Avec 12,8 millions de visiteurs enregistrés entre janvier et début septembre 2026, l’Égypte se dirige vers une nouvelle année de forte fréquentation touristique. Mais au-delà du nombre d’arrivées, les autorités veulent désormais transformer cette dynamique en séjours plus longs, en s’appuyant sur le Grand Musée égyptien, les nouveaux circuits culturels et une offre touristique de plus en plus diversifiée.
L’Égypte poursuit sa progression sur le marché touristique international. Entre le début de l’année et le 4 septembre 2026, environ 12,8 millions de touristes ont été enregistrés dans le pays, selon le ministre du Tourisme et des Antiquités, Sherif Fathy. Le gouvernement prévoit désormais de franchir la barre des 20 millions de visiteurs sur l’ensemble de l’année.
Cette projection prolongerait la dynamique de 2025, année durant laquelle le pays avait accueilli environ 19 millions de touristes, un record historique selon les autorités égyptiennes. La performance représentait alors une hausse de 21 % par rapport à 2024. Les projections de BMI, filiale de Fitch Solutions, vont dans le même sens, avec une estimation d’environ 20,19 millions de visiteurs pour 2026.
Le véritable enjeu : faire évoluer le modèle touristique

La croissance du nombre de visiteurs n’est cependant qu’une partie de la stratégie égyptienne. Le pays cherche désormais à augmenter la valeur générée par chaque séjour et à encourager les visiteurs à rester plus longtemps. C’est dans cette logique que les autorités mettent en avant la possibilité de combiner plusieurs expériences au cours d’un même voyage.
Un touriste peut ainsi associer patrimoine archéologique, croisière sur le Nil, séjour balnéaire, tourisme culturel ou découverte du désert. Cette diversification doit permettre de dépasser le modèle d’un tourisme concentré sur quelques destinations emblématiques.
Le Grand Musée égyptien comme nouvelle locomotive
Le Grand Musée égyptien constitue l’un des principaux instruments de cette stratégie. Depuis son ouverture et jusqu’à la fin du mois d’août, l’établissement avait accueilli environ 3,5 millions de visiteurs, selon les chiffres communiqués par le ministre. L’objectif n’est pas seulement d’attirer davantage de touristes au Caire.
Le musée doit également contribuer à modifier les itinéraires et à augmenter le nombre de nuitées dans la capitale. L’enjeu est important pour l’industrie touristique : lorsqu’une attraction majeure devient une étape incontournable, elle peut encourager les voyageurs à prolonger leur passage dans la destination plutôt que de se limiter à un séjour court avant de rejoindre les stations balnéaires ou les sites archéologiques de la vallée du Nil.
Le patrimoine comme produit touristique renouvelé
Le Grand Musée égyptien n’est pas le seul projet destiné à enrichir l’offre culturelle. Les autorités poursuivent parallèlement la modernisation du Musée égyptien de Tahrir et la valorisation du Caire historique. Le parcours de la Sainte Famille fait également partie des itinéraires mis en avant.
À travers ces projets, l’Égypte cherche à transformer son patrimoine en une offre touristique plus large, capable de répondre à différents profils de visiteurs. Les nouvelles découvertes archéologiques jouent également un rôle dans cette stratégie. Chaque découverte permet de renouveler le récit historique proposé aux visiteurs et de créer de nouveaux points d’intérêt dans un pays dont le patrimoine constitue déjà l’un des principaux atouts touristiques.
La France reste un marché suivi de près
Le marché français figure parmi les marchés européens qui progressent. Selon Sherif Fathy, le nombre de visiteurs français a augmenté de 17 % sur la période considérée, avec une progression qui pourrait atteindre 20 % sur l’ensemble de l’année.
Les autorités égyptiennes observent également un intérêt croissant des compagnies aériennes pour le développement de vols charters vers les principales destinations touristiques du pays. L’amélioration de la desserte aérienne constitue un élément déterminant pour soutenir la croissance de certains marchés européens.
Les hôtels étrangers accompagnent la croissance
La progression du tourisme s’accompagne logiquement d’une demande accrue en capacités hôtelières. Le ministre a notamment évoqué les investissements de groupes internationaux, dont Accor, qui poursuit ses projets d’expansion en Égypte.
Ces investissements répondent à une double nécessité : augmenter le nombre de chambres disponibles et diversifier les catégories d’hébergement proposées aux visiteurs. L’arrivée ou l’expansion de grandes enseignes internationales constitue également un indicateur de l’attractivité du marché égyptien auprès des investisseurs du secteur.
L’éclipse de 2027, prochain événement à valoriser
L’Égypte prépare déjà l’après-2026. Les autorités travaillent notamment sur les opportunités touristiques liées à l’éclipse solaire totale de 2027. Des destinations comme Louxor et Siwa pourraient bénéficier de l’afflux de visiteurs intéressés par cet événement astronomique.
Cette anticipation illustre une évolution de la stratégie touristique égyptienne : utiliser des événements ponctuels pour attirer de nouveaux publics et faire découvrir des destinations moins fréquentées.
L’intelligence artificielle entre dans la promotion touristique
Autre évolution mise en avant par les autorités : l’utilisation croissante des technologies numériques. L’Égypte entend notamment s’appuyer sur l’intelligence artificielle et les réseaux sociaux pour promouvoir sa destination auprès de nouvelles catégories de voyageurs. Cette stratégie répond à la transformation des habitudes de préparation des voyages.
Les touristes utilisent de plus en plus les plateformes numériques pour rechercher des destinations, construire leurs itinéraires et choisir leurs activités. Pour l’Égypte, ces outils offrent donc la possibilité de promouvoir non seulement les pyramides et les grands sites archéologiques, mais également des expériences moins connues.
De la quantité à la diversification
Avec près de 20 millions de touristes attendus en 2026, l’Égypte se rapproche d’un nouveau seuil de fréquentation. Mais le prochain défi sera différent. Il s’agira de transformer la hausse des arrivées en croissance durable pour l’ensemble de l’écosystème touristique, en augmentant les nuitées, en diversifiant les destinations et en développant de nouveaux produits culturels et touristiques.
Le Grand Musée égyptien, la rénovation des musées historiques, les nouveaux circuits religieux et les découvertes archéologiques participent à cette stratégie. Après avoir consolidé sa capacité à attirer les visiteurs, l’Égypte cherche désormais à leur donner davantage de raisons de rester.




