Sunday, May 31, 2026
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Déficit énergétique : L′Afrique mise sur le solaire

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Déficit énergétique : L′Afrique mise sur le solaire
Déficit énergétique : L′Afrique mise sur le solaire

Malgré un ralentissement global, le continent africain connaît une explosion discrète mais durable du solaire : baisse des coûts, montée des importations chinoises, essor des marchés locaux et naissance d’une filière qui crée des emplois au-delà de la seule fabrication. Tour d’horizon des forces qui transforment l’énergie solaire en moteur de développement en Afrique — et des obstacles qui gardent encore une partie du potentiel inexploitée.


En 2025, l’Afrique s’est imposée comme le marché solaire qui croît le plus vite sur la planète. Cette dynamique repose sur une combinaison de facteurs : baisse des prix des panneaux et des batteries, politiques publiques changeantes, investissements massifs issus notamment de Chine, et une demande accrue pour des solutions de remplacement au diesel et aux réseaux instables. Pourtant, une part importante des équipements importés reste à installer, et l’absence de visibilité politique freine encore l’essor à long terme.
La capacité solaire installée sur le continent a progressé de 17 % en 2025, tandis que la capacité solaire mondiale a augmenté de 23 % pour atteindre 618 GW. Depuis 2017, près de 64 GWc d’équipements solaires ont été expédiés en Afrique, mais seulement 23,4 GWc sont aujourd’hui opérationnels. Cette différence souligne l’écart entre commandes/importations et mise en service effective.

La Chine : fournisseur, investisseur et formateur


Les fabricants chinois dominent le flux d’équipements et les chaînes d’approvisionnement qui se déploient en Afrique. Le rôle de la Chine est double : livrer des volumes importants de panneaux et batteries à bas coût, et participer — parfois — au transfert de technologies et de pratiques. Plusieurs acteurs africains réclament cependant davantage de transfert de compétences locales pour réduire la dépendance aux importations.
Autrefois concentrée, la demande s’élargit : l’Afrique du Sud ne représente plus que moins d’un tiers des panneaux importés, alors que 20 pays ont battu leurs records d’importation l’an dernier. Le Nigeria a dépassé l’Égypte comme deuxième importateur, tandis que l’Algérie, la Zambie, le Botswana et d’autres pays affichent des hausses spectaculaires. Au moins 23 pays produisent désormais plus de 5 % de leur électricité grâce au solaire.
La baisse des prix des batteries — de 144 $/kWh en 2023 à 112 $/kWh en 2025 — rend les systèmes de stockage plus accessibles. Combinés aux panneaux moins coûteux, les kits solaires + batteries permettent à des ménages et à des PME de s’affranchir des générateurs diesel et d’obtenir une alimentation continue, améliorant l’activité économique et la qualité de vie.
Des politiques favorables ont déclenché des vagues d’adoption, mais la situation reste hétérogène. Certains pays mettent en place des mesures incitatives et réduisent progressivement les subventions au diesel (ex. Nigeria), ce qui renforce l’attrait du solaire. En revanche, l’imprévisibilité des régimes fiscaux, des droits d’importation et l’absence de stratégies énergétiques claires à long terme pèsent sur la confiance des investisseurs.
La création d’emplois ne se limite pas aux usines : installation, maintenance, distribution, financement et services associés connaissent un boom. Des milliers de PME locales émergent pour fournir des services après-vente, logistiques et financiers, contribuant à une industrialisation plus large du secteur de l’énergie verte.

Mais, en plus de cela, il faut ꓽ des capacités d’absorption, déploiement plus rapide des équipements déjà importés ; le transfert technologique avec le développement d’une industrie locale compétitive au lieu d’un simple rôle d’importateur ; le cadre réglementaire devant résoudre le besoin de feuilles de route stables et prévisibles sur le long terme ; et enfin, le financement et les compétences pour l′accès au crédit et à la formation technique pour professionnaliser les chaînes d’installation et maintenance.
L’Afrique n’est plus seulement un récepteur d’équipements solaires à bas coût : elle est en train de bâtir un écosystème où la demande, l’innovation locale et les services convergent vers une transition énergétique tangible. Pour franchir l’étape suivante — de marché émergent à filière autonome — il faudra transformer les importations en capacités locales, stabiliser les cadres politiques et intensifier le transfert de savoir-faire. Le potentiel est là : il reste à le convertir en croissance inclusive et durable.

Indépendance de la Tunisie : Négociation et aménagement institutionnel s′associent

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Indépendance de la Tunisie : Négociation et aménagement institutionnel s′associent
Le 20 mars 1956 marque l’acte officiel par lequel la France reconnaît la souveraineté tunisienne

Plutôt qu’un récit guerrier, l’indépendance tunisienne s’est dessinée par la négociation et l’aménagement institutionnel. Loin d’un simple départ colonial, la logique qui a conduit de 1881 à 1956 révèle un jeu d’acteurs, d’intérêts économiques et d’ajustements juridiques — un modèle de transition dont les effets se lisent encore aujourd’hui dans les institutions, la langue et les relations internationales de la Tunisie.


Le 20 mars 1956 marque l’acte officiel par lequel la France reconnaît la souveraineté tunisienne. Mais derrière cette date se trouve un long processus de négociations, compromis et transformations institutionnelles. Comprendre l’indépendance tunisienne, ce n’est pas seulement raconter la fin d’un protectorat : c’est analyser comment acteurs locaux et décideurs coloniaux ont négocié une sortie qui préservait des intérêts et créait des ponts durables entre deux sociétés.

