Un phare d’espoir dans une année électorale cruciale
Fraîchement inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO en décembre 2024, le Ngondo s’apprête à célébrer sa nouvelle édition sous le signe de l’unité, dans un contexte camerounais particulièrement sensible.
Le Ngondo 2025, qui se déroulera comme chaque année au début du mois de décembre, revêt cette fois une dimension particulière. Avec sa récente reconnaissance par l’UNESCO comme patrimoine immatériel de l’humanité, cette célébration millénaire du peuple Douala s’impose comme un symbole d’espoir et d’unité dans une année que beaucoup qualifient déjà de cruciale pour l’avenir du Cameroun.

« La spécificité du thème de cette année, c’est la solidarité dans le rassemblement », a réitéré Sa Majesté Paul Milord Mbappe Bwanga, président en exercice du Ngondo et chef supérieur du canton Bele-Bele, le vendredi 13 juin 2025 au terme d’un point de presse particulièrement couru. Le thème choisi, “Ja Jongwanèlè O Kotomè” – qui associe la solidarité de l’édition précédente au rassemblement – porte en lui un message fort dans le contexte actuel.
« Pour être solidaire, il faut que vous soyez nombreux. Si vous êtes nombreux et que vous n’êtes pas solidaires, c’est que vous n’êtes pas ensemble »,a souligné le président du Ngondo, illustrant parfaitement la philosophie qui sous-tend cette édition 2025.
Ce message résonne particulièrement dans un Cameroun qui traverse une période de tensions multiples. Entre les défis sécuritaires dans certaines régions, les questionnements politiques liés à l’échéance électorale, et les divisions sociales grandissantes, l’appel au rassemblement solidaire lancé par le Ngondo prend une dimension prophétique.
Une reconnaissance qui transcende les frontières
L’inscription du Ngondo au patrimoine immatériel de l’UNESCO en décembre 2024 marque un tournant historique. Cette reconnaissance internationale valide ce que les peuples Sawa savent depuis des siècles : leur fête traditionnelle n’est pas seulement une célébration locale, mais un trésor de l’humanité.

Cette consécration arrive à point nommé. Dans une année où le Cameroun sera scruté par la communauté internationale, notamment à travers ses échéances électorales, le Ngondo devient un ambassadeur de paix et de dialogue. Il rappelle que le pays possède des valeurs ancestrales de vivre-ensemble qui peuvent servir d’exemple au monde entier.
« Peut-être que quelque chose pourrait être fait pour célébrer cette reconnaissance UNESCO, on ne sait jamais », confie prudemment le président Mbappe Bwanga, laissant entrevoir la possibilité d’initiatives spéciales pour marquer cette consécration.
Une année particulière aux “implications multiples”
Le président du Ngondo n’a pas caché que 2025 sera une « année particulière » avec de « nombreuses implications » pour la célébration traditionnelle. Cette formulation prudente fait écho aux enjeux politiques qui traversent le pays, notamment la perspective d’élections présidentielles dont la date reste à préciser. Dans ce contexte, le Ngondo pourrait jouer un rôle déterminant. Historiquement, cette fête a toujours été un moment de communion et de réconciliation pour les peuples du littoral camerounais. Ses valeurs de dialogue, de respect des ancêtres et de construction collective pourraient inspirer une approche apaisée des débats politiques à venir.
Au-delà du Cameroun, le Ngondo 2025 porte un message qui résonne dans toute l’Afrique. Sur un continent souvent déchiré par les divisions, l’exemple d’une tradition millénaire qui prône le rassemblement solidaire prend une valeur particulière.

La philosophie du Ngondo – qui consiste à puiser dans la sagesse ancestrale pour répondre aux défis contemporains – pourrait inspirer d’autres pays africains confrontés à des crises similaires. Elle rappelle que les solutions ne viennent pas toujours de l’extérieur, mais peuvent émerger des valeurs profondément ancrées dans nos cultures.
Alors que les préparatifs s’intensifient au bord du Wouri, le Ngondo 2025 s’annonce comme un moment charnière. Entre célébration du patrimoine nouvellement reconnu par l’UNESCO et appel pressant à l’unité nationale, cette édition pourrait marquer les mémoires. Le Ngondo, une fois de plus, se révèle être bien plus qu’une fête traditionnelle : un véritable laboratoire de solutions pour l’avenir du vivre-ensemble au Cameroun et en Afrique.




