ALGER, Algérie, 11 septembre 2024 – Le président sortant Abdelmadjid Tebboune a remporté un second mandat lors de l’élection présidentielle de samedi avec près de 95 % des suffrages, malgré une faible participation électorale. Mohamed Charfi, président de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), a annoncé dimanche la réélection de Tebboune avec 94,65 % des voix, mais sans fournir de nouveaux chiffres sur le taux de participation, estimé à 48,03 %.
La participation électorale était un enjeu crucial pour Tebboune, qui souhaitait asseoir sa légitimité en tant que “président normal” après avoir été perçu comme “mal élu” en 2019, où il avait remporté 58 % des voix mais avec un taux de participation très faible de 39,83 %. Lors de cette élection précédente, l’Algérie traversait une période de troubles marquée par le mouvement de contestation Hirak, qui avait conduit au départ de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika.
Concurrence limitée et accusations de fraude
Face à Tebboune, seuls deux candidats s’étaient présentés : Abdelaali Hassani, chef du principal parti islamiste MSP, et Youcef Aouchiche, dirigeant du Front des forces socialistes (FFS). Le faible nombre de candidats et l’absence de figures de poids ont fait dire à certains électeurs qu’il n’y avait pas de véritable concurrence.
Le camp du candidat Hassani a dénoncé des “violations” et des “pressions” exercées sur des responsables locaux pour augmenter artificiellement le taux de participation. Le MSP a également remis en question la méthode de calcul de la participation, qualifiant de “bizarre” le taux moyen annoncé, basé sur une moyenne des résultats régionaux plutôt qu’un calcul classique.
Un mandat avec des défis
Bien que Tebboune ait obtenu une large victoire, l’analyste Hasni Abidi avertit que cette victoire pourrait masquer un “déficit d’adhésion populaire”, notamment chez les jeunes, qui constituent une grande partie de la population algérienne. Malgré le soutien de formations politiques majeures comme le FLN, Tebboune devra réexaminer sa gouvernance et apporter des changements à son équipe pour répondre aux attentes du peuple.
Pendant sa campagne, Tebboune avait promis une relance économique, en s’appuyant sur les ressources gazières de l’Algérie, et s’est engagé à créer 450 000 emplois, améliorer les salaires, et faire de l’Algérie la “deuxième économie d’Afrique”. Cependant, il devra également faire face aux critiques sur le manque de droits et de libertés, avec des opposants appelant à la libération des prisonniers d’opinion et à la révision de lois jugées injustes.




