Monday, June 1, 2026
Google search engine
Accueil Blog Page 73

La BEAC ajuste ses prévisions économiques pour 2024

0

Lors de la troisième session ordinaire du Comité de Politique Monétaire (CPM) à Yaoundé, la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a présenté ses dernières projections économiques pour la zone CEMAC. Les chiffres révèlent une légère baisse des réserves de change et de l’inflation, ainsi qu’une croissance modérée du PIB pour 2024.

Le 23 septembre 2024, le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) s’est réuni à Yaoundé sous la présidence du gouverneur Yvon Sana Bangui. Cette session a permis de faire le point sur les indicateurs économiques clés de la zone CEMAC et d’ajuster les prévisions pour la fin de l’année 2024.

Réserves de change

La BEAC prévoit que ses réserves de change atteindront 6 539 milliards de francs CFA à la fin de 2024, ce qui représente une baisse de 5% par rapport à l’année précédente. Ces réserves permettraient de couvrir 4,5 mois d’importations, contre 4,8 mois en 2023. Le gouverneur Sana Bangui a attribué cette diminution à une forte sollicitation des ressources financières, tout en soulignant que le niveau actuel des réserves reflète une amélioration de l’activité économique, notamment grâce à la hausse des exportations et à la baisse des importations.

Inflation

Le taux d’inflation pour 2024 est estimé à 4,2%, en baisse par rapport aux 5,6% de 2023. Bien que cette tendance soit positive, le gouverneur a noté que ce taux reste supérieur à l’objectif communautaire de 3%. Il a exprimé l’espoir d’atteindre ce seuil en 2025, ce qui pourrait alors se traduire par une baisse perceptible des prix pour les consommateurs.

Croissance et déficit budgétaire

La BEAC prévoit une croissance du PIB de 2,9% en 2024, en hausse par rapport aux 2,2% de 2023, mais en recul par rapport aux prévisions de mars 2024 qui tablaient sur 3,7%. Le déficit budgétaire devrait s’améliorer, passant de 0,9% du PIB en 2023 à 0,3% en 2024.

Politique monétaire

Face à ces indicateurs, le CPM a décidé de maintenir inchangés ses taux directeurs. Le taux d’intérêt des appels d’offres reste à 5% et le taux de la facilité de prêt marginal à 6,75%. Cette décision s’explique par le niveau d’inflation toujours supérieur à l’objectif et par les indicateurs de stabilité de la monnaie, actuellement à 69,2%.

Ces ajustements et prévisions reflètent les efforts de la BEAC pour naviguer dans un contexte économique complexe, en cherchant à maintenir la stabilité monétaire tout en soutenant la croissance économique de la région CEMAC.

L’ANTIC mène la bataille contre les faux comptes et les infox

0

L’Agence nationale des Technologies de l’information et de la communication (ANTIC) redouble d’efforts pour nettoyer l’espace numérique camerounais. Face à la montée des faux profils et des fausses informations sur internet, l’agence déploie de nouveaux outils et forme les professionnels pour garantir une utilisation plus sûre des réseaux sociaux.

En 2023, l’ANTIC a fait un grand pas dans la lutte contre la cybercriminalité au Cameroun. L’agence a repéré près de 1000 faux comptes sur les réseaux sociaux, dont plus de 800 ont été supprimés. Ces comptes, souvent créés par des personnes mal intentionnées, profitent de l’anonymat d’internet pour répandre des mensonges ou escroquer les gens.

Méthodes d’imposture :

La méthode la plus courante ? Créer de faux profils qui se font passer pour des personnalités importantes. Ces imposteurs diffusent ensuite de fausses informations ou tentent d’arnaquer les internautes.

