Sunday, May 31, 2026
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Benin ꓽ Péage routier – Un pas vers les routes intelligentes

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Benin ꓽ Péage routier - Un pas vers les routes intelligentes
le paiement des péages. Avec SIRATPay, la Société des Infrastructures Routières et de l’Aménagement du Territoire (SIRAT SA)

Face à l’essor du trafic et aux goulots d’étranglement sur ses corridors commerciaux, le Bénin ne se contente plus d’augmenter la capacité routière : il numérise le paiement des péages. Avec SIRATPay, la Société des Infrastructures Routières et de l’Aménagement du Territoire (SIRAT SA) inaugure une stratégie axée sur la fluidité, la traçabilité et la préparation du réseau routier aux technologies de mobilité connectée.

La gestion des routes au Bénin entre désormais dans l’ère numérique. Le 18 mars, SIRAT SA a présenté SIRATPay, un service de paiement électronique destiné à remplacer progressivement l’usage exclusif des espèces aux postes de péage. Plus qu’un simple moyen de transaction, SIRATPay s’inscrit dans une volonté plus large : transformer les gares de péage en points de gestion du trafic plus efficaces et transparents.

Pourquoi changer ? Le parc automobile national s’est notablement accru, et certains axes — en particulier la route Cotonou–Lagos — supportent des flux de véhicules massifs liés au commerce régional. En 2025, le réseau SIRAT a enregistré plus de 16 millions de passages, presque tous réglés en liquide. Le système actuel génère des files d’attente, des délais pour les usagers et des contraintes logistiques pour les opérateurs. Selon Ranti Akindès, directeur général de SIRAT SA, ce modèle n’est plus adapté aux besoins d’une mobilité moderne.

SIRATPay vise trois bénéfices concrets : fluidifier la circulation en réduisant le temps d’arrêt aux postes de péage, renforcer la transparence financière par des transactions traçables et diminuer la manipulation d’argent liquide, source d’erreurs et de risques. Concrètement, le dispositif devrait permettre des paiements via applications mobiles, cartes ou comptes électroniques, ainsi qu’une intégration progressive avec des systèmes d’identification et de contrôle automatisés.

Cette transformation s’intègre dans une feuille de route nationale plus large. Le gouvernement planifie l’installation de systèmes de vidéoprotection dans plusieurs villes et zones frontalières pour surveiller les flux, améliorer la sécurité et faciliter la gestion en temps réel. Couplés à des péages dématérialisés, ces outils peuvent permettre une vision unifiée du trafic, améliorer la maintenance ciblée des infrastructures et optimiser la planification des itinéraires.

Le Bénin n’invente pas la roue : l’Afrique de l’Ouest voit se multiplier les projets de péage automatique, de vidéosurveillance et de contrôles électroniques — de la Côte d’Ivoire au Sénégal en passant par la Guinée. Mais le succès de ces initiatives dépendra d’un ensemble de conditions : la qualité de la connectivité sur les axes routiers, la maintenance fiable des équipements, la cybersécurité et la protection des données des usagers, ainsi que la formation du personnel technique et de terrain.

Plusieurs défis opérationnels restent donc à résoudre. Dans les zones rurales ou frontalières, l’accès à un réseau internet stable peut être irrégulier ; sans solutions de secours, les automates risquent des pannes de service. Par ailleurs, la transition vers un système électronique exige un plan de formation pour les agents de péage, des campagnes d’information pour les usagers et des mécanismes clairs de résolution des litiges et de remboursement en cas d’erreur.

Si ces obstacles sont anticipés et traités, SIRATPay peut devenir un levier pour une gestion routière plus efficace : moins d’embouteillages aux barrières, meilleurs relevés statistiques sur les flux et recettes, et fondation technique pour des services à valeur ajoutée (péage dynamique, abonnement pour transporteurs, interface avec applications de navigation). À terme, c’est l’ensemble de la mobilité nationale et régionale qui pourrait gagner en fluidité et en prévisibilité.

En somme, le lancement de SIRATPay marque pour le Bénin le début d’une transformation structurelle : passer d’un réseau principalement géré à l’ancienne à une approche où données, paiement électronique et surveillance intelligente convergent pour améliorer l’expérience des usagers et l’efficacité des infrastructures.

Nigeria ꓽ reprise en main des ports – La finance étrangère en renfort

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Nigeria ꓽ reprise en main des ports - La finance étrangère en renfort
Nigeria ꓽ reprise en main des ports - La finance étrangère en renfort

Face à la perte de parts de marché au profit de hubs voisins et à l’asphyxie logistique des quais, le Nigeria choisit une stratégie double : injections d’argent extérieur pour moderniser les infrastructures clés d’Apapa et Tin Can Island, et accélération de la digitalisation des procédures portuaires. Objectif affiché : transformer Lagos d’un goulot d’étranglement en plate‑forme compétitive et fiable pour les échanges Ouest‑africains.

Le Nigeria, pivot économique de l’Afrique de l’Ouest, a décidé de traiter la question portuaire non pas comme un simple chantier d’infrastructures, mais comme un chantier de compétitivité nationale. Dans ce cadre, Abuja a obtenu un prêt garanti de 746 millions de livres sterling (environ 990 millions de dollars) du Royaume‑Uni destiné à moderniser les installations des ports d’Apapa et de Tin Can Island, deux artères vitales pour l’approvisionnement du pays. L’accord doit être officialisé à Londres lors de la visite d’État du président Bola Tinubu.

