Alors que l’émotion suscitée par la saisie de 200 kg de cocaïne à l’aéroport de Douala est encore vive, les douaniers camerounais frappent de nouveau. Cette fois-ci, c’est à Ndokayo, dans la région de l’Est, qu’une nouvelle cargaison de 150 kg de cocaïne a été interceptée dans un bus en direction du Nord du pays. Une illustration frappante de l’extension de la menace narcotrafiquante sur l’ensemble du territoire.
Une deuxième saisie majeure en moins d’une semaine
Le 23 juillet 2025, les agents de la douane camerounaise, engagés dans l’opération Halte au commerce illicite (Halcomi), ont intercepté un bus de transport public à Ndokayo, dans la région de l’Est. À l’intérieur de la soute : 150 kilogrammes de cocaïne soigneusement emballés, destinés à être acheminés vers la partie septentrionale du pays.
Cette interception intervient seulement cinq jours après une autre prise spectaculaire de 200 kg de cocaïne à l’aéroport international de Douala, le 18 juillet. Ces deux affaires, survenues à quelques jours d’intervalle, témoignent de l’ampleur et de la sophistication des réseaux de trafic de drogue qui utilisent désormais divers moyens de transport — aérien comme terrestre — pour inonder le territoire camerounais.
Un trafic structuré, une réponse sécuritaire renforcée
Si la valeur marchande de cette nouvelle cargaison n’a pas été précisée, les 200 kg saisis à Douala avaient été estimés à près de 9 milliards de FCFA, laissant présumer que la prise de Ndokayo pourrait avoisiner les 6 à 7 milliards de FCFA, selon les standards du marché noir.
Cette opération s’inscrit dans un contexte de renforcement des dispositifs de lutte contre les trafics illicites, engagé depuis plusieurs années par les pouvoirs publics. Le dispositif Halcomi, déployé aux frontières terrestres, et les Cellules Aéroportuaires Anti-Trafic (CAAT), actives dans les zones aéroportuaires depuis 2016, travaillent de concert pour démanteler les réseaux criminels.
Des résultats tangibles, mais une menace persistante
Entre janvier et septembre 2024, l’opération Halcomi a permis la saisie de marchandises illicites estimées à 8 milliards de FCFA, selon les chiffres officiels présentés par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, le 1ᵉʳ décembre 2024. Ces résultats illustrent les efforts déployés, mais montrent également que le Cameroun reste un point de transit stratégique dans la géographie du narcotrafic en Afrique centrale.
La multiplication des prises de cocaïne, en particulier, montre que le pays n’est plus seulement une zone de passage, mais devient aussi une base logistique pour les cartels internationaux qui exploitent les failles dans le maillage sécuritaire et la porosité des frontières.
Vers une stratégie nationale intégrée contre le narcotrafic ?
Face à cette recrudescence, des voix s’élèvent pour réclamer une stratégie nationale multidimensionnelle contre le trafic de drogues : amélioration de la coordination entre douanes, police et gendarmerie, modernisation des équipements de détection, intensification de la coopération régionale, et adoption de lois plus répressives.
Il devient urgent de renforcer la résilience institutionnelle du Cameroun face à une menace qui compromet à la fois la santé publique, la stabilité économique et la sécurité nationale.
Conclusion : une alerte à prendre au sérieux Les deux saisies majeures de juillet 2025 ne sont probablement que la part visible d’un iceberg criminel. Elles appellent à une vigilance accrue des autorités et à l’implication active de la société civile pour enrayer un phénomène aux ramifications profondes. Le Cameroun ne peut se permettre de devenir un hub du narcotrafic en Afrique centrale.




