé pour aller répondre. Bref, il a pris la double dose. Et il a accusé les services secrets français, en indiquant avec qui il était. La Suisse va à la suite faire un procès de pure convenance.
La Suisse savait qu’il n’y aurait personne pour venir défendre la cause de Moumié. Pendant plus de 20 ans, le procès était toujours en cours en Suisse. Le SDECE était toujours poursuivi. Et il faut aussi savoir que les éléments de preuve manquaient. Donc on allait fatalement arriver à un non-lieu. On ne devait rien trouver sur Betchel qu’on incriminait. Il n’y avait pas de film qui montrait comment il assassinait Moumié.
- L’exécution publique d’Ernest Ouandié, le 15 janvier 1971, à Bafoussam : pourquoi une exécution publique 11 ans après l’indépendance ?
- – Qui a donné l’ordre : Ahidjo ou la France ?
Il faut bien savoir que le mot exécution, c’est un mot qui est détourné de son esprit. L’exécution se veut
morale, légale. Ici, il faut savoir, l’UPC, comme je l’ai dit en amont, c’était un parti avec des hommes d’Etat qui voulaient un vrai Etat du Cameroun. Souverain, avec sa propre monnaie, son propre programme académique, sa propre agriculture, etc.
Ce qui n’est pas fait jusqu’aujourd’hui. Donc, quand on tue un homme qui a un tel objectif, pour cet objectif-là, c’est un assassinat. Il n’avait pas empoisonné quelqu’un. Ce serait une exécution dans ce cas de figure. Ouandié n’a pas été tué ce jour-là parce qu’il a écrasé, brûlé un village. Ouandié a été assassiné pour ses idées d’homme d’Etat. C’est donc un assassinat.
Quel que soit le chemin que l’on prend, quelle que soit la manière qu’on s’y prend, avec des magistrats aux ordres, c’est un assassinat. Ouandié a donc été assassiné sur la place publique le 15 janvier 1971 à Bafoussam. 11 ans, vous dites, après l’indépendance. Il luttait toujours, puisque en réalité, on n’a jamais été indépendant. C’est la vérité, monsieur le journaliste. Jusqu’aujourd’hui, vous n’avez pas de monnaie, pas de souveraineté.
Jusqu’aujourd’hui vous n’avez pas un programme académique autochtone. Jusqu’aujourd’hui vous importez encore des produits agricoles, vous importez des produits manufacturés qui auraient pu se faire sur le territoire national. Vous comprenez ? Vous n’êtes pas indépendant. Et donc, vous pouvez dire 11 ans après 1960, qui est une date de référence peut-être sur le territoire national, mais pas l’indépendance. Donc les Ouandié, leur combat est toujours d’actualité aujourd’hui.
Aujourd’hui, ce qu’on peut dire d’actualité, je vous rappelle, c’est vrai, que Kadhafi, dans son projet du Fonds monétaire africain, avait choisi Yaoundé comme siège. Donc, c’est vrai que le président actuel, le président Paul Biya était bien dans ce projet et est donc bien conscient qu’il faut une souveraineté monétaire. C’est bien la preuve que, jusqu’à aujourd’hui, on n’est toujours pas indépendant.
Donc, ce mot “Exécution”, je ne l’utilise pas dans ce cas de figure.
Ernest Ouandié a été assassiné sur la place publique le 15 janvier 1971. Il faut le dire sans détour, Ouandié, comme Osendé Afana, comme Ruben Um Nyobè, comme Félix-Roland Moumié, n’étaient pas de simples figures héroïsées a posteriori.
C’étaient de véritables héros une trempe telle que même Ahmadou Ahidjo leur reconnaissait une stature particulière. C’est ainsi que Germaine Ahidjo rapportera plus tard une confidence révélatrice de son époux : « Dongmo, je le méprise, il sera gracié. Ouandié, je le respecte, je le respecte beaucoup mais il sera fusillé.» Une décision qui dit le niveau de respect que le potentat local lui-même accordait à l’homme qu’il choisissait pourtant d’éliminer. C’étaient de PURS au sens pur, noble, originel du mot héros qui existe dans toutes les cultures. Ces gens étaient de purs héros. Et dans un pays civilisé, ils sont commémorés. Et je nourris l’espoir que ceci finira par arriver un de ces jours.
Retrouvez l’intégralité de l’entretien avec Eyango Njong, syndicaliste, portant sur le plaidoyer d’un héritier de la lutte, dans le journal LE COMPTE RENDU, parution du numéro 22 du 8 mars 2026.




