Alors que son programme de réformes soutenu par le Fonds monétaire international entre dans une nouvelle phase, l’Égypte veut définir les bases de son prochain cycle économique. Le gouvernement a lancé l’élaboration d’une stratégie nationale destinée à fixer les priorités de croissance, d’investissement et de compétitivité pour les années à venir.
L’Égypte prépare déjà l’après-programme du Fonds monétaire international (FMI). Le Premier ministre Mostafa Madbouly a lancé les travaux d’élaboration d’un programme économique national qui doit prendre le relais des réformes engagées depuis 2022 avec l’appui de l’institution financière internationale.
Cette nouvelle feuille de route doit définir les orientations économiques du pays pour la prochaine période, avec l’objectif de consolider les acquis des réformes tout en répondant aux nouveaux défis liés à la croissance, à l’investissement et au développement du secteur privé.
« Cette réunion est consacrée au suivi de la mise en œuvre des directives du président de la République concernant l’élaboration d’un programme économique national pour la période suivant l’achèvement du programme de réforme économique mené avec le Fonds monétaire international », a déclaré Mostafa Madbouly.
Le document en préparation devra établir « une nouvelle phase du processus de développement économique », centrée sur les priorités stratégiques de l’État.
Une coordination renforcée entre le gouvernement et la Banque Centrale
La préparation de ce programme associe plusieurs institutions clés de l’économie égyptienne. Une réunion de travail a notamment rassemblé le vice-Premier ministre chargé des affaires économiques Hussein Issa, le gouverneur de la Banque centrale Hassan Abdallah, le ministre des Finances Ahmed Kouchouk ainsi que plusieurs responsables gouvernementaux.
Selon Mostafa Madbouly, un groupe de travail réunissant les différentes parties prenantes a été constitué afin de proposer une vision globale de la politique économique future.
Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de produire un document accessible au grand public tout en répondant aux attentes des experts et des institutions économiques. Une fois finalisé, le programme sera soumis au président Abdel Fattah al-Sissi avant sa publication officielle.
Le gouvernement prévoit également d’organiser un dialogue avec des économistes, des spécialistes et différents acteurs de la société civile afin d’intégrer leurs propositions avant l’adoption définitive du programme.
Depuis 2022, l’Égypte applique un programme de réformes économiques soutenu par le FMI. Celui-ci vise notamment à restaurer les équilibres macroéconomiques, réduire les déséquilibres financiers, renforcer la place du secteur privé et améliorer la capacité de l’économie à absorber les chocs extérieurs.
Cette période a été marquée par plusieurs ajustements majeurs, notamment dans la politique monétaire, la gestion du taux de change et les mesures destinées à accroître les investissements étrangers.
Avec cette nouvelle stratégie, les autorités veulent désormais passer d’une logique de stabilisation à une phase davantage orientée vers la croissance durable.
Les priorités devraient notamment concerner l’amélioration de l’environnement des affaires, l’augmentation de la participation du secteur privé, le développement industriel, la mobilisation des investissements étrangers et la création d’emplois.
Un programme attendu dans un contexte économique encore fragile
La préparation de cette feuille de route intervient alors que l’économie égyptienne reste confrontée à plusieurs défis : pression inflationniste, besoins élevés en devises étrangères, dette extérieure importante et nécessité d’accélérer les investissements productifs.
Le gouvernement cherche donc à trouver un équilibre entre la poursuite des réformes structurelles et la nécessité de soutenir l’activité économique.
En préparant dès maintenant l’après-FMI, Le Caire veut éviter une rupture dans sa stratégie économique et inscrire les ajustements récents dans une vision de long terme. Le futur programme national devrait ainsi servir de cadre de référence pour les politiques économiques de la prochaine étape de développement du pays.




