Le gouvernement a donné le coup d’envoi de la campagne agricole 2026 dans le septentrion le 18 juin à Poli, dans la région du Nord. Au-delà du caractère symbolique de cette cérémonie, les autorités ont voulu mobiliser les producteurs pour accroître les rendements dans une zone confrontée à une forte pression alimentaire, alimentée par les crises sécuritaires et les aléas climatiques.
Le Cameroun a officiellement lancé la campagne agricole 2026 dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, où les enjeux agricoles dépassent largement la seule production. Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, a présidé la cérémonie le 18 juin à Poli, dans le département du Faro, une localité choisie pour marquer le démarrage des activités agricoles dans cette partie du pays.
Alors que la campagne agricole avait déjà été lancée en mars dans les sept régions méridionales, le septentrion concentre une attention particulière des pouvoirs publics en raison de sa vulnérabilité persistante sur le plan alimentaire.
Le Nord, l’Adamaoua et surtout l’Extrême-Nord figurent parmi les territoires les plus exposés à l’insécurité alimentaire au Cameroun. Cette situation résulte de plusieurs facteurs qui se cumulent : les effets des changements climatiques sur les productions agricoles, la faible disponibilité de certaines denrées de base, mais aussi l’afflux continu de réfugiés ayant fui les violences de Boko Haram au Nigeria ainsi que les conflits armés en République centrafricaine et dans certaines zones frontalières du Tchad.
Cette pression démographique supplémentaire accroît les besoins alimentaires dans une zone où les capacités de production restent fragiles.
Les céréales au cœur des priorités
Dans ce contexte, la campagne agricole 2026 devrait mettre l’accent sur l’augmentation des productions vivrières, notamment les céréales, qui constituent l’alimentation de base des populations du septentrion.
L’objectif est de renforcer l’offre locale afin de réduire les déficits alimentaires récurrents et d’améliorer la résilience des exploitations agricoles face aux chocs climatiques et sécuritaires.
Les autorités espèrent ainsi stimuler les emblavures et améliorer les rendements des principales cultures afin de répondre à une demande en constante progression.

La gravité de la situation alimentaire dans le septentrion est également relevée par les organisations humanitaires. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a récemment réorienté une partie de ses moyens vers l’Extrême-Nord, identifié comme le principal foyer d’insécurité alimentaire du pays.
Selon son représentant au Cameroun, Gianluca Ferreira, cette décision s’appuie sur les résultats des enquêtes de sécurité alimentaire, qui montrent que les populations les plus vulnérables vivent désormais majoritairement dans cette région, malgré les besoins qui persistent dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.
Ce repositionnement illustre l’importance stratégique du bassin agricole septentrional, dont les performances seront déterminantes pour renforcer la sécurité alimentaire nationale et soutenir les moyens de subsistance de millions de ménages ruraux.