Le cadre juridique du protectorat et ses paradoxes


Le protectorat instauré en 1881 par le traité du Bardo installait une relation hybride : le bey restait souverain de nom, tandis que la France contrôlait l’essentiel des prérogatives politiques et économiques. Ce montage juridique a créé une dépendance structurelle, mais aussi des marges de manœuvre internes pour les élites tunisiennes. Avec le temps, ces marges ont servi de base pour des revendications politiques et des stratégies de négociation.
La trajectoire vers l’indépendance ne s’explique pas seulement par l’action d’un seul leader. Pierre Mendès France, alors Premier ministre français, et Habib Bourguiba, figure centrale du nationalisme tunisien, ont joué des rôles complémentaires. À côté d’eux, des acteurs moins visibles — élites administratives, milieux économiques franco-tunisiens, diplomates et institutions internationales — ont pesé sur la teneur et le calendrier des accords. Les mécanismes choisis visaient à limiter les ruptures brusques et à protéger des intérêts économiques et militaires français tout en répondant aux aspirations nationales.
Les conventions de 1955 instaurent une autonomie interne : la Tunisie récupère la gestion de ses affaires intérieures alors que la France conserve les domaines régaliens (défense, affaires étrangères). Plutôt qu’un simple compromis, cette phase a servi de laboratoire institutionnel permettant au futur État tunisien de consolider ses administrations, de légitimer ses dirigeants et de préparer la transition vers la souveraineté pleine et entière.

 Indépendance négociée ou indépendance combattue ?


Comparer les trajectoires tunisienne et algérienne éclaire des logiques différentes de décolonisation. L’Algérie, intégrée juridiquement à la République française et peuplée d’une forte colonie de peuplement, a connu une décolonisation violente (1954–1962). La Tunisie, par contraste, a suivi une voie négociée plus rapide. Ce contraste tient à la configuration démographique, aux intérêts stratégiques et à la volonté politique des gouvernements français successifs — mais aussi à la capacité des élites tunisiennes à exploiter les canaux diplomatiques.
L’indépendance n’a pas effacé les liens avec la France. Sur le plan économique, la France est restée un partenaire clé dans l’industrie et l’énergie ; culturellement, le français a conservé une place importante dans l’enseignement et les médias. Ces héritages, fruits d’un compromis, ont facilité des coopérations mais ont aussi nourrit des tensions — comme la crise de Bizerte (1961) qui a rappelé que la souveraineté restait à consolider.
Les institutions et les équilibres nés de la transition ont traversé des décennies marquées par des régimes autochtones divers. Sous Bourguiba, puis sous Ben Ali, la Tunisie a connu des phases d’autoritarisme et d’ouverture contrôlée. La révolution de 2011, déclenchée par la détresse sociale et symbolisée par l’immolation de Mohamed Bouazizi, a mis en lumière des frustrations anciennes mais aussi la capacité du pays à rechercher, encore une fois, des solutions politiques — cette fois par la démocratie et la refonte constitutionnelle.
La trajectoire tunisienne vers l’indépendance illustre une voie alternative à la rupture armée : la négociation, l’institutionnalisation progressive et la préservation de liens économiques et culturels. Ce modèle a façonné un État capable de transformations rapides — mais aussi d’épreuves. Soixante-dix ans après, les traces de ce choix stratégique restent visibles dans les institutions, la politique étrangère et la société tunisiennes.

Sénégal ꓽ l′homosexualité en question  -La loi resserre l′espace public

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Sénégal ꓽ l′homosexualité en question -La loi resserre l′espace public
Sénégal ꓽ l′homosexualité en question -La loi resserre l′espace public

En adoptant une loi renforçant fortement les sanctions contre les relations homosexuelles, le Sénégal ne signe pas seulement un texte pénal plus sévère : il redessine les rapports entre ordre public, morale religieuse et libertés individuelles. Au-delà des chiffres de peines et d’amendes, cette évolution législative interroge la vie associative, la santé publique, la sécurité juridique et la place du pays dans les relations internationales.

Un texte qui transforme un débat social en droit pénal


Le mercredi 11 mars, l’Assemblée nationale sénégalaise a voté à l’unanimité (135 voix pour, 0 contre, 3 abstentions) une loi portant à cinq‑dix ans les peines encourues pour relations homosexuelles et augmentant sensiblement les amendes. Si le vote intervient après une série d’arrestations très médiatisées, ses effets dépasseront largement la seule répression d’actes privés : il structure désormais la façon dont institutions publiques, organisations civiles et citoyens se positionneront sur des questions de santé, de protection des mineurs, d’expression et de mobilisation.
La loi arrive après plusieurs semaines d’arrestations massives — notamment l’arrestation début février de douze hommes, dont des personnes publiques — et de discours publics stigmatisants. Les autorités ont justifié l’intervention policière par des accusations allant jusqu’à la transmission volontaire du VIH, ce qui a enflammé les débats et alimenté une rhétorique sécuritaire et morale. Les organisations de défense des droits humains ont dénoncé ces pratiques et alerté sur les dérives judiciaires et les risques de violences extrajudiciaires.

