Avec une montée en puissance de ses capacités industrielles, Neo Industry ambitionne de redessiner la carte de la transformation du cacao au Cameroun. L’usine de Fondjomoko, en pleine expansion, vise à tripler sa capacité de traitement annuel et renforcer la valeur ajoutée locale.
À quelques kilomètres de la ville de Kekem, dans la région montagneuse de l’Ouest Cameroun, un chantier titanesque symbolise l’avenir industriel du cacao camerounais. L’usine de transformation de cacao de Neo Industry, implantée dans le village de Fondjomoko, entre dans une nouvelle ère avec un projet d’extension qui promet de propulser la filière locale à un niveau inédit.

L’ambition est claire : passer de 32 000 à 80 000 tonnes de fèves transformées chaque année, soit une multiplication par 2,5 de la capacité actuelle. Ce bond en avant positionnera Neo Industry comme un acteur de premier plan en Afrique subsaharienne dans le secteur de la transformation du cacao.
Une montée en puissance technologique et énergétique
Le plan d’extension s’articule autour de plusieurs axes industriels majeurs :
- Doublement des lignes de nettoyage, torréfaction et broyage
- Augmentation des presses hydrauliques (de 2 à 4)
- Passage de 4 à 6 lignes de conditionnement
- Ajout d’un système de raffinage et d’une chambre froide
- Installation d’un champ solaire et d’une chaudière biomasse pour renforcer l’autonomie énergétique
Ce renforcement des capacités techniques permettra à l’entreprise de diversifier encore davantage sa gamme de produits finis, incluant notamment beurre de cacao, poudre, masse et tourteaux, tout en améliorant leur qualité et leur compétitivité à l’export.
Prévu pour être achevé en décembre 2025, avec une mise en service au premier semestre 2026, ce projet industriel générera 700 emplois directs supplémentaires. Une aubaine pour l’économie locale, mais aussi un outil stratégique pour atteindre l’objectif national de transformation locale de 40 à 50 % de la production brute, soit environ 150 000 tonnes de fèves.

Actuellement, le Cameroun transforme environ 100 000 tonnes sur les 300 000 tonnes produites chaque année. À terme, Neo Industry pourrait représenter près de 80 % de la transformation locale actuelle à lui seul.
Un défi agricole à relever
Si les ambitions industrielles sont à la hauteur des enjeux économiques, le défi de l’approvisionnement en matière première reste entier. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a lancé un appel pressant aux producteurs : « Il faudra courir pour trouver la fève ».
Pour sécuriser son approvisionnement, Neo Industry s’appuie déjà sur un vaste réseau d’antennes d’achat dans les principales zones cacaoyères du pays : Bafia, Ntui, Mbalmayo, Ebolowa, Obala, Bafang, Mbanga, Yaoundé et Yokadouma.
Fondée en 2015 par l’entrepreneur Emmanuel Neossi, Neo Industry s’impose comme un acteur industrialo-social. L’usine, opérationnelle depuis 2019, a nécessité un investissement de 54 milliards FCFA, dont 1 milliard de soutien public. Durant sa construction, elle a mobilisé 800 travailleurs. Aujourd’hui, 279 employés y travaillent à plein temps.

Dans le cadre de sa politique de responsabilité sociétale, l’entreprise a également initié un programme d’accompagnement éducatif pour 100 enfants de planteurs originaires de Mbalmayo et Sa’a, témoignant de son engagement en faveur des communautés locales.
En plaçant la transformation au cœur de la stratégie économique du pays, Neo Industry ne se contente pas de traiter des fèves. Elle participe à la souveraineté industrielle du Cameroun dans un domaine où le pays reste encore trop dépendant des exportations de matières premières non transformées. Ce projet d’extension n’est pas seulement un chantier industriel, c’est un marqueur de changement de paradigme pour toute la filière cacao.




