Friday, August 14, 2026
Google search engine
AccueilMondeAfriqueTchad ꓽ Infrastructures-Accélérer le commerce régional

Tchad ꓽ Infrastructures-Accélérer le commerce régional

Enclavé au cœur de l’Afrique centrale, le Tchad mise sur les infrastructures commerciales pour réduire sa vulnérabilité aux revenus pétroliers. Un financement record de 127 millions de dollars accordé par Afreximbank doit soutenir des projets destinés à fluidifier les échanges et à renforcer l’intégration économique du pays avec ses voisins.

Le Tchad cherche un nouveau moteur de croissance. Longtemps dominée par les revenus pétroliers, l’économie du pays doit désormais composer avec la nécessité de diversifier ses activités et de renforcer ses échanges avec les marchés régionaux.

C’est dans cette perspective que le gouvernement tchadien vient de sécuriser auprès de la Banque africaine d’Import-Export (Afreximbank) une facilité équivalente à 110 millions d’euros en monnaie locale, soit environ 127 millions de dollars.

Annoncée le 10 août 2026, l’opération constitue le plus important financement jamais accordé au Tchad par l’institution panafricaine. Les ressources doivent notamment servir à financer des projets d’infrastructures et de développement du commerce inscrits au budget national.

Pour un pays sans accès direct à la mer, la qualité des infrastructures de transport et des équipements commerciaux constitue un enjeu économique majeur.

Le nouveau financement doit contribuer à améliorer les conditions nécessaires aux échanges, alors que N’Djamena cherche à accroître son intégration avec les économies voisines.

Les échanges intra-africains du Tchad ont atteint 312,5 milliards de francs CFA en 2025, soit environ 550 millions de dollars, selon l’Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED). Le Cameroun, le Nigeria et la Libye figurent parmi les principaux partenaires concernés.

Ces flux pourraient encore progresser si les infrastructures permettant de transporter les marchandises, de les stocker et de les commercialiser deviennent plus efficaces.

Pour le Tchad, l’enjeu est donc autant de produire davantage que de pouvoir acheminer sa production vers les marchés régionaux dans de meilleures conditions.

Afreximbank accompagne une stratégie de diversification

La facilité accordée par Afreximbank ne constitue pas une opération isolée. Elle découle du protocole d’accord signé entre l’institution et le gouvernement tchadien en juin 2025.

Ce cadre de coopération couvre plusieurs secteurs considérés comme prioritaires pour la transformation de l’économie tchadienne : développement du potentiel agropastoral, agriculture destinée à l’exportation, commerce de l’or, produits pétroliers raffinés et développement des capacités de raffinage.

L’objectif est ainsi de renforcer progressivement des secteurs susceptibles de générer des revenus en dehors du pétrole brut.

Le développement de l’agriculture et de l’élevage apparaît notamment stratégique pour un pays disposant d’un important potentiel agropastoral, mais dont les capacités de transformation et d’accès aux marchés restent encore limitées.

Le marché régional comme relais de croissance

Le renforcement des échanges avec les pays voisins constitue l’un des axes de cette nouvelle orientation.

La suppression annoncée des visas d’entrée pour les ressortissants africains à partir de 2027 pourrait également faciliter la circulation des personnes et, indirectement, soutenir les activités commerciales et économiques transfrontalières.

Cette volonté d’accroître l’intégration régionale s’inscrit dans une stratégie plus large portée par le plan « Tchad Connexion 2030 ».

Le gouvernement ambitionne de mobiliser jusqu’à 30 milliards de dollars afin de financer la transformation économique du pays, notamment dans le numérique, l’agriculture et l’industrialisation.

L’objectif affiché est particulièrement élevé : parvenir à une croissance réelle du PIB de 10 % à l’horizon 2030 et contribuer à sortir 2,5 millions de personnes de la pauvreté.

Le défi consiste désormais à transformer les financements mobilisés en infrastructures et en capacités économiques réellement opérationnelles.

L’amélioration des routes et des corridors commerciaux, le développement des activités agricoles et agroalimentaires, ainsi que le renforcement des capacités industrielles pourraient permettre au Tchad de mieux valoriser ses ressources et d’accroître ses exportations.

Mais cette transformation prendra du temps. À court terme, les perspectives restent plus prudentes. La Banque mondiale table sur une croissance de 5,2 % en 2026, alors que le pays poursuit ses réformes et ses efforts de diversification.

Le financement d’Afreximbank apporte néanmoins un signal important : pour réduire sa dépendance au pétrole, le Tchad ne mise pas uniquement sur de nouveaux secteurs de production. Il cherche aussi à construire les infrastructures qui permettront à ces secteurs d’accéder plus facilement aux marchés.

À terme, la réussite de cette stratégie dépendra donc moins du volume des financements mobilisés que de leur capacité à transformer le Tchad en un acteur commercial davantage connecté à son environnement régional. Un environnement de plus en plus concurrentiel dont la position continentale, sans acces direct à la mer, est un désavantage pour le pays.

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -
Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

Most Popular

Recent Comments

error: Content is protected !!