Ce que change la loi : peines, amendes et périmètre des infractions, c’est ꓽ l′augmentation des peines de prison : le nouveau barème porte la peine de cinq à dix ans d’emprisonnement pour des relations entre personnes de même sexe, avec la peine maximale lorsqu’un mineur est impliqué ; l′alourdissement des amendes : les sanctions pécuniaires passent à 2–10 millions de francs CFA (≈ 3 000–15 000 €), contre des barèmes antérieurs bien inférieurs ; l′extension aux « promotions » et à la communication : le texte prévoit des sanctions pour la promotion de l’homosexualité, ce qui peut affecter ONG, journalistes, artistes et réseaux sociaux ; et les mesures contre les dénonciations abusives : la loi introduit aussi des sanctions contre les accusations mensongères faites de mauvaise foi, une disposition visant à limiter les instrumentalisations des plaintes — mais dont l’application pratique reste à observer.

Les impacts attendus sur la société civile et la santé publique sont multiples ꓽ les associations et acteurs de la santé en première ligne : la menace de poursuites pour « promotion » risque d’intimider les ONG qui offrent prévention du VIH, conseils, ou simplement soutien aux personnes LGBT+. Cela pourrait pousser des services essentiels à la clandestinité et aggraver des problèmes de santé publique ; l′effet dissuasif sur les dénonciations et sur le recours à la justice : la crainte d’arrestation ou de stigmatisation réduit la confiance dans les institutions et dissuadera des victimes ou des personnes vulnérables à chercher aide ou protection et le recul des libertés d’expression et de réunion : artistes, médias et collectifs risquent l’auto‑censure, et des manifestations ou campagnes publiques de solidarité pourraient être qualifiées de « promotion ».

Conséquences juridiques et diplomatiques

La tension entre droit interne et normes internationales : plusieurs traités et recommandations internationales insistent sur la protection des droits fondamentaux et la non‑discrimination. Le durcissement sénégalais augmentera les pressions diplomatiques et les critiques d’organisations internationales. Puis l′insécurité juridique : la définition de la « promotion » ou de la « dénonciation abusive » laisse une large marge d’interprétation, augmentant le risque d’arrestations arbitraires et d’inégalités dans l’application de la loi. Et le signal politique régional : en durcissant le cadre pénal, le Sénégal se rapproche des pratiques répressives observées dans d’autres États africains, ce qui peut influencer des jeux d’alliance interne et régionale.

Les défenseurs du texte invoquent la sauvegarde des « valeurs » nationales et la protection des mineurs, tout en présentant la loi comme une réponse aux attentes d’une opinion publique majoritairement conservatrice. Les opposants — partis politiques, ONG et diplomates — dénoncent un recul des libertés et un risque d’instrumentalisation politique. Le débat révèle aussi une fracture entre visions pluralistes et visions communautaires de la société.

En perspectives, la mise en œuvre, les recours et les surveillances dans la promulgation et l′application : le texte doit encore être promulgué par le président. Son application effective dépendra des forces de police, des procureurs et des juridictions. Quant aux voies de recours : des organisations nationales et internationales pourraient saisir des instances régionales (ex. Commission africaine des droits de l’homme) ou des tribunaux internationaux selon les cas. Mais il y a aussi la vigilance et la documentation : la documentation indépendante des arrestations et des procès sera cruciale pour évaluer les dérives et mobiliser des soutiens nationaux et internationaux.
La nouvelle loi sénégalaise n’est pas seulement un ajustement pénal : elle transforme le climat social et les conditions d’exercice des droits individuels et collectifs. Ses répercussions se joueront dans les hôpitaux, les tribunaux, les salles de rédaction et les salons familiaux. La dispute autour de ce texte est, en filigrane, une dispute sur l’ordre social que la nation souhaite défendre et sur la façon dont elle conçoit la coexistence entre traditions, religions et droits universels.

Afrique ꓽ Affaire Bolloré de corruption -Procès prévu en décembre 2026

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Afrique ꓽ Affaire Bolloré de corruption -Procès prévu en décembre 2026
Vincent Bolloré

Après plus d’une décennie d’enquêtes et de procédures, le dossier dit des « ports africains » revient au premier plan : Vincent Bolloré doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris en décembre 2026, poursuivi pour des faits de corruption et de complicité d’abus de confiance liés aux campagnes présidentielles de 2010 au Togo et en Guinée. Ce renvoi à jugement relance le débat sur les relations entre entreprises françaises et États africains et interroge la place des pratiques commerciales transnationales.

Une affaire qui reflète des enjeux plus larges


L’annonce de la date d’audience — du 7 au 17 décembre 2026 — met un terme provisoire à une longue série d’investigations qui ont suivi des soupçons d’échanges d’avantages entre le groupe Bolloré et des dirigeants africains. Au-delà de la personnalité en cause, l’affaire soulève des questions structurelles sur le fonctionnement des relations public-privé, la transparence des marchés portuaires et les mécanismes d’influence pendant les campagnes électorales.
Les magistrats reprochent au milliardaire d’avoir profité, via sa filiale publicitaire (Euro RSCG devenue Havas), de prestations pour les campagnes de 2010 — notamment celle de Faure Gnassingbé au Togo et celle d’Alpha Condé en Guinée — facturées à des tarifs considérés comme inférieurs au prix du marché. En retour, les autorités togolaises auraient facilité l’obtention ou la prolongation d’avantages portuaires et fiscaux au profit du groupe, notamment pour l’exploitation du port de Lomé.
Saisi depuis 2013, le parquet national financier a renvoyé Vincent Bolloré devant le tribunal correctionnel pour corruption d’agent public et pour complicité d’abus de confiance au Togo et en Guinée. L’homme d’affaires, mis en examen en 2018, devra répondre en personne des liens entre les prestations fournies par Havas et les conventions portuaires ou avantages fiscaux octroyés ensuite. L’audience de décembre constituera un moment clé pour éclaircir la chronologie et la responsabilité effective des différents acteurs impliqués.

