Saturday, April 18, 2026
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Déficit énergétique : L′Afrique mise sur le solaire

Malgré un ralentissement global, le continent africain connaît une explosion discrète mais durable du solaire : baisse des coûts, montée des importations chinoises, essor des marchés locaux et naissance d’une filière qui crée des emplois au-delà de la seule fabrication. Tour d’horizon des forces qui transforment l’énergie solaire en moteur de développement en Afrique — et des obstacles qui gardent encore une partie du potentiel inexploitée.


En 2025, l’Afrique s’est imposée comme le marché solaire qui croît le plus vite sur la planète. Cette dynamique repose sur une combinaison de facteurs : baisse des prix des panneaux et des batteries, politiques publiques changeantes, investissements massifs issus notamment de Chine, et une demande accrue pour des solutions de remplacement au diesel et aux réseaux instables. Pourtant, une part importante des équipements importés reste à installer, et l’absence de visibilité politique freine encore l’essor à long terme.
La capacité solaire installée sur le continent a progressé de 17 % en 2025, tandis que la capacité solaire mondiale a augmenté de 23 % pour atteindre 618 GW. Depuis 2017, près de 64 GWc d’équipements solaires ont été expédiés en Afrique, mais seulement 23,4 GWc sont aujourd’hui opérationnels. Cette différence souligne l’écart entre commandes/importations et mise en service effective.

La Chine : fournisseur, investisseur et formateur


Les fabricants chinois dominent le flux d’équipements et les chaînes d’approvisionnement qui se déploient en Afrique. Le rôle de la Chine est double : livrer des volumes importants de panneaux et batteries à bas coût, et participer — parfois — au transfert de technologies et de pratiques. Plusieurs acteurs africains réclament cependant davantage de transfert de compétences locales pour réduire la dépendance aux importations.
Autrefois concentrée, la demande s’élargit : l’Afrique du Sud ne représente plus que moins d’un tiers des panneaux importés, alors que 20 pays ont battu leurs records d’importation l’an dernier. Le Nigeria a dépassé l’Égypte comme deuxième importateur, tandis que l’Algérie, la Zambie, le Botswana et d’autres pays affichent des hausses spectaculaires. Au moins 23 pays produisent désormais plus de 5 % de leur électricité grâce au solaire.
La baisse des prix des batteries — de 144 $/kWh en 2023 à 112 $/kWh en 2025 — rend les systèmes de stockage plus accessibles. Combinés aux panneaux moins coûteux, les kits solaires + batteries permettent à des ménages et à des PME de s’affranchir des générateurs diesel et d’obtenir une alimentation continue, améliorant l’activité économique et la qualité de vie.
Des politiques favorables ont déclenché des vagues d’adoption, mais la situation reste hétérogène. Certains pays mettent en place des mesures incitatives et réduisent progressivement les subventions au diesel (ex. Nigeria), ce qui renforce l’attrait du solaire. En revanche, l’imprévisibilité des régimes fiscaux, des droits d’importation et l’absence de stratégies énergétiques claires à long terme pèsent sur la confiance des investisseurs.
La création d’emplois ne se limite pas aux usines : installation, maintenance, distribution, financement et services associés connaissent un boom. Des milliers de PME locales émergent pour fournir des services après-vente, logistiques et financiers, contribuant à une industrialisation plus large du secteur de l’énergie verte.

Mais, en plus de cela, il faut ꓽ des capacités d’absorption, déploiement plus rapide des équipements déjà importés ; le transfert technologique avec le développement d’une industrie locale compétitive au lieu d’un simple rôle d’importateur ; le cadre réglementaire devant résoudre le besoin de feuilles de route stables et prévisibles sur le long terme ; et enfin, le financement et les compétences pour l′accès au crédit et à la formation technique pour professionnaliser les chaînes d’installation et maintenance.
L’Afrique n’est plus seulement un récepteur d’équipements solaires à bas coût : elle est en train de bâtir un écosystème où la demande, l’innovation locale et les services convergent vers une transition énergétique tangible. Pour franchir l’étape suivante — de marché émergent à filière autonome — il faudra transformer les importations en capacités locales, stabiliser les cadres politiques et intensifier le transfert de savoir-faire. Le potentiel est là : il reste à le convertir en croissance inclusive et durable.

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Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

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