Actions de l’ANTIC :

Face à ce problème grandissant, l’ANTIC ne reste pas les bras croisés. L’agence a mis en place plusieurs actions :

  1. Certification de comptes officiels : Une centaine de profils d’administrations et de hauts fonctionnaires ont été certifiés pour que les citoyens puissent facilement reconnaître les vrais comptes.
  2. Plateforme de vérification : L’ANTIC a créé un outil en ligne permettant à chacun de vérifier si une information est vraie ou fausse.
  3. Formation des professionnels : En septembre 2024, l’agence a organisé une formation à Kribi pour les personnes gérant les réseaux sociaux des institutions publiques. Le but ? Leur apprendre à mieux gérer leurs pages officielles et à détecter les fausses informations.

Engagement et défis :

Le professeur Ebot Ebot Enaw, directeur général de l’ANTIC, insiste : “Nos équipes doivent maîtriser les dernières technologies pour être efficaces.” L’importance de ces actions est claire quand on regarde les chiffres. Au Cameroun, l’utilisation d’internet a explosé, passant de 5% de la population en 2011 à 45% en 2024. Les réseaux sociaux sont particulièrement populaires, avec près de 5 millions d’utilisateurs camerounais, soit 17,4% de la population.

Cependant, le directeur de l’ANTIC souligne un défi : “La plupart des réseaux sociaux sont gérés depuis l’étranger, ce qui complique parfois notre travail.”

Le Donga-Mantung prépare une caravane pour la paix

0
délégation de chefs traditionnels du département du Donga-Mantung au Nord-Ouest du Cameroun, reçue en audience par le Premier ministre Joseph Dion Ngute. Crédit Photo Cameroon Tribune

Face aux tensions croissantes dans le département du Donga-Mantung au Nord-Ouest du Cameroun, les chefs traditionnels ont rencontré le Premier ministre Joseph Dion Ngute pour annoncer l’organisation d’une caravane de la paix le 12 octobre 2024 à Nkambe, visant à promouvoir l’unité et le vivre-ensemble.

Le département du Donga-Mantung, situé dans la région du Nord-Ouest du Cameroun, fait face à des défis sécuritaires croissants. Des actes de grand banditisme et des tentatives de provoquer des affrontements intercommunautaires menacent la stabilité de la région. Pour contrer ces menaces, les chefs traditionnels du département ont pris l’initiative d’organiser une caravane de la paix et du vivre-ensemble.

Le 26 septembre 2024, une délégation de chefs traditionnels, menée par S.M Njofor Maurice Ndi, a été reçue en audience par le Premier ministre Joseph Dion Ngute. Lors de cette rencontre, ils ont présenté leur projet de caravane prévue pour le 12 octobre à Nkambe, chef-lieu du département.

Programme de l’événement :

L’événement comportera plusieurs volets, dont un panel de discussions sur des thématiques liées à la paix, suivi d’une déclaration commune. L’objectif principal est de réaffirmer l’unité et la coexistence pacifique entre les différentes communautés du Donga-Mantung, une tradition séculaire selon les chefs traditionnels.

Le Premier ministre a salué cette initiative, soulignant son importance dans le contexte actuel. Les organisateurs espèrent que cette caravane contribuera à dissiper les tensions et à renforcer les liens entre les habitants du département, contrecarrant ainsi les efforts de ceux qui cherchent à semer la discorde.

Cette démarche s’inscrit dans un effort plus large de promotion de la paix et du vivre-ensemble au Cameroun, particulièrement dans les régions confrontées à des défis sécuritaires. Le succès de cette initiative pourrait servir de modèle pour d’autres régions du pays faisant face à des problématiques similaires.

Cameroun : La Corruption Coûte à l’État Plus de 2 000% de Pertes Supplémentaires en 2023

0
Le president de la Conac au centre lors d'une conference de presse

Les actes de corruption et infractions similaires ont coûté à l’État camerounais 114 milliards de Fcfa en 2023, soit une augmentation de 2 378,2% par rapport aux 4,6 milliards de Fcfa de pertes en 2022. Il s’agit de la perte financière la plus élevée enregistrée depuis 2019, selon le président de la Commission nationale anti-corruption (Conac), Dieudonné Massi Gams, qui a présenté ces chiffres le 27 septembre 2024 à Yaoundé.