Pays concernés et retombées économiques


L’affaire dépasse le simple cadre judiciaire : elle interroge la gouvernance des infrastructures portuaires en Afrique, secteur stratégique pour le commerce régional et international. L’attribution ou l’extension de concessions portuaires a un impact direct sur les recettes publiques, la compétitivité des ports et les relations avec les investisseurs étrangers. L’examen des avantages accordés au groupe Bolloré servira à mesurer l’équilibre — ou le déséquilibre — entre intérêts privés et bénéfices publics.
En 2021, une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) avait permis à Vincent Bolloré et à deux cadres du groupe d’admettre des faits et d’accepter une amende (375 000 €) pour clore rapidement la procédure. Ce recours à une sanction pénale négociée illustre la tentation des entreprises et de leur encadrement juridique de limiter les risques d’un procès long et médiatisé — la décision de renvoyer le dossier devant un tribunal montre toutefois que les juges ont estimé qu’un examen complet restait nécessaire.
L’affaire alimente le débat sur l’éthique des relations commerciales internationales : quelles garanties pour éviter que des prestations de communication ne servent de contrepartie à des concessions économiques ? Comment les États et les institutions financières contrôlent-ils la transparence des contrats publics ? Enfin, quel rôle jouent les autorités judiciaires françaises lorsqu’il s’agit d’opérations menées à l’étranger mais impliquant des entreprises françaises Les éléments clés attendus pendant l’audience sont : la nature et la valeur réelle des prestations fournies par Havas pendant les campagnes de 2010 ; la chronologie des décisions administratives et contractuelles concernant les ports et les avantages fiscaux ; les liens éventuels entre les dirigeants des États concernés et les représentants du groupe et les témoignages d’experts en marchés publics, communications politiques et gestion portuaire.

Le procès de décembre 2026 ne concerne pas seulement Vincent Bolloré : il constitue une opportunité pour interroger et renforcer les garde-fous autour des relations entre grandes entreprises et États, en particulier dans des secteurs sensibles comme les ports. Au terme de cette affaire, les décisions judiciaires et les débats publics qui s’ensuivront pourront influencer la manière dont sont négociées et contrôlées les concessions stratégiques à l’avenir.

Bafoussam relance la filière café :La transformation locale au menu 

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Bafoussam relance la filière café :La transformation locale au menu
Bafoussam relance la filière café :La transformation locale au menu

À Bafoussam, l’Union centrale des coopératives agricoles de l’Ouest (UCCAO) inaugure une unité de transformation moderne de café — un projet à capitaux mixtes pensé pour ajouter de la valeur sur place, créer des emplois et soutenir la redynamisation d’une filière longtemps affaiblie.

Une nouvelle étape dans la chaîne caféière camerounaise s’est jouée à Bafoussam le 12 mars : l’UCCAO a officiellement lancé une usine de torréfaction et de transformation du café financée par un partenariat public‑privé. L’objectif affiché n’est pas seulement d’augmenter les volumes transformés localement, mais aussi de structurer des débouchés stables pour les producteurs et de remonter la valeur ajoutée sur le territoire.

Un investissement stratégique et son montage financier


L’équipement, évalué à 1,05 milliard FCFA, a été financé pour 700 millions par l’État et 350 millions par l’UCCAO. Ce montage traduit la volonté des autorités et des acteurs locaux de conjuguer moyens publics et dynamique coopérative pour relancer une production qui a souffert des changements de régime de marché et du manque d’investissements ces dernières années.
Conçue pour traiter à la fois les arabicas et robustas, l’usine a une capacité opérationnelle de 6 tonnes toutes les huit heures. Elle couvre l’ensemble des étapes — décorticage, tri, calibrage, torréfaction et ensachage — grâce à une automatisation poussée. Cette intégration verticale doit permettre non seulement d’améliorer la constance qualitative des lots, mais aussi de réduire les pertes post‑récolte et d’optimiser les coûts de transformation.

 Le ministre de l’Agriculture, présent lors de l’inauguration, a insisté sur les effets attendus en termes d’emplois directs et indirects et sur l’impact positif pour les producteurs de l’Ouest. Au‑delà des chiffres, l’usine représente une pièce essentielle pour la structuration des circuits d’achat et de commercialisation : en assurant un débouché local fiable, elle incite les agriculteurs à investir davantage dans la qualité et la productivité.

Vers la diversification : du café moulu au café instantané


L’UCCAO et les pouvoirs publics n’entendent pas s’arrêter à la torréfaction. Une chaîne dédiée à la production de café instantané est annoncée pour compléter le dispositif. Cette diversification vise une stratégie d’import‑substitution qui pourrait réduire la dépendance aux produits finis importés et stimuler la consommation intérieure, tout en ouvrant des marchés supplémentaires pour les transformateurs locaux.
Parallèlement aux enjeux économiques, la préservation de la qualité du café camerounais reste un enjeu central. En consolidant des standards de transformation et de conditionnement, l’UCCAO cherche à maintenir et promouvoir la réputation de certains terroirs camerounais sur les marchés internationaux — un facteur essentiel pour capter des prix supérieurs et stabiliser les revenus des producteurs.
Après des années de recul, la production nationale montre des signes de reprise : en 2025, les volumes commercialisés ont atteint 11 637 tonnes, soit une hausse de 10 % et une valeur rapportée de 3,5 milliards FCFA. Cette dynamique est principalement tirée par le robusta, segment sur lequel le pays cherche à renforcer sa compétitivité. L’arrivée d’unités de transformation comme celle de Bafoussam devrait contribuer à amplifier cette reprise.
L’inauguration de l’unité de transformation de l’UCCAO marque une étape pratique et symbolique pour la filière café au Cameroun : c’est un pari sur la transformation locale, la création d’emplois et la montée en gamme des produits. Si la coopérative parvient à articuler approvisionnement fiable, respect des normes de qualité et accès aux marchés, ce type d’investissements peut contribuer durablement à redonner vigueur à la filière.