Plus qu’un apport financier, ce financement s’inscrit dans une logique stratégique : réduire les coûts opérationnels, fluidifier les chaînes logistiques et enrayer l’érosion de parts de marché face à des ports concurrents de la sous‑région comme Cotonou, Lomé ou Tema. Pour le gouvernement nigérian, il est impératif que Lagos cesse d’être perçu comme un point de congestion chronique qui fait fuir une partie du trafic maritime vers l’extérieur.

Le plan de transformation combine extension et modernisation physique des quais avec un volet numérique ambitieux. Les investissements porteront sur l’amélioration des infrastructures — voies d’accès, aires de stockage, équipements de manutention — mais aussi sur la réduction des délais d’attente et des coûts liés aux ruptures d’approvisionnement. Ces travaux, s’ils sont menés efficacement, peuvent rattraper une partie du retard logistique accumulé ces dernières années.

La modernisation matérielle ne suffit toutefois pas à elle seule : la dématérialisation des procédures est présentée comme un levier central de la réforme. Le gouvernement prévoit le déploiement du Guichet unique national (National Single Window – NSW) d’ici la fin du mois de mars. Cette plateforme vise à centraliser et à automatiser les formalités — permis d’importation, soumission électronique des manifestes, gestion centralisée des risques — réduisant ainsi les frictions administratives, les files d’attente et les possibilités de corruption.

Les enjeux économiques sont significatifs. Les ports d’Apapa et Tin Can Island supportent une grande part des flux commerciaux et de l’approvisionnement en produits de première nécessité. Toute amélioration de leur performance se traduit donc rapidement par des bénéfices macro‑économiques : baisse des coûts logistiques pour les entreprises, amélioration de la disponibilité des produits, et renforcement de l’attractivité du Nigeria pour les lignes maritimes et les investisseurs.

Néanmoins, la réussite dépendra de plusieurs facteurs clés. La coordination entre autorités portuaires, opérateurs privés, services douaniers et autorités locales doit être renforcée pour que les nouvelles infrastructures soient utilisées efficacement. La transparence dans l’utilisation des fonds et la bonne gouvernance du projet seront essentielles pour éviter dérives et retards. Enfin, la formation des personnels et l’adoption par les acteurs du secteur des nouveaux outils numériques détermineront la vitesse et la durabilité des gains attendus.

À court terme, la combinaison financement étranger — garantis par UK Export Finance — et digitalisation offre une feuille de route pragmatique : moderniser l’existant tout en changeant les pratiques. À moyen terme, si les chantiers et la plateforme NSW tiennent leurs promesses, Lagos pourrait reconquérir sa place de hub logistique régional et limiter l’exode de trafic vers des ports voisins.

Coopération Egypte−Indonésie : Redessiner la carte mondiale du commerce du blé

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Coopération Egypte−Indonésie : Redessiner la carte mondiale du commerce du blé
Coopération Egypte−Indonésie : Redessiner la carte mondiale du commerce du blé

Au-delà d’un simple duel pour le « premier importateur », la rivalité entre l’Égypte et l’Indonésie en 2025/2026 révèle une mutation profonde des dynamiques alimentaires mondiales : croissance démographique, dépendance industrielle et politiques publiques transforment deux marchés très différents en pivots incontournables pour les exportateurs de céréales.

En 2025/2026, le marché mondial du blé met en lumière deux trajectoires opposées qui convergent vers le même résultat : une demande énorme et croissante. L’Égypte, économie à forte consommation domestique de la céréale, et l’Indonésie, importatrice quasi-totale pour son industrie, devraient chacune absorber autour de 13 millions de tonnes de blé selon les estimations du Département américain de l’agriculture (USDA). Leur poids combiné — près de 12 % du commerce mondial de blé — change la donne pour les principaux exportateurs.

Économie, politique sociale et sécurité alimentaire en Égypte


L’Égypte illustre comment la pression démographique et les choix de politique publique déterminent les besoins d’importation. Avec plus de 108 millions d’habitants et une population toujours en hausse, le blé est au cœur de la sécurité alimentaire nationale. Le pain subventionné (« pain baladi ») reste un instrument majeur : l’État prend en charge une part importante des coûts de production, garantissant l’accès pour des millions de familles. Malgré une production intérieure projetée à environ 9,2 millions de tonnes en 2025/26 — en hausse grâce à un léger regain des surfaces récoltées et à des prix d’achat attractifs pour les agriculteurs — l’écart avec une consommation annuelle attendue supérieure à 20 millions de tonnes demeure important. Cette dépendance structurelle aux achats internationaux fait de l’Égypte un client prioritaire pour les exportateurs mondiaux.
L’Indonésie offre un contrepoint : pays à très faible production de blé, il s’appuie presque entièrement sur les importations pour alimenter son industrie agroalimentaire. Après un repli des importations à 10,4 millions de tonnes l’an passé, lié à une baisse de la demande pour l’alimentation animale et à des ajustements de stocks, 2025/2026 marque un net rebond. La reprise de la consommation industrielle — boulangeries industrielles, pâtes alimentaires, produits transformés — conduit Jakarta à accroître ses achats sur les marchés internationaux. En pratique, l’Indonésie est devenue, en quelques années, un marché stratégique pour les fournisseurs mondiaux qui doivent ajuster leurs offres au rythme d’une demande industrielle volatile mais ambitieuse.

