Liberté, identité, création et engagement citoyen ont été les principaux fils conducteurs de la 13ᵉ édition du Forum des droits humains du Festival Gnaoua et Musiques du Monde. Les 26 et 27 juin 2026, intellectuels, responsables politiques, artistes et acteurs de la société civile ont croisé leurs regards sur les aspirations et les défis des nouvelles générations à l’échelle mondiale.
Bien plus qu’un rendez-vous musical, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira poursuit sa vocation de plateforme de dialogue sur les grands enjeux contemporains. Pour sa 13ᵉ édition, le Forum des droits humains a mis l’accent sur les réalités vécues par les jeunes à travers le monde, sous le thème « Jeunesses du monde : liberté, identité, avenir ».
Organisée en partenariat avec le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), cette rencontre a réuni pendant deux jours philosophes, écrivains, chercheurs, responsables publics, artistes et représentants de la société civile autour de débats consacrés aux mutations sociales, culturelles et politiques qui façonnent les parcours des nouvelles générations.
Une ouverture confiée à Souleymane Bachir Diagne
Les travaux se sont ouverts avec une conférence inaugurale du philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, professeur à l’Université Columbia de New York. Sa réflexion a porté sur les grandes transformations qui influencent aujourd’hui les jeunesses dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les bouleversements sociaux et les défis liés à la mondialisation.
Le Forum a ensuite proposé un échange entre Mohamed Mehdi Bensaid, ministre marocain de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, et Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre française de l’Éducation nationale et présidente de France Terre d’Asile. Leur discussion a exploré les politiques publiques destinées à accompagner les jeunes, de part et d’autre de la Méditerranée.
L’expression artistique a occupé une place importante dans les échanges. Une table ronde a notamment réuni la musicienne Fatima Ezzahra Ait Zaouit, l’écrivaine Samira El Ayachi, la réalisatrice Asmae El Moudir, l’artiste plasticien Aliou Diack, l’actrice et réalisatrice Fatym Layachi ainsi que le sociologue Marwan Mohammed.
Les intervenants ont analysé le rôle de la création dans la construction des identités, la liberté d’expression et les formes contemporaines de résistance culturelle.
Les identités et l’engagement des nouvelles générations

Une autre séquence a été consacrée aux questions d’identité et d’appartenance dans des sociétés de plus en plus marquées par les mobilités. Les écrivains Leïla Slimani et Rachid Benzine ont partagé leurs réflexions aux côtés des sociologues Raphaël Liogier et Cléo Marmié, ainsi que de la musicienne Sara Moullablad.
Le Forum s’intéressera également aux nouvelles formes d’engagement citoyen portées par les jeunes. Entrepreneurs sociaux, responsables associatifs, journalistes et acteurs de l’économie sociale viendront témoigner des initiatives qui émergent pour répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux.
Pour Neila Tazi, productrice du Festival Gnaoua et Musiques du Monde, ce Forum a constitué le prolongement intellectuel de l’esprit du festival, qui a fait de la diversité culturelle et du dialogue entre les peuples l’une de ses principales signatures.
Même constat pour Driss El Yazami, président du CCME, qui a estimé que les jeunes représentent aujourd’hui une force d’innovation et d’imagination indispensable pour relever les défis des sociétés contemporaines.
À travers cette 13ᵉ édition, Essaouira confirme ainsi son ambition de conjuguer culture, réflexion et débat citoyen, en faisant de la jeunesse non seulement un sujet de discussion, mais aussi un acteur central des transformations en cours.