Augmentation Dramatique des Pertes Financières

La progression des pertes dues à la corruption est alarmante. En 2019, les pertes se chiffraient à 10,2 milliards de Fcfa, avant de passer à 17 milliards en 2020, puis 43,9 milliards en 2022. En 2023, la montée en flèche des pertes démontre une défaillance continue dans la lutte contre la corruption, malgré les mesures préventives mises en place. Dieudonné Massi Gams a d’ailleurs déclaré que, malgré les efforts déployés, « la corruption continue de faire des ravages dans notre société ».

Dénonciations et Révélations

En 2023, la Conac a enregistré 7 588 dénonciations, une augmentation de 6,45% par rapport aux 7 061 dénonciations de l’année précédente. Ces rapports ont été faits par des citoyens par voie électronique et par courrier administratif, reflétant une prise de conscience accrue des citoyens, mais aussi l’ampleur du problème. Le préjudice financier découle principalement des enquêtes menées par la Conac, des décisions du Tribunal criminel spécial (TCS), et du Conseil de discipline budgétaire et financière.

Montant Recouvré

Malgré l’énormité des pertes, une partie des fonds a pu être récupérée. 8,5 milliards de Fcfa ont été recouvrés en 2023 :

  • 1,47 milliard de Fcfa a été restitué par le Tribunal criminel spécial.
  • 7 milliards de Fcfa ont été récupérés par la Société de recouvrement des créances.

De plus, des responsables d’institutions telles que la Caisse de prévoyance sociale (Cnps) et la Société immobilière du Cameroun (SIC) ont été mis en débet pour un montant de 6,1 milliards de Fcfa, et des dommages et intérêts à hauteur de 38,5 milliards de Fcfa ont été prononcés au bénéfice de l’État.

Bilan et Perspectives

Créée par décret présidentiel le 11 mars 2006, la Commission nationale anti-corruption (Conac) a pour mission de contrôler l’exécution des projets et de proposer des mesures pour éliminer la corruption dans tous les services publics et parapublics. Cependant, 18 ans après sa création, les chiffres montrent que l’objectif est loin d’être atteint, la corruption continuant de peser lourdement sur les finances de l’État et les aspirations de développement du pays.

Cameroun : La SCDP s’Allie avec SCIF pour Renforcer ses Capacités de Transport Ferroviaire

0
Véronique Moampea Mbio, Directeur général de la Scdp, lors de sa visite à Casablanca des installations de SCIF

La Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers (SCDP) cherche à renforcer son parc de wagons-citernes afin d’optimiser le transport ferroviaire des produits pétroliers au Cameroun. Pour ce faire, l’entreprise envisage de collaborer avec la Société Chérifienne de Matériel Industriel et Ferroviaire (SCIF), acteur majeur du secteur ferroviaire au Maroc.

Une Visite en Marge d’une Collaboration Stratégique

Le 24 septembre 2024, Véronique Moampea Mbio, Directeur général de la SCDP, a visité les installations de SCIF à Casablanca, une société disposant d’un capital social de plus de 26,9 milliards de FCFA. Cette visite marque une étape clé pour le développement de nouvelles perspectives de collaboration entre les deux entreprises, dans le but de fluidifier l’approvisionnement des dépôts et garantir une distribution plus efficace des produits pétroliers au Cameroun.

L’Optimisation Logistique comme Objectif Principal

Face à une demande croissante en Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL), la Scdp poursuit son projet de modernisation et d’amélioration de ses capacités de réception et de distribution des produits pétroliers. Parmi les projets en cours, on note :

  • Augmentation des capacités de réception GPL à Bonaberi (2 500 tonnes métriques).
  • Construction de nouvelles installations telles qu’une sphère de 1 000 TM et la transformation d’un bac en Jet A1 à Yaoundé.
  • Augmentation de la capacité de stockage en GPL au dépôt de Maroua et en super au dépôt de Mboppi à Douala.