Conséquences pour les exportateurs et le commerce mondial


La concentration de la demande entre quelques grands acheteurs amplifie l’influence des pays importateurs sur les flux commerciaux et les prix mondiaux. Russie, Union européenne, Australie et États‑Unis figurent parmi les fournisseurs naturels, mais la compétition entre acheteurs et la volatilité des récoltes et des prix peuvent peser sur la stabilité des approvisionnements. Pour les exportateurs, l’enjeu est de sécuriser des contrats à long terme, d’offrir des conditions logistiques compétitives et de proposer des grains conformes aux spécifications industrielles variées. Pour l’Egypte et l’Indonésie tout se joue au niveau de la résilience alimentaire, de la sécurité des chaines logistiques, du marché et des prix et enfin des opportunités commerciales.

La résilience alimentaire : pour l’Égypte, c’est diversifier les sources d’approvisionnement et renforcer la production domestique restent des priorités, mais la contrainte démographique limite la marge de manœuvre.

La sécurité des chaînes logistiques pour l’Indonésie, fortement dépendante des importations, elle doit sécuriser ses routes d’approvisionnement et gérer les risques de perturbation (météo, congestion portuaire, fluctuations tarifaires).

Le marché et les prix, la concentration de la demande peut contribuer à des périodes de tension sur les prix internationaux, faisant peser un risque inflationniste sur les politiques de subvention et sur le coût de la vie dans les pays importateurs.

Enfin, quant aux opportunités commerciales, les exportateurs qui s’adaptent aux besoins spécifiques (calibre, qualité, logistique, financement) pourront consolider des partenariats durables avec ces acheteurs majeurs.
Le « duel » pour le statut de premier importateur mondial cache un enjeu plus large : l’évolution de la demande mondiale de blé reflète des mutations démographiques, industrielles et politiques. L’Égypte et l’Indonésie, par des raisons différentes, deviennent des points d’ancrage essentiels du commerce mondial de la céréale. Comprendre leurs trajectoires aide à anticiper les fluctuations des marchés et à ajuster les stratégies des acteurs publics et privés tant que la guerre entre la Russie et l′Ukraine continue à perturber la production mondiale.

La BC−PME renforce son capital : Une recapitalisation tournée vers l’import−substitution

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La BC−PME renforce son capital : Une recapitalisation tournée vers l’import−substitution
La BC−PME renforce son capital : Une recapitalisation tournée vers l’import−substitution

Pour soutenir la stratégie nationale d’import‑substitution dans l’agriculture, l’État camerounais prévoit d’injecter 40 milliards de FCFA (≈ 70,4 M$) dans la Banque camerounaise des PME. Plus qu’un simple renforcement de capital, cette opération vise à transformer la BC‑PME en un catalyseur de la production locale — à condition que la banque corrige ses faiblesses opérationnelles et de gouvernance.

Le gouvernement camerounais mise sur la transformation du tissu productif national pour réduire les importations dans les filières agro‑pastorales et halieutiques. Au cœur de cette stratégie : une décision annoncée lors de l’assemblée générale pluriannuelle et mixte de la Banque Camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises (BC‑PME), tenue le 26 février à Yaoundé. Les actionnaires ont validé un projet d’augmentation de capital de 40 milliards de FCFA, sous réserve de l’aval de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC). Si elle est autorisée, l’opération portera le capital de la BC‑PME de 20 à 60 milliards de FCFA, grâce à l’émission de 4 millions d’actions souscrites intégralement par l’État.

Un apport ciblé pour financer la production locale


L’originalité de cette recapitalisation tient à sa provenance et à sa vocation : les ressources proviennent du Plan intégré d’import‑substitution agropastoral et halieutique, un fonds public destiné à stimuler la production nationale dans les secteurs alimentaires. Contrairement à une simple injection budgétaire destinée à éponger des pertes, l’argent devrait être canalisé vers des crédits aux opérateurs privés qui produisent localement — agriculteurs, éleveurs, coopératives et acteurs de la filière pêche. L’objectif déclaré est double : renforcer l’offre nationale pour diminuer la facture d’importation et créer des emplois durables autour de chaînes de valeur locales.Cette opération arrive aussi en réponse à la nouvelle réglementation de la COBAC qui fixe un capital social minimum de 25 milliards de FCFA pour les établissements de crédit de la zone CEMAC. Plusieurs banques ont déjà ajusté leur capital : AFRILAND FIRST BANK, BGFI Bank, BICEC et CCA‑Bank ont relevé leurs fonds propres ces derniers mois. Pour la BC‑PME, l’augmentation programmée permettra non seulement de satisfaire aux normes prudentielles, mais aussi d’affirmer son rôle de banque publique dédiée aux PME agricoles, à condition qu’elle convertisse ce capital en prêts productifs.

