Friday, August 14, 2026
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Madagascar : Rapprocher la santé publique des populations oubliées

Médecin, responsable associative et ancienne cadre municipale, Marie Lucienne Domoinamalala appartient à une génération de professionnels qui repensent la santé publique au-delà des hôpitaux. Récompensée par la French-African Foundation dans le programme Young Leaders 2025, elle défend une approche fondée sur la prévention, l’accès aux soins et l’amélioration des conditions de vie.

À Madagascar, l’accès à la santé reste marqué par de nombreux défis : éloignement géographique des structures médicales, difficultés financières pour certaines familles, manque d’accès aux services essentiels de prévention.

C’est dans cet environnement que Marie Lucienne Domoinamalala a choisi d’inscrire son parcours professionnel. Formée à la Faculté de médecine humaine de l’Université d’Antananarivo, elle considère la santé publique comme un outil de transformation sociale capable d’agir bien au-delà de la prise en charge médicale.

Son approche repose sur une idée centrale : améliorer la santé des populations nécessite d’intervenir à la fois sur les soins, la prévention et les conditions quotidiennes de vie.

Cette vision lui a valu d’être sélectionnée en 2025 par la French-African Foundation parmi les Young Leaders de Madagascar dans la catégorie Santé publique, une reconnaissance qui met en lumière des profils engagés dans les grands enjeux de développement du continent.

Faire de la prévention un pilier de la santé

Au fil de son parcours, Marie Lucienne Domoinamalala s’est spécialisée dans plusieurs domaines liés aux politiques sanitaires, notamment l’accès aux soins, l’éducation à la santé et les problématiques d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH).

Pour elle, ces secteurs constituent des éléments fondamentaux de la lutte contre les maladies.

L’accès à une eau de qualité, l’amélioration des conditions d’hygiène et la sensibilisation des populations permettent de réduire certains risques sanitaires avant même l’apparition des pathologies.

Cette approche préventive guide aussi bien son engagement associatif que son expérience dans les institutions publiques.

Sur le terrain, elle a notamment cofondé et préside Malagasy’s Healers (MH), une organisation qui rassemble des professionnels de santé et des acteurs du secteur social.

L’association intervient auprès des populations confrontées aux obstacles qui limitent leur accès aux soins, notamment dans les zones éloignées des grands centres urbains.

Ses actions comprennent des missions médicales, des consultations gratuites, des campagnes de dépistage ainsi que des activités de sensibilisation sanitaire.

L’organisation accompagne également certains centres de santé de base afin d’améliorer le suivi des patients et de renforcer la prévention au niveau local.

À travers cette initiative, Marie Lucienne Domoinamalala cherche à développer une approche où la médecine ne se limite pas à traiter les maladies, mais contribue aussi à construire des communautés mieux informées et mieux protégées.

Une expérience institutionnelle au service des politiques publiques

Son engagement ne s’est pas limité au secteur associatif.

Elle a également occupé le poste de directrice de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène au sein de la Commune urbaine d’Antananarivo.

Cette expérience lui a permis de travailler directement sur des politiques publiques liées à des déterminants essentiels de la santé.

Dans cette fonction, elle a participé à la mise en œuvre d’actions visant à améliorer les conditions sanitaires dans la capitale malgache, en agissant sur des facteurs qui influencent directement la qualité de vie des habitants.

Ce parcours illustre sa conception globale de la santé publique : les politiques sanitaires ne peuvent être efficaces sans prendre en compte l’environnement, les infrastructures et les comportements collectifs.

Le parcours de Marie Lucienne Domoinamalala s’inscrit dans une dynamique où les acteurs locaux jouent un rôle croissant dans la construction des politiques de développement.

À travers ses différentes responsabilités, elle occupe une position d’interface entre les réalités vécues par les populations, les structures associatives et les institutions chargées de définir les stratégies publiques.

Dans un contexte où Madagascar renforce ses coopérations internationales dans les domaines de la santé et du développement, ces profils capables de faire dialoguer expertise technique, action locale et politiques publiques deviennent des acteurs importants.

Au-delà de son parcours personnel, Marie Lucienne Domoinamalala représente une nouvelle génération de professionnels africains qui abordent les enjeux de santé avec une vision multidimensionnelle.

Son engagement repose sur une conviction : améliorer durablement la santé des populations passe autant par les médicaments et les consultations que par l’éducation, la prévention et l’accès aux services essentiels.

À Madagascar comme dans d’autres pays africains, cette approche pourrait contribuer à faire évoluer les systèmes de santé vers des modèles davantage centrés sur l’anticipation des risques et la réduction des inégalités.

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Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

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