Ces initiatives visent à améliorer la logistique et les infrastructures de la société pour une meilleure distribution par voie ferroviaire, qui est reconnue pour sa sécurité et sa faible empreinte environnementale.

Développement de Capacités Ferroviaires

La Scdp dispose actuellement de 94 wagons-citernes : 9 destinés au transport du Jet A1, 79 pour d’autres produits pétroliers, et 6 pour le transport de GPL. Avec la collaboration envisagée avec SCIF, la Scdp prévoit d’acquérir de nouveaux wagons-citernes afin d’augmenter ses capacités logistiques et de répondre plus efficacement à la demande croissante.

Maintien dans le Vert malgré les Défis

Malgré les défis économiques, la SCDP continue de progresser financièrement. En 2023, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 25,691 milliards de FCFA, soit une hausse de 5,1 % par rapport à 2022, avec un résultat net de 3,2 milliards de FCFA, en augmentation de 19 %.

BEAC vs GECAM : ÇA CHAUFFE !!

0
Célestin Tawamba, président du Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM)

Le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a fermement rejeté les accusations portées par Célestin Tawamba, président du Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), sur les politiques monétaires restrictives de la BEAC, qu’il estime être à l’origine des difficultés d’accès au crédit pour les entreprises.

Contexte et Accusations du Gicam

Lors de la rentrée économique du patronat camerounais, le 18 septembre à Douala, Célestin Tawamba a critiqué les mesures monétaires de la BEAC visant à contenir l’inflation, affirmant que ces politiques ont aggravé l’accès au financement pour les entreprises. Il a notamment mentionné des actions telles que la suspension des injections de liquidités dans les banques, l’intensification des reprises de liquidités, et l’émission de bons retirant des fonds des circuits bancaires. Ces mesures, selon lui, combinées aux relèvements successifs des taux directeurs, ont contribué à l’augmentation des difficultés des entreprises pour obtenir des crédits.

Réponse du Gouverneur de la Beac

Lors d’une conférence de presse le 23 septembre, à la suite de la troisième session ordinaire du Comité de politique monétaire de la BEAC, Yvon Sana Bangui a réfuté ces affirmations. Il a souligné que les banques commerciales ne rencontrent pas de problèmes majeurs pour accéder au refinancement auprès de la banque centrale. Selon lui, les difficultés se situent plutôt au niveau des entreprises elles-mêmes, qui peinent à obtenir des prêts des banques commerciales.

Yvon Sana Bangui a clarifié que la BEAC dispose d’un guichet de refinancement pour répondre aux besoins des banques commerciales, en complément des instruments de politique monétaire. Il a ainsi démenti l’idée que la politique monétaire en place est responsable des problèmes d’accès au crédit des entreprises.

Un Débat Économique Plus Large

Cette opposition entre le GECAM et la BEAC reflète un débat plus vaste sur la gestion des politiques monétaires en Afrique centrale, alors que la BEAC poursuit ses efforts pour juguler l’inflation, qui a atteint 7,4 % en 2023. Tandis que la banque centrale privilégie une approche stricte pour stabiliser l’économie, les acteurs économiques, tels que le GECAM, plaident pour des conditions plus favorables à l’accès au financement pour soutenir la croissance des entreprises.

Perspectives

Il reste à voir si ce débat mènera à des ajustements dans les politiques monétaires ou à un renforcement du dialogue entre les différentes parties prenantes pour mieux concilier la lutte contre l’inflation et les besoins de financement des entreprises dans la zone Cemac.