Douala ꓽ gouvernance de l′assainissement   -Ngombè, nouvelle station de gestion professionnelle des boues de vidange

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Douala ꓽ gouvernance de l′assainissement -Ngombè, nouvelle station de gestion professionnelle des boues de vidange
la station de traitement des boues de vidange (STBV) de Ngombè

La mise en service de la station de traitement des boues de vidange (STBV) de Ngombè marque un tournant pour Douala : après des décennies d’évacuation informelle, la ville franchit une étape vers la professionnalisation et la valorisation des boues. L’affermage confié au groupement Rocoby Gie soulève cependant des questions sur l’équité des tarifs et l’inclusion des vidangeurs de terrain.

Un nouveau modèle d’exploitation pour la filière boues de vidange


À compter du 20 mars 2026, la gestion opérationnelle de la STBV de Ngombè (5e arrondissement de Douala) bascule vers Rocoby Gie, un groupement d’intérêt économique camerounais spécialisé dans l’assainissement. Sélectionné à l’issue d’un appel d’offres, Rocoby Gie signera un contrat d’affermage d’une durée initiale de trois ans, avec possibilité de renouvellement. Le montant du marché n’a pas été rendu public.
L’entrée en activité de Ngombè sonne la fin programmée du lit filtrant de Youpwè, site de vidange utilisé pendant des décennies et fortement critiqué pour ses impacts sanitaires et environnementaux. L’annonce officielle a été faite le 17 mars 2026 par Gérémie Sollè, premier adjoint au maire de Douala, lors d’une réunion entre la municipalité, l’exploitant et les vidangeurs.

Tarification, tensions et période de transition


Pour faciliter la transition, Rocoby Gie accordera un mois de dépotage gratuit aux vidangeurs de Douala afin de tester l’installation et d’ajuster les procédures. À l’issue de cette période, le tarif de traitement appliqué sera de 400 FCFA par m3 de boue — soit au minimum 6 000 FCFA par camion — contre 1 500 FCFA pratiqués auparavant à Youpwè. Ce renchérissement, jugé élevé par les vidangeurs, a poussé la Communauté urbaine de Douala, Rocoby et les représentants des vidangeurs à s’engager à rechercher un « juste prix » conciliant accessibilité et viabilité économique pour l’exploitant.

Financée par un prêt de la Banque mondiale d’environ 8 milliards FCFA, la STBV de Ngombè s’étend sur 10 hectares et a été construite en 24 mois par China First Highway Engineering Co. (CFHEC). L’infrastructure vise non seulement le traitement sécurisé des boues, mais aussi leur valorisation : la transformation en compost fera partie des débouchés envisagés, contribuant à une économie circulaire locale.
Une étude de GFA Consulting (groupe GMBH) indique que Douala génère environ 1 000 tonnes de boues de vidange par an. Aujourd’hui, moins de 20 % de ce volume est traité officiellement, principalement par des opérateurs privés. Une large part — approximativement 84 % selon l’étude citée — continue d’être déversée illégalement, notamment dans la zone du Bois des Singes à Youpwè, créant des risques sanitaires et environnementaux importants.

La station de Ngombè doit réduire les déversements clandestins et améliorer la gestion des boues, mais son succès dépendra de plusieurs facteurs : l’acceptation des nouveaux tarifs par les vidangeurs et, indirectement, par les ménages et entreprises clients ; la capacité de Rocoby Gie à mettre en place une chaîne logistique efficace (routage, dépôts, contrôle qualité) ; l’intégration des vidangeurs informels dans la filière formelle, via formation, incitations et modalités tarifaires adaptées et le développement des débouchés pour le compost produit afin d’assurer la durabilité financière de l’unité.
La STBV de Ngombè s’inscrit dans un dispositif plus vaste : un projet connexe de traitement des déchets solides est prévu sur 60 hectares, dont les études sont déjà réalisées. L’articulation entre traitement des boues et gestion des déchets solides pourrait ouvrir des synergies (énergie, compost, création d’emplois), à condition d’une planification intersectorielle et d’un financement pérenne.
La prise en charge de la STBV de Ngombè par Rocoby Gie représente une opportunité pour Douala de moderniser une filière longtemps laissée au secteur informel. Toutefois, la réussite de cette transition dépendra de l’équilibre trouvé entre coût de service, inclusion des acteurs locaux et valorisation des sous-produits. Sans une politique tarifaire et sociale bien pensée, la nouvelle station risque d’augmenter les coûts pour les utilisateurs tout en laissant persister les pratiques illégales.

Cameroun ꓽ Banques et politiques publiques   -Le secteur privé, catalyseur du développement

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Cameroun ꓽ Banques et politiques publiques -Le secteur privé, catalyseur du développement
Access Bank Cameroon

Face aux besoins de financement et aux réformes structurelles de la Stratégie Nationale de Développement 2030, les échanges récents entre Access Bank Cameroon et les ministères en charge de l’économie et des finances illustrent une évolution clé : les banques commerciales ne se contentent plus d’assurer des services financiers, elles coconstruisent des solutions publiques-privées pour accélérer les projets d’infrastructures, l’inclusion financière et la résilience macroéconomique.

