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Revue de presse : Le Compte-Rendu

Le journal Le Compte-Rendu consacre l’intégralité de son numéro 023 du 21 septembre 2026 à une question fondamentale et potentiellement dérangeante : pourquoi, au Cameroun, des élites au parcours académique brillant se retrouvent-elles au cœur de la déliquescence du pays, alors qu’ailleurs, des profils semblables bâtissent des nations ?

Pour y répondre, le journal avance deux notions : l’« esclavagibilité », c’est-à-dire la domination intériorisée, et la « colonisabilité », la disposition pathologique à se laisser dominer. Selon l’éditorial du directeur de publication, Eyango Njong, ces deux travers seraient le produit d’un formatage colonial toujours vivace.

Le dossier s’articule autour de plusieurs volets.

D’abord, une galerie d’anciens hauts responsables diplômés d’université, accusés de détournements de fonds publics et condamnés dans le cadre de l’Opération Épervier — des actes qui rappellent le propos de Thomas Sankara : « Les caisses de l’État ne sont pas pillées par les illettrés. »

Ensuite, des universitaires qui se seraient inventé des généalogies royales destinées à légitimer leurs réussites académiques et professionnelles, notamment les professeurs Jacques Fame Ndongo, Maurice Aurélien Sosso et Pascal Messanga Nyamding.

Le journal évoque également des professeurs d’université qui profiteraient de leur position pour s’accaparer la succession du grand-père, en terrorisant leurs oncles et tantes — à l’image d’un certain Macky Richard Guillaume Eulalie, reconnu coupable d’usage de faux et condamné par les tribunaux.

Le dossier rappelle aussi une autre formule de Thomas Sankara : « L’intellectuel africain est plus dangereux que les non scolarisés… leurs diplômes sont des freins pour le développement de l’Afrique. »

Le Compte-Rendu revient enfin sur des déclarations télévisées d’hommes politiques, tels qu’Emmanuel Kungne et Abel Elimbi Lobè, sur Ruben Um Nyobè et Ernest Ouandié. Les propos viseraient clairement à chanter un hymne à la colonisation et à jeter l’opprobre sur les combattants de la dignité — une attitude jugée unique dans l’histoire universelle des luttes pour la dignité et la liberté.

On lit également un retour sur les réseaux d’influence ayant miné l’ex-Camair, ainsi qu’une analyse de la dépendance économique à travers le franc CFA, la dette et les programmes du FMI, avant une réflexion sur la dépendance intellectuelle des universités africaines.

Un numéro au ton résolument militant, qui appelle philosophes, sociologues et historiens à « monter au créneau ».

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Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

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