Aï Jo Mamadou nous quitte : Le Cameroun perd une icône musicale

0
Aï Jo Mamadou, sous le nom civil Meva'a Martin Magloire

Le monde de la musique camerounaise est en deuil. Aï Jo Mamadou, l’une des figures emblématiques du bikutsi, s’est éteint ce vendredi 20 septembre 2024 à 20h, à l’âge de 62 ans, au Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé où il était hospitalisé depuis quelques jours, des suites de maladie.

Une Vie Dédicacée à la Musique

Né en 1962 à Nanga Eboko, sous le nom civil Meva’a Martin Magloire, Aï Jo Mamadou a marqué le paysage musical camerounais. Avant de devenir chanteur, il était boxeur dans les années 90, sous le pseudonyme de Mévio. C’est en quittant les rings qu’il s’est tourné vers sa véritable passion : la musique. Il a débuté dans les cabarets de Yaoundé, où il a collaboré avec plusieurs artistes, trouvant rapidement sa place en tant que choriste, un rôle qui l’a amené à abandonner définitivement la boxe.

Les Débuts dans la Musique et la Montée en Puissance

Grâce à son talent vocal indéniable, Aï Jo Mamadou a intégré le groupe “Les Zombis de la Capitale”, aux côtés de Messi Martin. Sa voix, unique et puissante, a rapidement fait de lui une figure montante de la scène musicale. Il a gravi les échelons, devenant le lead vocal du groupe Eboue Chaleur, où il a été baptisé Aï Jo par ses fans, un surnom qui symbolise son dynamisme et sa maîtrise du bikutsi, genre musical qu’il portait avec fierté.

Carrière Solo et Succès

En 1994, Aï Jo Mamadou sort son premier album intitulé “Amour à 100%”, qui reçoit un accueil chaleureux du public. Il enchaîne ensuite avec son deuxième album, dont le titre phare “5ième Commandement” reste gravé dans les mémoires. Aï Jo est devenu une véritable légende des cabarets camerounais, non seulement pour son talent musical, mais aussi pour sa simplicité qui le distinguait dans le milieu artistique. Il fonde par la suite le groupe 103.f, consolidant ainsi son influence dans le bikutsi moderne.

Discographie et Distinctions

Aï Jo Mamadou laisse derrière lui une riche discographie, incluant des œuvres telles que :

  • “Souvenirs” (2002)
  • “Allez-vous” (2004)
  • “Code Pin” (2006)

Son talent indéniable a été récompensé à maintes reprises, notamment avec son sixième album “Action Réaction”, connu pour le célèbre titre “Levez-les mains”. En 2008, il reçoit le prix de l’artiste de l’année et le Grand Prix Martin Messi lors du Festi Bikutsi.

Un Vide dans le Monde Artistique

Aï Jo Mamadou, qui luttait contre la maladie depuis 2019, n’a malheureusement pas trouvé la guérison tant espérée. Sa voix résonne encore dans les esprits des mélomanes et ses contributions à la musique camerounaise resteront inoubliables. Aujourd’hui, le monde artistique pleure la perte d’un symbole vivant du bikutsi, dont l’authenticité et la simplicité ont touché de nombreuses personnes.

Logement Social au Cameroun : Nouvelles Règles, Nouveaux Espoirs

0
Célestine Ketcha Courtès, ministre de l'Habitat et du Développement urbain (dame à droite en habit rose) et à gauche Louis Paul Motaze, le ministre des Finances

Les conditions d’accès aux logements sociaux au Cameroun ont été clarifiées dans deux arrêtés conjoints signés vendredi dernier à Yaoundé par le ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, et le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Ces textes visent à encadrer de manière stricte la location et l’acquisition des logements sociaux ainsi que les parcelles constructibles à travers le pays.

Critères d’Éligibilité et Plafonds de Revenus

Les nouvelles dispositions fixent un cadre normatif pour l’attribution des logements sociaux, prenant en compte plusieurs facteurs clés :

  • Plafond de revenus mensuels : 350 000 F CFA pour la location et 500 000 F CFA pour l’acquisition.
  • Sanction : En cas de vente d’un logement social avant une occupation minimale de 10 ans, des sanctions sont prévues.
  • Priorités : Les personnes handicapées, les jeunes de moins de 35 ans, les étudiants, les victimes de catastrophes naturelles ou d’accidents, les personnels d’astreinte, ainsi que les femmes en détresse sont prioritaires.