Un partenariat qui dépasse la relation client‑État


Les récentes rencontres entre Access Bank Cameroon et les ministères camerounais (MINEPAT et MINFI) marquent une tendance croissante : la transformation du rôle des banques commerciales en véritables partenaires stratégiques des politiques publiques. La délégation d’Access Bank, conduite par Seyi Kumapayi et composée de responsables exécutifs de la filiale locale, a présenté des offres concrètes — financement, gestion de liquidités, solutions numériques — qui vont au‑delà des interactions classiques entre le secteur financier et l’État.
Lors des échanges avec le ministère des Finances, la banque a mis en avant son rôle dans la stabilité budgétaire via des investissements en titres publics et la capacité à fournir des liquidités en devises. Ces leviers permettent au gouvernement d’atténuer les tensions de trésorerie, de sécuriser les paiements et de faciliter les importations essentielles pour la production nationale. L’État, de son côté, y voit un appui utile pour maintenir la confiance des marchés et poursuivre les réformes.

Financer l’avenir : infrastructures, énergie et projets structurants


Access Bank a proposé des solutions de mobilisation de capitaux pour des projets d’infrastructures et d’énergie, y compris via des montages syndiqués et des partenariats avec des institutions internationales. Ce positionnement correspond à un besoin crucial du Cameroun : transformer les plans sectoriels en projets bancables capables d’attirer des investisseurs privés et étrangers. La banque se propose aussi comme intermédiaire pour structurer ces opérations et réduire le risque perçu par les partenaires financiers.
Un autre axe évoqué est l’apport technologique — plateformes de collecte, systèmes de paiement et solutions digitales destinées aux opérations publiques. En modernisant les canaux de recette et les systèmes de paiement, l’État peut améliorer la transparence, réduire les coûts de transaction et élargir l’accès aux services publics, tandis que la banque crée des synergies entre innovation et service public.
Lors de la réunion avec le MINEPAT, les échanges ont été orientés vers la Stratégie Nationale de Développement 2030. Access Bank a ciblé des secteurs prioritaires : infrastructures, agriculture, mines et énergie. L’approche proposée combine mobilisation de financements, assistance technique et partenariats de co‑financement, soulignant la nécessité d’un calibrage des projets pour les rendre attrayants aux yeux des bailleurs internationaux et des investisseurs privés.
La banque a rappelé son focus sur les PME, les entrepreneuses et les jeunes innovateurs. En ciblant ces segments, les financements et les programmes d’accompagnement contribuent non seulement à la croissance, mais aussi à l’emploi et à la réduction des inégalités territoriales. L’inclusion financière est identifiée comme un vecteur clé pour amplifier les retombées économiques locales et intégrer davantage d’acteurs au circuit formel.

Les ministres présents ont salué la qualité du dialogue et la robustesse institutionnelle d’Access Bank. Pour le Gouvernement, consolider des partenariats avec des institutions financières stables est essentiel pour sécuriser l’exécution des politiques publiques. Pour la banque, travailler étroitement avec l’État permet de mieux calibrer des produits financiers répondant aux contraintes et aux priorités nationales.

Ces rencontres montrent que les grandes banques multifonctions comme Access Bank peuvent jouer un rôle de catalyseur dans le passage des stratégies nationales aux réalisations concrètes. Le défi pour l’avenir sera d’opérationnaliser ces intentions : concevoir des projets bancables, assurer la transparence des mécanismes de financement, et promouvoir des modèles de gouvernance qui alignent intérêts publics et privés pour un développement durable et inclusif.

Secteur bancaire africain : Afreximbank met en scène ses impacts

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Secteur bancaire africain : Afreximbank met en scène ses impacts
Secteur bancaire africain : Afreximbank met en scène ses impacts

Plutôt que de vanter des chiffres, la saison 2 d’Impact Stories choisit de montrer comment le financement et les partenariats transforment des vies, des villes et des filières — du cacao ghanéen aux plages de la Caraïbe — en plaçant les entrepreneurs et les communautés au cœur du récit.


Afreximbank dévoile la deuxième saison d’Impact Stories, une série documentaire produite avec Create, le studio de CNN International Commercial. Composée de six épisodes, la saison illustre concrètement la manière dont les interventions financières et les alliances stratégiques impulsent des mutations économiques et sociales en Afrique et dans les Caraïbes. L’objectif : déplacer le regard des seuls investissements vers leurs retombées humaines et systémiques.

Une narration centrée sur les acteurs locaux


Plutôt que de rester sur un discours institutionnel, la série met en avant les entrepreneurs, les techniciens et les communautés qui rendent possibles les projets. Chaque épisode suit des femmes et des hommes dont les activités — qu’il s’agisse d’une raffinerie, d’une start-up agroalimentaire ou d’un hôtel en expansion — révèlent les effets domino du financement sur l’emploi, l’expertise et les chaînes de valeur.

Parcours géographique : Afrique et Caraïbes en mouvement


La réalisation itinérante conduit le spectateur à travers plusieurs sites emblématiques:

  • Nigeria : immersion à Lagos autour de la raffinerie Dangote et focus sur Aba où le projet Geometric Power tente de combler le déficit énergétique local.
  • Ghana : visite d’entreprises axées sur la transformation du cacao — Plot Enterprise — et portrait de Boyedoe, marque textile ghanéenne ambitieuse née en 2020.
  • Côte d’Ivoire : reportage sur la réhabilitation du stade Félix Houphouët-Boigny, exemple d’infrastructure sportive au service du développement urbain.
  • Caraïbes (Grenade) : suivi de l’extension du Silversands Resort, illustration d’un projet touristique ayant des retombées économiques locales.

