Cette édition s’est tenue à Addis-Abeba, où le pays, conduit par le Dr Manaouda Malachie, a démontré qu’il n’était pas en Éthiopie « pour la villégiature ». Le 26 août 2026, en effet, le ministre camerounais de la Santé a séduit l’auditoire à travers trois dossiers majeurs de santé publique, portés à l’attention du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique.
Le premier volet a retenu l’attention du chef de la délégation camerounaise au Centre de conférences des Nations Unies. Le Dr Manaouda Malachie n’a pas fait dans la langue de bois : le continent concentre près d’un quart de la charge mondiale de morbidité, mais ne dispose que de 3 % du personnel de santé mondial, a-t-il fait noter.
S’il a reconnu que des avancées existent, le ministre a toutefois indiqué qu’elles restent en deçà de l’urgence.
Tout en s’appuyant sur l’expérience camerounaise, fondée sur un plan national pluriannuel de développement des ressources humaines en santé, ainsi que sur des efforts soutenus pour renforcer la formation, il a plaidé, de manière globale, pour un cadre stratégique régional plus équitable, une mutualisation plus intelligente des expertises et proposé la création d’un observatoire africain chargé de suivre les dynamiques du personnel de santé sur le continent.
Prioriser la petite enfance

Le deuxième axe présenté par le Cameroun, à travers son ministre, a porté sur le développement de la petite enfance. À ce sujet, le pays peut se prévaloir de résultats tangibles : l’émaciation chez les enfants de moins de cinq ans a été ramenée à 4,3 %, et la couverture vaccinale dépasse désormais 90 % de la cible fixée pour cette tranche d’âge.
Cela ne signifie pas pour autant que tout est réglé. Des zones d’ombre subsistent, notamment le retard de croissance, l’allaitement exclusif encore insuffisant et la vaccination contre la rougeole à consolider. C’est dans ce cadre qu’il a sollicité l’OMS et les partenaires stratégiques afin de mettre en place une politique nationale de nutrition et un plan stratégique multisectoriel alignés sur les cibles mondiales de 2030.
Paludisme : le Cameroun montre la voie
Au Radisson Blu, où s’est tenu un dialogue ministériel de haut niveau consacré à l’accès aux produits de santé innovants contre le paludisme, la délégation camerounaise n’est pas passée inaperçue. Le pays a rappelé sa vision et ses résultats.
Premier pays africain à avoir intégré le vaccin antipaludique à son calendrier vaccinal systématique dès janvier 2024, le Cameroun en récolte aujourd’hui les fruits : les couvertures vaccinales sont en hausse et les cas de paludisme reculent dans les zones couvertes.
Pour le ministre, cette réussite n’est pas un hasard. Elle découle d’une préparation minutieuse, de l’intégration du vaccin dans le programme de vaccination existant, d’une chaîne du froid renforcée, de personnels formés, d’une mobilisation communautaire réelle et de l’usage constant des données pour corriger le tir en temps réel.
In fine
Ressources humaines, santé de l’enfant et lutte contre le paludisme : en une seule journée, le Cameroun aura tenu sur trois fronts à la fois. Une diplomatie sanitaire dense, portée par une conviction simple : les engagements pris à Addis-Abeba ne valent que s’ils se traduisent, sur le terrain, par des résultats concrets pour les populations.