Des résultats opérationnels qui imposent des réformes


Toutefois, la portée de cette recapitalisation dépendra de la capacité de la BC‑PME à corriger des faiblesses structurelles. Créée en 2015 pour améliorer l’accès au financement des petites et moyennes entreprises, la banque n’a jusqu’à présent distribué que 1,95 milliard de FCFA à 85 projets selon l’Annuaire statistique 2024 — un volume peu élevé par rapport aux besoins du secteur. Financièrement, l’établissement a été déficitaire en 2023 (perte de 1,112 milliard de FCFA), signe d’une rentabilité insuffisante et d’un modèle opérationnel à repenser.
La recapitalisation intervient après des secousses managériales. À l’automne 2023, la COBAC a sanctionné l’ancienne directrice générale, ce qui a conduit le conseil d’administration à nommer un directeur général par intérim. De telles turbulences fragilisent la confiance des partenaires et des emprunteurs potentiels. Pour transformer les nouvelles ressources publiques en crédits productifs, il faudra renforcer la gouvernance, la conformité et les processus de gestion du risque au sein de la BC‑PME.
L’assemblée générale a aussi approuvé un plan stratégique 2025‑2030 qui promet un recentrage sur le financement des PME, en particulier celles liées au programme d’import‑substitution. Si la BC‑PME parvient à aligner ses procédures de crédit, ses instruments de soutien (garanties, prêts à taux préférentiels, accompagnement technique) et ses indicateurs de performance sur les besoins agricoles, elle pourrait jouer un rôle pivot pour accélérer la transformation agro‑alimentaire du pays.
Les principaux risques restent opérationnels : mauvaise sélection des projets, faible suivi post‑crédit, gouvernance défaillante et persistance de pertes. Pour que l’effort public ne se limite pas à un simple renflouement, l’État devra veiller à ce que les fonds soient mobilisés dans le cadre d’une politique rigoureuse de financement orientée vers les résultats, associant outils financiers, assistance technique et partenariats avec le secteur privé et les organisations agricoles. Un dispositif de gouvernance renforcé et de transparence sera indispensable pour attirer des acteurs privés et multiplier l’effet levier des fonds publics.

Partenariat BII−Deutsche Bank : Transformer les chaines d′approvisionnement locales

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Partenariat BII−Deutsche Bank : Transformer les chaines d′approvisionnement locales
Un partenariat entre l’investisseur britannique BII et la banque allemande Deutsche Bank

Un partenariat entre l’investisseur britannique BII et la banque allemande Deutsche Bank met sur la table 150 millions de dollars pour combler une part du déficit chronique de financement du commerce en Afrique. Plutôt que de viser les grandes transactions internationales, le dispositif mise sur le soutien aux banques locales et aux chaînes de production nationales pour rendre les échanges plus fiables, résilients et orientés vers la transformation locale.


Le manque de capitaux dédiés au commerce freine fortement la croissance industrielle et la transformation économique en Afrique. Selon Afreximbank, le continent fait face à un déficit annuel d’environ 100 milliards de dollars pour financer les échanges commerciaux. Ce manque se traduit par des ruptures d’approvisionnement, des coûts d’importation élevés et une dépendance prolongée aux chaînes externes, pénalisant les PME et les projets d’industrialisation.

Une approche nouvelle : soutenir l’intermédiaire local


Plutôt que de concentrer l’effort sur des prêts directs aux grandes entreprises ou sur des opérations internationales déjà bien couvertes, le nouveau programme de 150 millions de dollars — lancé par British International Investment (BII) et Deutsche Bank — cible les banques locales et leur capacité à desserrer le frein du crédit commercial. Le mécanisme repose sur le partage des risques : en offrant des garanties et des facilités, il permet aux établissements bancaires africains d’accroître leurs lignes de crédit dédiées aux opérations d’import-export et d’ouvrir davantage de prêts aux entreprises clientes.

Ce choix est pertinent parce qu′il a un effet multiplicateur : en renforçant les banques locales, de plus petits volumes de capitaux externes peuvent générer un effet de levier significatif dans l’économie réelle. En outre, il cible des niches mal desservies : les marchés jugés « risqués » attirent peu d’investisseurs internationaux ; un soutien ciblé permet de rétablir l’accès au financement pour des secteurs clés (matières premières, équipement industriel, intrants agricoles) et est au−dessus de la résilience des chaînes locales : un meilleur financement commercial réduit les ruptures et encourage l’intégration d’activités de transformation sur le continent, favorisant création d’emplois et valeur ajoutée locale.

Zones prioritaires et impact attendu


Le programme vise en priorité des économies comme la Zambie, l’Éthiopie et le Rwanda — pays où les besoins en importation d’équipements et en financement des intrants industriels sont importants pour développer les capacités productives. Grâce à l’amélioration des garanties et des capacités de prêt des banques locales, on peut s’attendre à : une augmentation des crédits à l’importation d’équipements industriels et de matières premières ; un soutien accru aux PME exportatrices et importatrices et un renforcement des chaînes de valeur régionales, avec des retombées sur l’emploi et la formation technique.
Pour Deutsche Bank, le partenariat renforce « la capacité de partage des risques » et exploite une plateforme mondiale pour diriger des flux vers l’Afrique. De leur côté, les responsables de BII insistent sur le rôle du financement du commerce comme levier pour construire un écosystème économique plus résilient et inclusif sur le continent. En pratique, cela signifie opérer au plus près des besoins bancaires locaux — garanties, lignes de crédit adossées à des transactions réelles et appui technique aux établissements financiers.
Le dispositif ne résout pas tout : 150 millions de dollars couvrent une portion marginale du déficit global. Pour maximiser l’effet, il faudra : des standards de gouvernance et de conformité pour réduire les risques réels; un accompagnement technique aux banques locales afin qu’elles gèrent correctement les nouveaux produits et une coordination avec d’autres bailleurs, banques régionales et initiatives publiques pour éviter les doublons et amplifier l’effet levier.