La saison explore aussi des thèmes transversaux : renforcement des capacités, création de chaînes de valeur régionales, promotion de l’entrepreneuriat et rôle de l’économie créative comme moteur d’identité culturelle et de croissance. Ces angles éclairent comment des financements ciblés peuvent servir des politiques de transformation et favoriser une intégration économique durable.

Un message institutionnel repensé en histoires concrètes


Selon Anne Ezeh, directrice de la communication d’Afreximbank, ces films cherchent moins à cataloguer des opérations qu’à raconter la façon dont partenariats et investissements contribuent à l’indépendance économique. La série illustre la volonté de l’institution d’accompagner, par des financements et des projets, des parcours de transformation locaux.

Impact Stories saison 2 s’adresse à un double public : les acteurs économiques (investisseurs, entrepreneurs, décideurs) et le grand public. En traduisant les enjeux financiers en récits humains, la série facilite la compréhension des dynamiques de développement et peut inspirer de nouvelles collaborations publiques et privées.

En prenant le parti du terrain et des personnes, Afreximbank offre une lecture renouvelée de son action : plus qu’un bailleur, un catalyseur qui finance des trajectoires. La saison 2 d’Impact Stories montre que l’efficacité d’un projet se mesure autant à l’amélioration des conditions locales qu’aux bilans financiers.

Richesse africaine : De plus en plus de milliardaires, l′envers du décor

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Richesse africaine : De plus en plus de milliardaires, l′envers du décor
Aliko Dangote reste l’homme le plus riche d’Afrique pour la 15e année consécutive (28,5 milliards USD)

Le dernier classement Forbes 2026 révèle plus qu’un simple palmarès de fortunes : il illustre la résilience des économies africaines face aux chocs, la concentration des gains dans quelques secteurs clés (ciment, énergie, télécoms, luxe) et les opportunités — mais aussi les fragilités — d’un continent en pleine recomposition financière. Analyse des tendances qui expliquent l’essor du club des milliardaires africains et les implications pour la croissance inclusive.

Un club qui s’agrandit — chiffres clés et tendances


Le nombre de milliardaires répertoriés par Forbes sur le continent est passé de 22 à 23 entre mars 2025 et mars 2026. Plus significatif encore : la richesse collective a bondi de 21 %, pour atteindre un record de 126,7 milliards de dollars (+20,3 milliards USD). Ce mouvement s’explique surtout par la reprise des marchés boursiers africains et par une stabilisation des monnaies locales, qui ont limité l’érosion des patrimoines en dollars.
Le classement met en lumière la part disproportionnée des secteurs industriels traditionnels et des infrastructures dans la création de valeur. Le cimentier Dangote et sa raffinerie, les groupes pétroliers et les acteurs des télécoms figurent parmi les principaux moteurs de richesse. Les valeurs industrielles et les entreprises liées aux matières premières ont largement bénéficié du redressement des cours locaux et d’une demande domestique soutenue.
Aliko Dangote reste l’homme le plus riche d’Afrique pour la 15e année consécutive (28,5 milliards USD), soutenu par la forte progression du cours de Dangote Cement (+69 % sur la Bourse de Lagos depuis mars 2025) et la montée en puissance de sa méga-raffinerie. Parmi les progressions marquantes, Abdulsamad Rabiu (BUA Group) voit sa fortune grimper de 120 % pour atteindre 11,2 milliards USD. Johann Rupert, dans le luxe, consolide la deuxième place (16,1 milliards USD).

Répartition géographique et concentration


La richesse est concentrée dans quelques pays : l’Afrique du Sud (7 milliardaires), l’Égypte (6) et le Nigeria (4) rassemblent la majorité des fortunes. Le Maroc compte trois milliardaires, tandis que l’Algérie, la Tanzanie et le Zimbabwe en comptent un chacun. Cette répartition reflète des marchés domestiques relativement matures, des bourses actives et des secteurs d’exportation puissants.
Quatre milliardaires ont vu leur fortune diminuer par rapport à 2025, dont Anas Sefrioui (Maroc) et Femi Otedola (Nigeria). Ces déclins rappellent que, malgré la reprise globale, certaines branches (immobilier, énergies sensibles aux prix) restent exposées aux cycles et aux régulations nationales.
Forbes ne retient que les personnes dont la résidence ou l’activité principale est en Afrique, ce qui exclut des figures célèbres travaillant principalement hors continent (par ex. Mo Ibrahim ou Nathan Kirsh). Strive Masiyiwa figure malgré sa résidence à Londres grâce à ses investissements majeurs en télécoms en Afrique — un rappel que le lien économique prime parfois sur le lieu de résidence.

Les principaux indicateurs de cette situation sont ꓽ un signal positif, une concentration sectorielle, un défi social et une opportunité d’investissement.

Le signal positif vient de la hausse des cours boursiers et la stabilisation monétaire indiquent une confiance retrouvée des investisseurs et un cycle de redressement.

La concentration sectorielle réside dans la création de richesse qui reste fortement liée aux infrastructures, aux ressources naturelles et aux télécoms — secteurs indispensables mais vulnérables aux chocs externes.

