Monday, August 31, 2026
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76ème session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique : Une participation digne d’intérêt

Entre plénière, dialogue ministériel de haut niveau et rencontre bilatérale, le Cameroun, à travers le Dr Manaouda Malachie qui conduisait la délégation camerounaise, a dignement et avec pertinence porté la voix du continent sur trois dossiers majeurs de santé publique en Afrique. La rencontre s’est tenue le 27 août 2026, à Addis-Abeba (Éthiopie).

De la villégiature, du tourisme ? Pas du tout. Il s’agissait de travail, en particulier dans la perspective de la modernisation du système de santé au Cameroun et, plus largement, sur l’ensemble du continent africain.

Deux interventions remarquées en séance plénière

Lors des travaux en plénière, la prise de parole du Cameroun a porté notamment sur deux points d’importance :

Point 12 – Cadre régional sur les équipes médicales d’urgence (2026-2030)
À ce sujet, le ministre a salué un instrument attendu dans une région qui concentre la charge d’urgences sanitaires la plus élevée au monde, avec plus de cent événements majeurs recensés chaque année. Il a souligné que l’expérience camerounaise, notamment la mise en place de sa première équipe médicale d’urgence nationale et un programme de formation en épidémiologie de terrain, a servi de base.
Profitant de la tribune, le Dr Manaouda Malachie a appelé l’OMS-AFRO et les États membres à harmoniser les mécanismes de coordination et d’accréditation, y compris jusqu’au niveau communautaire.

Point 14 – Cadre de mise en œuvre des amendements au Règlement sanitaire international (2026-2030)
Concernant ce point, il a été question de la réflexion sur l’ajustement du cadre législatif et institutionnel, avec en perspective la création d’une Autorité nationale du RSI. Le Cameroun a mis l’accent sur le renforcement des capacités de détection aux points d’entrée, la digitalisation des certificats de santé et des données de notification, ainsi que sur le financement durable des activités de surveillance.

Vigilance transfrontalière à élargir

S’agissant de la poliomyélite, la délégation camerounaise a relayé sa vision et son modèle lors du dialogue ministériel de haut niveau des pays du Bassin du Lac Tchad. Cette rencontre à huis clos a réuni les ministres de la Santé du Cameroun, de la République centrafricaine, du Tchad, du Niger et du Nigéria, ainsi que l’IMEP, Gavi, la Fondation Gates, le Rotary, l’UNICEF, l’OMS et la Fondation Dangote.

Le ministre a d’abord salué l’appui du Bassin du Lac Tchad, qui a permis au Cameroun d’afficher des indicateurs parmi les plus stables de la sous-région : plus de 80 % des districts seraient performants lors des dernières campagnes. Il a ensuite indiqué que le pays totalise désormais quinze mois sans détection de poliovirus sur son territoire.

Cette performance constitue une fierté, mais l’objectif reste de ne pas baisser la garde tant que la transmission persiste dans les pays voisins. Le Cameroun, traversé par le corridor Douala–Ndjamena, reste exposé aux mouvements transfrontaliers dans l’Extrême-Nord et à l’Est. De plus, le risque — souvent sous-estimé — de propagation vers le Congo et le Gabon, en dehors du périmètre actuel de coordination, demeure.

Réaffirmant l’engagement du pays en faveur de la vaccination systématique, le ministre a annoncé l’introduction prochaine du vaccin hexavalent, qui portera à trois le nombre de doses de vaccin polio inactivé administrées aux enfants. Il a enfin rattaché ce combat à une histoire nationale : la Déclaration de Yaoundé (1996), sous l’impulsion du Président Paul BIYA, aujourd’hui portée par les Lionnes Indomptables, ambassadrices de la cause vaccinale.

Financement de la santé

À la faveur de la coopération avec la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et de la réunion bilatérale entre le ministre et une délégation de la CEA consacrée au financement du secteur de la santé, les échanges ont porté sur la continuité d’une correspondance du Secrétaire exécutif de la CEA désignant nominativement le ministère de la Santé Publique comme interlocuteur technique, en cohérence avec la Stratégie de financement de l’avenir du secteur de la santé en Afrique 2026-2035, actuellement examinée par le Comité régional.

Il a également été question du portefeuille de projets prioritaires du Cameroun, notamment : la modernisation des infrastructures, l’amélioration de la qualité des services et la préparation aux urgences sanitaires, avec l’objectif de tenir des consultations formelles à Yaoundé.

Une diplomatie sanitaire au service des populations

À l’issue de cette journée dense, le chef de la délégation camerounaise s’est dit satisfait du travail accompli et a adressé ses remerciements au Président de la République pour l’opportunité de porter la voix du Cameroun à ce niveau. Cette séquence illustre, une nouvelle fois, une diplomatie sanitaire énergique et dynamique, dont l’ambition dépasse le seul rayonnement international du pays : elle vise, in fine, des populations en meilleure santé, au Cameroun comme sur l’ensemble du continent.

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Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

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