Ce partenariat illustre un changement de focalisation : financer les intermédiaires locaux pour stimuler l’économie réelle, plutôt que d’aligner les capitaux uniquement sur des transactions internationales lourdes. À lui seul, le programme de 150 M$ ne comblera pas le déficit de 100 milliards, mais il peut devenir un modèle reproductible : un instrument de garantie bien conçu peut permettre à des banques nationales d’accorder davantage de crédits, de soutenir la transformation industrielle et d’accélérer les échanges intra-africains. Une brique dans une stratégie plus large.

Secteur bancaire camerounais : Coris Bank International, nouvelle banque 

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Secteur bancaire camerounais : Coris Bank International, nouvelle banque
Coris Bank International (CBI), groupe bancaire originaire du Burkina Faso fondée en 2008 par Idrissa Nassa

Après une première implantation en Afrique centrale, Coris Bank International amorce officiellement des démarches pour s’implanter au Cameroun. Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie régionale facilitée par des réformes réglementaires récentes et par l’intégration aux infrastructures de paiement locales — un pari sur la croissance d’un marché déjà dominant dans la CEMAC.

Coris Bank International (CBI), groupe bancaire originaire du Burkina Faso, accélère son offensive régionale en sollicitant les autorités camerounaises pour ouvrir une filiale sur l’un des marchés les plus convoités d’Afrique centrale. L’initiative intervient alors que la banque, fondée en 2008 par Idrissa Nassa, consolide son maillage territorial après son implantation récente au Tchad.

Plus qu’une simple extension géographique, cette démarche témoigne d’une stratégie structurée : utiliser les nouvelles facilités réglementaires de la Cemac et s’intégrer aux rails de paiement locaux pour capter une clientèle diversifiée — entreprises, particuliers et usagers de la finance mobile. Selon une source au ministère des Finances du Cameroun, la demande d’agrément a été déposée récemment, déclenchant la procédure d’évaluation habituelle impliquant la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac).

La Cobac, qui supervise le secteur bancaire de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et République centrafricaine), reste l’acteur clé : l’avis favorable du ministère camerounais dépend de l’autorisation préalable de cette instance, notamment depuis l’adoption en 2025 de l’agrément unique. Cette réforme permet désormais à un groupe déjà agréé dans un État membre d’ouvrir plus facilement des succursales dans les autres pays de la zone, réduisant les frictions administratives et accélérant les déploiements transfrontaliers. Pour CBI, déjà présent au Tchad, la voie réglementaire est donc plus ouverte.

Autre élément stratégique : l’intégration aux infrastructures de paiement régionales. Des sources indiquent que la maison mère à Ouagadougou a organisé une réunion préparatoire sur l’intégration de la future filiale camerounaise à Gimacpay, la plateforme du Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale. En se connectant à cet écosystème d’interopérabilité — qui relie banques, microfinances et opérateurs de Mobile Money — Coris Bank vise à offrir des services de paiement, de transfert et de retrait instantanés, y compris des transactions transfrontalières et des paiements par QR code entre opérateurs. Cette capacité d’interopérer est aujourd’hui un facteur différenciant majeur pour attirer les clients dans une région où la finance digitale se développe rapidement.

Pourquoi le Cameroun ?

Le pays demeure le pôle bancaire de la CEMAC : il concentre environ 40 % du réseau bancaire régional et capte une part significative des crédits accordés aux acteurs économiques de la sous-région. Avec près de 20 banques à l’actif après l’arrivée éventuelle de CBI, le marché camerounais présente à la fois une forte concurrence et de substantielles opportunités commerciales — d’où l’intérêt pour un acteur ouest-africain cherchant à étendre son empreinte en Afrique centrale.

Les indicateurs macro-bancaires confirment l’attractivité : le résultat net cumulé des établissements actifs au Cameroun a dépassé 200 milliards de FCFA en 2024, traduisant une progression notable sur cinq ans. Toutefois, cette dynamique lucrative coexiste avec des fragilités : le stock de créances douteuses a augmenté de 14,5 % en 2024, rappelant que la croissance des profits masque encore des défis de qualité d’actifs et de gestion des risques.

En misant sur l’agrément unique, l’interopérabilité des paiements et une stratégie de pénétration progressive, Coris Bank International cherche à tirer parti d’un marché dense et numériquement dynamique. Le succès de cette opération dépendra de l’obtention des autorisations réglementaires, mais aussi de sa capacité à se différencier sur un marché déjà concurrentiel — via des offres digitales, des services aux PME et une intégration fluide aux réseaux de paiement régionaux.