Quant au défi social, il concerne la croissance des fortunes qui soulève la question de l’inclusion. La multiplication des milliardaires ne garantit pas une amélioration automatique de la redistribution, des services publics ou des revenus moyens.

Et l′opportunité d’investissement grâce à la performance des groupes locaux qui ouvre des pistes pour le développement de marchés financiers africains plus profonds, si les régulations et la gouvernance progressent.
La lecture du palmarès invite à penser la richesse au-delà des chiffres : encourager la diversification économique, renforcer les chaînes de valeur locales, promouvoir la transparence et favoriser des politiques publiques qui transforment la croissance de quelques-uns en bénéfices partagés. Les succès des entrepreneurs africains montrent qu’il existe un terrain propice à l’investissement ; la prochaine étape est de convertir ces gains privés en leviers d’un développement plus large.

Le top 10 Forbes Africa 2026 (valeurs en milliards USD)

  1. Aliko Dangote — 28,5 (Nigeria)
  2. Johann Rupert — 16,1 (Afrique du Sud)
  3. Abdulsamad Rabiu — 11,2 (Nigeria)
  4. Nicky Oppenheimer — 10,6 (Afrique du Sud)
  5. Nassef Sawiris — 9,6 (Égypte)
  6. Mike Adenuga — 6,5 (Nigeria)
  7. Naguib Sawiris — 5,6 (Égypte)
  8. Patrice Motsepe — 4,3 (Afrique du Sud)
  9. Mohamed Mansour — 4,0 (Égypte)
  10. Michiel Le Roux — 3,8 (Afrique du Sud)

Cameroun ꓽ Relance du tourisme  -Destinations locales et attractivité internationale au menu

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Cameroun ꓽ Relance du tourisme -Destinations locales et attractivité internationale au menu
Cameroun ꓽ Relance du tourisme -Destinations locales et attractivité internationale au menu


Face à la nécessité de diversifier son économie, le Cameroun place en 2026 un pari stratégique sur le tourisme en dédiant plus de 10 milliards FCFA à un plan axé sur la montée en gamme des offres locales, la promotion ciblée des territoires et l’accueil des visiteurs étrangers. Au-delà du montant, l’enjeu est d’articuler infrastructures, marketing territorial et gouvernance pour transformer le potentiel naturel et culturel du pays en retombées économiques durables.


Le gouvernement camerounais a officiellement lancé le budget 2026 destiné au secteur touristique : 10,391 milliards FCFA (≈ 18,3 millions USD). Présenté à Yaoundé par le ministre du Tourisme et des Loisirs par intérim, Gabriel Mbairobe, le plan vise moins à distribuer des subventions ponctuelles qu’à structurer l’offre, améliorer la visibilité des destinations et professionnaliser les acteurs locaux pour générer de l’emploi et de la valeur ajoutée.

Une répartition budgétaire pensée pour l’effet « levier » local et international


Le détail de l’enveloppe montre une volonté de cibler à la fois la demande intérieure et l’attractivité externe. 4,654 milliards FCFA sont dédiés à la promotion du tourisme intérieur — une approche pour stimuler la fréquentation des sites existants et consolider une clientèle nationale. 3,2 milliards FCFA sont orientés vers le tourisme réceptif, afin d’accroître l’attraction des visiteurs internationaux par des campagnes et des actions ciblées. Ces deux volets sont censés se compléter : une offre domestique renforcée sert de vitrine et d’argument pour séduire les marchés étrangers.
Le budget prévoit aussi des transferts directs aux collectivités : 1,2 milliard FCFA pour les communes et 300 millions FCFA pour les régions. L’objectif est clair : rapprocher la promotion touristique des réalités locales, soutenir des initiatives de marketing territorial, améliorer la signalétique, la gestion des sites et les petites infrastructures d’accueil. Cette logique de décentralisation vise à rendre les retombées économiques plus visibles au niveau local et à encourager l’émergence d’entrepreneurs touristiques.

Moderniser les infrastructures et professionnaliser les acteurs


Au-delà des campagnes de promotion, une part des crédits servira à moderniser les infrastructures (accès, équipements d’accueil, services connexes) et à renforcer les compétences des opérateurs — guides, hôteliers, responsables d’offres culturelles et patrimoniales. La professionnalisation est présentée comme une condition nécessaire pour convertir la hausse de fréquentation en revenus durables et satisfaisants pour les visiteurs.

Le ministre par intérim a insisté sur la rigueur dans l’exécution du budget. Face aux attentes économiques et sociales, l’administration doit assurer une gestion transparente et responsable des fonds. Pour donner de la vitesse au dispositif, tous les marchés publics liés au programme doivent être lancés avant avril, a-t-il indiqué, mettant l’accent sur l’efficacité et la redevabilité des acteurs publics et partenaires.
Le plan 2026 s’inscrit dans la stratégie nationale de diversification économique et de promotion des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre. En ciblant les infrastructures, la promotion et la capacité des territoires à accueillir, le gouvernement espère transformer le patrimoine naturel et culturel en source d’emplois et de revenus. Le défi reste de taille : articuler investissements, continuité des politiques publiques et participation des acteurs privés pour construire une croissance touristique durable.
La mise en œuvre du budget touristique 2026 ouvre une fenêtre d’opportunité pour repositionner le Cameroun sur la carte des destinations africaines. Le succès dépendra moins du montant que de la qualité de l’exécution — coordination territoriale, transparence des marchés, formation des acteurs et promotion intelligente. Si ces conditions sont réunies, le secteur pourrait devenir un vecteur significatif de développement local et national.

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