De plus, seuls les Camerounais sans patrimoine immobilier en zone urbaine et ayant des revenus mensuels égaux ou inférieurs au plafond fixé sont éligibles. Toutefois, une marge de 5% des logements peut être accordée à des personnes dépassant ce plafond.

Un Projet Ambitieux

Le gouvernement a lancé la construction de 10 000 logements sociaux et l’aménagement de 50 000 parcelles dans le cadre de ce projet ambitieux. Ces logements sont mis en commercialisation via un mandat signé avec la Société Immobilière du Cameroun (SIC). Cependant, il restait à définir clairement le cadre juridique encadrant ces projets. Les deux arrêtés signés viennent pallier les précédents dysfonctionnements, instaurant des règles équitables et transparentes pour tous les acteurs impliqués.

Réactions Officielles

Célestine Ketcha Courtès, ministre de l’Habitat et du Développement urbain, a déclaré :

“Ces deux arrêtés vont désormais servir de boussole à nos collaborateurs dans le cadre de l’accès aux logements sociaux. Il s’agit d’une étape importante de notre engagement à adresser la problématique du logement dans nos villes. Nous savons tous combien l’accès à un logement décent est essentiel aujourd’hui. Ce projet répond à une partie de l’attente forte des populations.”

Ces nouvelles directives représentent un pas important vers l’amélioration de l’accès au logement au Cameroun, un enjeu crucial pour de nombreuses familles à revenus modestes.

Neptune Oil : Une Fusion Stratégique pour Renforcer la Distribution et l’Exportation des Pneus au Cameroun

0
Antoine Ndzengue, PDG de NEPTUNE Holding

Le groupe camerounais Neptune Oil, dirigé par Antoine Ndzengue, poursuit son expansion avec une fusion-absorption stratégique entre ses filiales Cameroon Tyre Factory SA (CTF SA) et Cameroon Tyre Factory Project SA (CTF Project SA). Cette initiative vise à optimiser la distribution des pneus et à préparer l’exportation en attendant l’ouverture de la future usine de production à Bekoko, dans la région du Littoral.

Les Détails de la Fusion

CTF SA, spécialisée dans la distribution de pneus sous la marque « Double Star », et CTF Project SA, dédiée à la production des pneus « Afri Star », fusionneront pour former une entité plus solide. CTF SA, dont le capital s’élève à 1 milliard de FCFA, va absorber CTF Project SA, qui dispose d’un capital de 100 millions de FCFA. L’objectif est de permettre une accélération de la distribution des pneus neufs et de se préparer à l’exportation, tout en réduisant les coûts liés à la structure actuelle.

Selon les informations disponibles, le bilan de CTF SA est favorable, avec un actif net de 9,87 milliards de FCFA après déduction de son passif exigible de 5,98 milliards de FCFA. CTF Project SA augmentera son capital à 15,25 milliards de FCFA par l’émission de nouvelles actions, afin de rémunérer l’apport de CTF SA et renforcer sa position sur le marché.

La fusion, qui prévoit une prime de fusion de 706 803 FCFA, reste soumise à l’approbation des Assemblées Générales Extraordinaires des deux sociétés, avec une date limite fixée au 26 octobre 2024 pour finaliser l’opération.

L’Usine de Pneus de Bekoko : Un Projet Structurant pour l’Économie Camerounaise

Cette fusion s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par le projet de construction d’une usine de production de pneus à Bekoko, annoncé par Antoine Ndzengue en avril 2023. Ce complexe industriel, dont la première phase devrait s’achever en 2026, aura une capacité annuelle de 4,6 millions de pneus et devrait créer 2 500 emplois directs.

