Friday, August 14, 2026
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Energie électrique en Afrique de l′Ouest : L’Algérie nouveau fournisseur d’infrastructures  

Face aux besoins croissants en énergie du continent africain, Alger accélère sa stratégie d’exportation de savoir-faire électrique. Après le Niger et le Tchad, le Bénin devient une nouvelle étape pour le groupe Sonelgaz, qui ambitionne de proposer ses équipements, son expertise technique et ses solutions d’infrastructures aux pays confrontés à un déficit énergétique.

L’Algérie cherche à transformer son expérience dans le secteur électrique en levier d’influence économique sur le continent. La nouvelle étape de cette stratégie concerne le Bénin, avec lequel Alger souhaite renforcer sa coopération dans la production, la distribution et les équipements électriques.

Le 22 juillet 2026, une réunion en visioconférence a réuni Mourad Adjal, ministre algérien de l’Énergie, et Edouard Dahome, son homologue béninois. Les discussions ont porté sur les moyens d’accompagner les projets énergétiques du Bénin à travers un transfert d’expertise, un appui technique et une coopération industrielle.

Au cœur de cette démarche figure le groupe public Sonelgaz, considéré par Alger comme un outil majeur d’expansion économique en Afrique. L’entreprise dispose d’une expérience couvrant l’ensemble de la chaîne électrique, de la production d’énergie à la fabrication d’équipements et à la gestion des réseaux.

Pour l’Algérie, l’objectif est désormais de faire de cette expertise une offre exportable vers des marchés africains où les besoins restent considérables.

Après le Niger et le Tchad, le Bénin devient une nouvelle cible

L’intérêt porté au Bénin s’inscrit dans une série d’initiatives engagées par Alger dans plusieurs pays africains.

Au Niger, Sonelgaz a récemment mis en service une centrale électrique de 40 MW à Gorou Banda. Le projet, financé et réalisé par le groupe algérien, illustre la volonté d’Alger de proposer des solutions intégrées aux pays partenaires.

Au Tchad, l’Algérie accompagne également un projet de centrale électrique de 40 MW destinée à renforcer l’approvisionnement énergétique de N’Djamena. Des discussions ont aussi été engagées avec la Côte d’Ivoire dans les domaines de l’énergie et des énergies renouvelables.

Cette multiplication des accords traduit une évolution de la politique énergétique extérieure algérienne. Au-delà de l’exportation d’électricité, Alger cherche à positionner ses entreprises comme des partenaires industriels capables de participer à la construction d’infrastructures.

Cette stratégie intervient dans un contexte de forte demande énergétique sur le continent. De nombreux pays africains font face à un accès limité à l’électricité, notamment dans les zones rurales.

En Afrique de l’Ouest, l’insuffisance des capacités de production et des réseaux demeure un frein majeur au développement industriel. Selon les données présentées par le Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), une faible proportion des populations rurales de la région bénéficie encore d’un accès régulier à l’électricité.

Pour répondre à cette situation, le Pool énergétique de l’Afrique de l’Ouest (WAPP), chargé de favoriser l’interconnexion des réseaux électriques régionaux, prévoit d’importants investissements afin d’ajouter plusieurs milliers de mégawatts de capacités supplémentaires au cours des prochaines années.

Ce déficit représente donc une opportunité pour les acteurs disposant d’une expertise technique et industrielle, comme Sonelgaz.

Sonelgaz, bras armé de l’offensive africaine

Le groupe algérien dispose d’atouts importants pour se positionner sur ces marchés. Avec une capacité de production installée estimée à environ 27 000 MW et un réseau électrique de plusieurs centaines de milliers de kilomètres, Sonelgaz maîtrise une grande partie des métiers liés à l’énergie.

Son modèle repose sur une approche intégrée : conception des projets, réalisation des infrastructures, fourniture d’équipements et accompagnement technique.

Cette capacité permet à Alger de proposer aux pays africains non seulement des financements ou des partenariats ponctuels, mais aussi une expertise industrielle complète.

Pour les États concernés, l’enjeu est d’accélérer l’électrification tout en renforçant leurs propres capacités techniques. Pour l’Algérie, il s’agit également d’ouvrir de nouveaux débouchés pour ses entreprises publiques et privées.

Le positionnement algérien intervient alors que plusieurs puissances régionales et internationales cherchent à accompagner la transition énergétique africaine.

L’accès à l’électricité est devenu un enjeu stratégique, à la fois pour le développement économique, l’industrialisation, la transformation numérique et l’amélioration des conditions de vie.

Dans ce contexte, l’Algérie mise sur son avantage historique dans le secteur énergétique pour renforcer ses liens économiques avec l’Afrique subsaharienne. Le rapprochement avec le Bénin pourrait ainsi constituer une nouvelle étape dans une stratégie visant à faire de Sonelgaz un acteur régional de référence dans les infrastructures électriques.

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Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

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