Tuesday, July 14, 2026
Google search engine
AccueildéveloppementVilles propres : Ketcha Courtès transforme la salubrité en mouvement national

Villes propres : Ketcha Courtès transforme la salubrité en mouvement national

Faire de la propreté, de l’assainissement et de la qualité du cadre de vie des critères majeurs du développement urbain. Le pari que s’était fixé Célestine Ketcha Courtès en lançant le concours « Villes propres » semble aujourd’hui porter ses fruits au regard de l’engouement croissant que suscite cette initiative à travers le pays.

Lancée en 2019 sous l’impulsion de la ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, l’initiative « Villes propres » s’est progressivement imposée comme l’un des programmes citoyens les plus suivis par les collectivités territoriales camerounaises, au point de devenir aujourd’hui une référence nationale en matière d’hygiène, d’assainissement et de mobilisation communautaire.

Dans un pays où de nombreuses campagnes publiques disparaissent parfois après quelques éditions, le concours « Villes propres » suit une trajectoire inverse. Chaque année, l’initiative gagne en visibilité, élargit son champ d’action et suscite davantage d’adhésion au sein des communes.

Cette évolution porte en grande partie l’empreinte de Célestine Ketcha Courtès. Dès son arrivée à la tête du ministère de l’Habitat et du Développement urbain en 2019, l’ancienne maire de Bangangté, connue pour les politiques d’assainissement et d’embellissement urbain qui ont marqué son passage à la tête de cette commune, choisit de faire de la propreté urbaine un levier de gouvernance locale et de participation citoyenne.

Le projet naît modestement. En 2019, sous l’appellation « Quartiers propres », il concerne uniquement certains quartiers de Yaoundé. L’objectif est alors de sensibiliser les populations à l’entretien de leur environnement immédiat et de faire émerger une dynamique citoyenne autour de l’hygiène urbaine.

Mais très vite, l’initiative prend de l’ampleur. Dès 2020, le concours s’étend aux communes de Yaoundé, Douala et Limbé. Puis, à partir de 2021, les 360 communes du Cameroun sont appelées à entrer dans la compétition. Une montée en puissance progressive qui traduit la volonté du MINHDU de faire du concours un instrument national d’amélioration du cadre de vie.

Une vision devenue référence de l’action locale

Si le concours continue aujourd’hui de susciter autant d’intérêt, c’est parce qu’il repose sur une philosophie simple défendue par Célestine Ketcha Courtès depuis plusieurs années.

Pour la ministre, l’assainissement des villes ne peut pas être uniquement l’affaire de l’Etat ou des entreprises de collecte des déchets. Il doit devenir une responsabilité partagée entre les communes, les autorités administratives, les chefs traditionnels, les associations, les jeunes et les populations elles-mêmes.

Cette approche explique en grande partie le succès du programme. Là où beaucoup d’initiatives publiques reposent exclusivement sur les administrations, « Villes propres » mise sur la participation collective et la compétition positive entre collectivités.

Au fil des éditions, plusieurs communes ont fait de cette compétition un véritable moteur de transformation locale. Les opérations de nettoyage, de curage des caniveaux, d’embellissement des espaces publics ou encore de sensibilisation citoyenne ne sont plus seulement organisées à l’approche des évaluations. Elles tendent progressivement à s’inscrire dans la durée.

Les résultats observés ces dernières années illustrent cette dynamique. Limbé, Ebolowa, Yaoundé V, Garoua II, Bertoua Ier ou encore Nkongsamba Ier figurent parmi les collectivités qui ont progressivement fait du concours un levier de mobilisation populaire et d’amélioration du cadre urbain.

Au-delà des récompenses financières, la véritable réussite du projet réside peut-être ailleurs.  Le concours a réussi à faire de la propreté un sujet de fierté locale.

Une initiative qui prend de la valeur avec le temps

L’un des faits les plus remarquables reste que le concours semble gagner en crédibilité au fil des années au lieu de s’essouffler.

Les critères d’évaluation se sont progressivement affinés. La propreté visible des rues ne suffit plus. Sont également pris en compte l’entretien des établissements scolaires, des marchés, des formations sanitaires, la gestion des déchets, l’existence d’équipements d’assainissement, l’entretien des cours d’eau, la lutte contre les maladies liées à l’insalubrité ainsi que le niveau d’implication des populations.

Cette rigueur a permis au concours de dépasser le simple cadre symbolique pour devenir un véritable outil d’évaluation des politiques locales d’assainissement.

La reconnaissance internationale commence elle aussi à suivre cette évolution. En novembre 2024, l’expérience camerounaise du concours « Villes propres » a été présentée dans le cadre du Forum Urbain Mondial soutenu par ONU-Habitat, comme illustration d’une démarche favorisant la participation citoyenne dans l’amélioration du cadre de vie urbain.

Et dans un contexte où les villes camerounaises font face à des défis croissants liés à l’urbanisation, cette évolution constitue sans doute l’une des raisons pour lesquelles « Villes propres » continue, année après année, de mobiliser davantage de communes, de populations et d’acteurs locaux autour d’un même objectif.

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -
Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

Most Popular

Recent Comments

error: Content is protected !!