Le chantier de cette usine a déjà commencé en 2024, avec une commercialisation prévue pour 2027. Le projet bénéficie du soutien de partenaires tels que la CDC (Cameroon Development Corporation), principal fournisseur de caoutchouc, et l’expertise technique de l’entreprise finlandaise Black Donuts. Ce projet représente un investissement de plus de 500 milliards de FCFA, et est crucial pour réduire la facture des importations de pneus, qui s’élevait en 2022 à 32,6 milliards de FCFA pour environ 23 164 tonnes de pneus.

Mesures de Soutien du Gouvernement Camerounais

Le gouvernement camerounais soutient également cette industrie en mettant en place des mesures pour alléger les coûts des pneus importés. Depuis le 19 mars 2024, une réduction de 10 % de la valeur imposable des pneus neufs a été décidée par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, pour une période de six mois renouvelables. Cette mesure s’inscrit dans le cadre des efforts pour contrer les effets de la hausse des prix des carburants en février 2024.

Perspectives d’Avenir

La fusion entre CTF SA et CTF Project SA devrait permettre à Neptune Oil de consolider sa position sur le marché local et international des pneus tout en se préparant à devenir un acteur clé de la production africaine. L’usine de Bekoko, une fois achevée, constituera une avancée majeure pour le Cameroun, avec un potentiel significatif de réduction des importations et un renforcement des capacités industrielles locales.

Le Cameroun à la tête du Conseil International du Cacao pour la campagne 2024-2025

0

Le Cameroun s’apprête à marquer l’histoire du secteur cacaoyer en prenant la présidence du Conseil International du Cacao (CIC) pour la campagne 2024/2025. Cette décision, qui reflète la reconnaissance internationale des efforts du pays dans la valorisation du cacao, a été confirmée le 20 septembre 2024 par un communiqué de Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce.

Une reconnaissance des efforts du Cameroun

Lors d’une réunion des pays producteurs membres de l’Organisation Internationale du Cacao (ICCO), le Cameroun a été unanimement désigné pour présider le Conseil International du Cacao pour l’année 2024/2025. Cette distinction est une reconnaissance des efforts constants du pays pour améliorer les conditions de travail et la rémunération des producteurs de cacao. C’est un signe fort que les initiatives du Cameroun sur la scène internationale portent leurs fruits.

Une confirmation à Abidjan en septembre 2024

La décision sera formellement entérinée lors de la 110e session du Conseil International du Cacao, qui se tiendra à Abidjan, Côte d’Ivoire, du 23 au 26 septembre 2024. Ce sera une occasion pour le Cameroun de montrer l’exemple en tant que leader dans le domaine cacaoyer, tant sur le plan de la production que de la commercialisation internationale.

Un cacao camerounais prisé à l’international

En parallèle de cette présidence, le Cameroun continue de dynamiser sa production de cacao de haute qualité. Le ministre Luc Magloire Mbarga Atangana a récemment annoncé la signature d’un important contrat entre un opérateur majeur de l’industrie chocolatière mondiale et une coopérative camerounaise spécialisée dans le cacao haut de gamme. Le prix bord-champ de ce contrat atteint les 5 200 FCFA/kg, un chiffre impressionnant qui reflète la qualité exceptionnelle de la fève camerounaise.

Bilan de la campagne 2023/2024

La campagne cacaoyère 2023/2024 s’est terminée sur une note positive avec une production totale de 266 725 tonnes de cacao, soit une augmentation de 1,17 % par rapport à l’année précédente. Les exportations ont également connu une hausse significative, avec 185 613 tonnes générant 265,3 milliards de FCFA (environ 815 millions de dollars). Cette augmentation est en partie due à la hausse des prix internationaux du cacao, ayant atteint 6 300 FCFA/kg, un record comparé aux 1 290 FCFA/kg de la saison précédente.

error: Content is protected !!