Alliance entre UBA et BII : Faire de la logistique financière un moteur de l’intégration africaine

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Alliance entre UBA et BII : Faire de la logistique financière un moteur de l’intégration africaine
Alliance entre UBA et BII : Faire de la logistique financière un moteur de l’intégration africaine

Alors que la Zone de libre‑échange continentale africaine (ZLECAf) promet un vaste marché régional, le véritable obstacle reste l’architecture du financement des chaînes d’approvisionnement. L’alliance naissante entre United Bank for Africa (UBA) et British International Investment (BII) mise sur l’ingénierie financière et le réseau panafricain pour transformer la logistique financière en levier concret d’intégration économique.

L’intégration économique de l’Afrique ne se résume pas à des accords tarifaires : elle exige une logistique financière robuste capable de soutenir les échanges réels entre entreprises. C’est précisément ce défi — et cette opportunité — que cherchent à adresser United Bank for Africa (UBA) et British International Investment (BII) à travers une lettre d’intention destinée à explorer un partenariat sur le financement du commerce en Afrique.

Plutôt que de présenter ce partenariat comme une simple opération de financement, il faut le lire comme une tentative de construire une infrastructure financière panafricaine. UBA UK, la filiale britannique du groupe UBA, entend tirer parti du maillage du groupe sur 20 pays du continent pour détecter, structurer et acheminer des solutions adaptées aux besoins locaux : garanties, facilités de crédit à court terme, préfinancement des exportations, ou encore produits sur mesure pour les PME actives dans les chaînes de valeur régionales.

De son côté, BII apporte ce que les banques commerciales hésitent parfois à offrir : une capacité à prendre des risques mesurés pour soutenir des transactions qui restent hors de portée du marché traditionnel. En soutenant des opérations considérées comme trop risquées, l’institution publique britannique vise à débloquer des projets qui, une fois lancés, peuvent attirer des capitaux privés additionnels et normaliser des segments de marché sous‑financés.

Combler un vide structurel plutôt que seulement injecter des capitaux
La question centrale dépasse le montant global disponible : il s’agit d’adapter les instruments financiers aux réalités opérationnelles africaines — délais de paiement longs, chaînes d’approvisionnement fragmentées, besoin de garanties transfrontalières et de solutions en monnaies locales. Selon la Banque africaine de développement, le déficit de financement du commerce sur le continent dépasse 80 milliards de dollars par an ; simultanément, la CNUCED identifiait un potentiel de marché de dizaines de milliards pour les produits de financement du commerce. L’écart n’est donc pas qu’arithmétique : il est structurel.

En combinant le réseau opérationnel d’UBA et l’appétence de BII pour des interventions catalytiques, le partenariat vise à développer une « logistique financière » capable de : sécuriser les maillons critiques des chaînes d’approvisionnement (stockage, transport, assurance) par des instruments financiers dédiés ; fluidifier le fonds de roulement des PME et des opérateurs transfrontaliers et créer des standards et des cadences de transactions qui réduisent le risque perçu et attirent ensuite les investisseurs privés.

Impact attendu sur la ZLECAf et les marchés frontières


La ZLECAf ne produira ses effets que si les entreprises peuvent convertir des opportunités commerciales en transactions concrètes. Des solutions de financement rapides et adaptées au commerce intra‑africain réduisent les frictions commerciales — coûts de transaction, retards logistiques, recours limité au crédit — et renforcent la participation des petites et moyennes entreprises au commerce régional.

Pour les marchés dits « frontières », où la bancarisation et les infrastructures financières sont plus faibles, l’intervention conjointe d’une banque panafricaine et d’une institution de développement peut servir de démonstrateur : des transactions réussies sur ces marchés peuvent créer des précédents, élaborer des standards et réduire le coût de financement à terme.
Plusieurs éléments détermineront si cette initiative dépassera le stade de déclaration d’intention : adaptation produit‑par‑produit, il ne suffit pas d’appliquer des instruments internationaux, il faut concevoir des produits calibrés sur les cycles d’exploitation locaux ; collaboration avec les acteurs locaux : assureurs, plateformes de paiement, chambres de commerce et autorités réglementaires devront être impliqués pour lever les blocages opérationnels et juridiques ; mobilisation de cofinancements privés : l’effet multiplicateur passera par la capacité à attirer des capitaux privés après une première phase de catalyse ; transparence et gouvernance : assurer des processus clairs pour l’octroi et le suivi des financements afin de limiter la perception de risque et les retards.

Au‑delà des montants promis, l’alliance UBA–BII peut devenir un laboratoire pour repenser la logistique financière africaine. En focalisant l’action sur la structuration de solutions opérationnelles et sur la réduction des frictions transfrontalières, ce partenariat a le potentiel d’accélérer la mise en mouvement des flux commerciaux réels — condition indispensable pour que la ZLECAf ne reste pas un concept, mais devienne un marché intégré et dynamique.

Failles du marché Ouest−africain  La tomate ꓽ entre enjeux du commerce informel et réponses régionales

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Failles du marché Ouest−africain La tomate ꓽ entre enjeux du commerce informel et réponses régionales
La tomate ꓽ entre enjeux du commerce informel et réponses régionales

La suspension des exportations burkinabè de tomates en mars 2026 met en lumière quelque chose de plus vaste qu’une simple mesure nationale : elle souligne la dépendance de l’Afrique de l’Ouest à des flux informels, mal mesurés et mal compris. Au-delà des chiffres officiels, la tomate devient un indicateur des fragilités statistiques, des risques pour la sécurité alimentaire et des opportunités manquées pour bâtir une chaîne de valeur régionale résiliente.


La tomate — produit fragile mais stratégique pour l’alimentation et l’agro-industrie — joue un rôle révélateur dans les échanges intrarégionaux d’Afrique de l’Ouest. Alors que les gouvernements s’efforcent parfois de protéger leurs marchés intérieurs ou de développer la transformation locale, les décisions nationales ont des retombées difficiles à prévoir à cause de l’importance des circuits informels. Comprendre ces flux, d’abord invisibles, est essentiel pour concevoir des politiques économiques, sanitaires et commerciales pertinentes.

L’informalité : un voile sur la réalité du marché


Les statistiques officielles dessinent un panorama apparemment limité des échanges de tomates en Afrique de l’Ouest. Pourtant, des études récentes, notamment le rapport 2025 du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO) de l’OCDE, montrent que l’essentiel du commerce intrarégional s’opère hors des contrôles douaniers : ventes de bord de route, circuits de petits transporteurs, échanges entre commerçants transfrontaliers. Ces flux échappent aux bases de données nationales et faussent la vision des décideurs sur la taille réelle des marchés, les principaux partenaires commerciaux et la dynamique des prix.La décision du Burkina Faso de suspendre l’exportation de tomates fraîches pour sécuriser l’approvisionnement local et stimuler la transformation illustre le problème. Sur le papier, la mesure vise à protéger un secteur national. Dans les faits, elle risque de provoquer des tensions sur les marchés voisins, où approvisionnements et circuits de redistribution reposent sur les volumes informels burkinabè. Sans cartographie précise de ces flux, les autorités régionales ne peuvent anticiper ni atténuer les effets collatéraux sur la disponibilité ni sur les prix.

Chiffres et distorsions : entre statistique officielle et marché réel


Le rapport du CSAO compare données déclarées et estimations non enregistrées et révèle des écarts massifs. Officiellement, seuls quelques pays — Ghana, Côte d’Ivoire, Niger — figurent comme importateurs majeurs pour 30 millions USD annuels. Mais en intégrant le non déclaré, le Nigeria et le Burkina Faso émergent comme acteurs de premier plan. Exemple frappant : le Ghana, qui officiellement aurait importé autour de 1 700 tonnes en 2022, verrait son volume réel approcher 100 000 tonnes selon les réseaux de commerçants. La valeur réelle du marché ghanéen pourrait alors être près de six fois supérieure aux chiffres officiels régionaux cumulés.
Ces écarts ne sont pas des détails : ils biaisent la conception des politiques commerciales, des stratégies d’appui à la transformation agroalimentaire et des dispositifs de sécurité alimentaire. Si les décideurs ignorent l’ampleur des flux non enregistrés, ils risquent de : mal cibler les investissements dans la chaîne logistique et la transformation ; sous-estimer les vulnérabilités en matière d’approvisionnement et de prix et de négliger des partenaires commerciaux clés lors de négociations ou d’actions sanitaires.

Il faut dès lors redessiner les priorités en tenant compte de trois pistes afin de tirer parti de la réalité du marché. Mesurer mieux, agir mieux ce qui veut dire, mettre en place des systèmes de collecte hybrides (statistiques officielles renforcées, enquêtes auprès des acteurs informels, technologies de traçage mobile) pour cartographier les flux réels. Ensuite, la formalisation progressive et inclusive qui signifie encourager la formalisation des petits commerçants par des incitations (accès au crédit, infrastructures de marché, stations de conditionnement) plutôt que par des répressions qui déplacent ou disloquent les circuits. Et enfin, une coopération régionale et des mécanismes d’alerte dans le but d′établir des protocoles d’échange d’information entre administrations et des filets régionaux pour gérer rapidement les chocs d’offre (suspensions, crises climatiques, flambées de prix).
Au lieu de traiter la tomate comme un simple produit agricole national, il serait plus efficace d’en faire un objet de coopération régionale : harmonisation des normes phytosanitaires, centres de transformation régionaux, corridors logistiques pour réduire les pertes et renforcer la valeur ajoutée locale. Cela permettrait de transformer l’informalité d’aujourd’hui en une base de croissance inclusive demain. 
La suspension des exportations burkinabè de tomates n’est pas seulement un acte national : c’est un rappel que la gouvernance des marchés ouest-africains doit prendre en compte les flux informels massifs qui structurent l’économie réelle. Porter un nouveau regard sur la tomate — à la fois indicateur et levier — pourrait aider les décideurs à bâtir des chaînes alimentaires plus transparentes, résilientes et bénéfiques à l’ensemble de la sous-région.

Région de l’Est : Plus de 10milliards de FCFA pour accroitre le développement en 2026

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Région de l’Est : Plus de 10milliards de FCFA pour accroitre le développement en 2026
Région de l’Est : Plus de 10milliards de FCFA pour accroitre le développement en 2026

C’est ce qu’il y avait à retenir de la cérémonie de clôture de la session budgétaire ordinaire du 14 mars 2026 à Bertoua en présence de Grégoire Mvongo, gouverneur de la région de l’Est et du président du Conseil régional, Alphonse Wouamane Mbele.

10 178 767 677 de FCFA, c’est le montant du budget adopté par le Conseil régional de l’Est. Cette enveloppe place l’éducation, la santé et les infrastructures routières au centre des principales préoccupations, a été adopté le 14 mars 2026. En comparaison avec l’exercice 2025, cette enveloppe est le double de celle votée cette année. Ce qui pourrait se comprendre comme étant une réelle volonté du Conseil régional de prendre en main les actions de développement de cette partie du pays.

Et comme il ne s’agira pas de navigation à vue, tout a été compartimenté. 4,53 milliards Fcfa seront directement exécutables par le receveur général du Conseil régional et 5,64 milliards de FCFA seront gérés par les partenaires institutionnels. Soit 3,34 milliards de FCFA pour les investissements et 1,19 milliard de FCFA pour le fonctionnement.

Pour la confection de ce budget, il est attendu de la dotation générale de la décentralisation, des ressources propres de la collectivité, des transferts de l’État, ainsi que des financements complémentaires issus du Fonds routier et du Programme de gouvernance locale et communautés résilientes (Prolog), conformément au Code général des collectivités territoriales décentralisées, la somme de 3 milliards de FCFA.

Ainsi, le ministère des Enseignements secondaires (Minesec) y participera à hauteur de 744,8 millions de FCFA pour la construction et l’équipement d’établissements scolaires. Attendu du ministère des Travaux publics (Mintp) la somme de 300 millions de FCFA. Le Conseil régional bénéficiera également de l’impôt synthétique minier et de divers appuis institutionnels.

Afin que nul n’en ignore,

Alphonse Wouamane Mbele a une fois encore redit sa volonté à axer son mandat sur le développement des infrastructures routières, le développement durable, l’éducation et la santé. « Nous avons voté un budget qui parle aux réalités de nos villages. Quand une route est ouverte, c’est toute l’économie qui respire. Quand une école est construite, c’est l’avenir de nos enfants qui s’éclaire », a indiqué Dr Floribert Mabouli, conseiller régional

Culture financière : Le CNEF Cameroun renseigne sur tout

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Culture financière : Le CNEF Cameroun renseigne sur tout
Culture financière : Le CNEF Cameroun renseigne sur tout

Afin que nul n’en ignore, il a fait confectionner des fiches pédagogiques qui informeraient et faciliteraient la masse clientèle sur ce qu’il y a lieu de faire et/ou de connaitre au sujet de la tarification des services financiers.

La cérémonie de présentation officielle des fiches pédagogiques sur les tarifs et services financiers qui a eu lieu le 12 mars dernier au siège du Conseil Economique et Social à Yaoundé, valait tout son pesant d’or. Car démonstration a été faite de ce que la majorité de la clientèle bancaire au Cameroun ne maitrisait pas grand-chose des services bancaires qu’elle utilise pourtant. Des enquêtes menées ont indiqué que pratiquement tous étaient influencées par les informations communiquées oralement par les employés de banque (84,4 %), les conseils des amis et des membres de la famille travaillant dans des institutions financières (62,3 %) et leur expérience personnelle (54,1 %). Il se passe aussi que 60,5% des clients ouvrent des comptes d’épargne sans au préalable être imprégné des modalités de calcul des intérêts que doivent leur verser par les banques ; 68,1 % ne connaissent pas les services que les banques doivent gratuitement leur fournir. Dans le même temps, 70 % épargnent parallèlement dans les tontines, que 25,8 % choisissent de garder leur argent à la maison ; 15 % épargnent auprès des membres de leur famille. 20,8 % des clients passent en revue toutes les offres des banques mais ne savent pas en fin de compte laquelle retenir. 15,0 % n’analysent aucune offre avant de choisir. Et pour couronner le tout, beaucoup de clients ne connaissent pas les méthodes de calcul des intérêts, tant pour les dépôts que pour les crédits, sans oublier le fait de la mauvaise connaissance par les établissements assujettis et leur clientèle de la réglementation sur les conditions de banque ; le non-respect par les établissements de crédit des obligations d’information de la clientèle sur l’épargne et le crédit.

Au regard de cette situation, le Comité National Economique et Financier (Cnef) chapeauté par Louis Paul Motaze, ministre des finances, a donc jugé important de faire paraitre ces fiches pour davantage édifier la clientèle des services banquiers. En ce sens, Pierre Emmanuel Nka Ayissi, secrétaire général du Cnef, par ailleurs Directeur national de la Beac, a fait savoir qu’il s’agissait de familiariser le grand public avec les services banquiers, notamment en ce qui est des trois principaux services bancaires que sont : L’épargne sur livret, La tarification des incidents de paiement et les obligations d’informations de la clientèle sur les tarifs.

Pour y parvenir, deux axes ont été retenus : « Le sais-tu ? » Axe informationnel qui consiste à parler directement aux cibles prioritaires et le « Sois Wise ! » à travers lequel l’adoption par l’usager des bons réflexes relativement aux services bancaires, est impératif et surtout à éviter à se retrouver dans des situations inconfortables du fait d’une méconnaissance des incidents de paiement. Aux acteurs cibles de s’arrimer.

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