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Congo ꓽ Agriculture -Transformer la production locale en moteur de souveraineté

Ouverte le 5 août à Bambou-Mingali sous la présidence de Denis Sassou N’Guesso, la deuxième édition de la Grande Foire Agricole du Congo dépasse désormais le cadre d’un simple rendez-vous commercial. Avec plus de 650 exposants, des délégations étrangères et une forte présence de jeunes entrepreneurs, l’événement entend rapprocher producteurs et consommateurs et donner une nouvelle dimension à la bataille pour l’indépendance alimentaire du pays.

À Bambou-Mingali, l’agriculture congolaise veut montrer qu’elle peut nourrir le pays, créer des emplois et générer davantage de valeur.

Depuis le 5 août 2026, le Parc des Expositions accueille la deuxième édition de la Grande Foire Agricole du Congo (GFAC), organisée à une soixantaine de kilomètres de Brazzaville. Jusqu’au 20 août, producteurs, transformateurs, entrepreneurs, organisations professionnelles et visiteurs se retrouvent autour d’un même enjeu : faire de la production nationale un véritable levier de développement.

La cérémonie d’ouverture, présidée par le chef de l’État Denis Sassou N’Guesso, a donné le ton. Cette deuxième édition se veut plus importante, plus ouverte et plus ambitieuse que la première.

Dès la fin de la cérémonie inaugurale, plusieurs milliers de visiteurs ont investi les différents espaces du site. Dans les pavillons, l’objectif est autant de vendre que de faire connaître la diversité des productions issues des différents territoires du Congo.

Bananes plantains, manioc, foufou, haricots, soja, céréales, volailles, poissons d’élevage ou encore produits transformés figurent parmi les produits présentés au public.

La présence de groupements de femmes illustre également le rôle croissant des activités agricoles et agroalimentaires dans l’autonomisation économique des communautés rurales.

Certains produits affichent par ailleurs des prix particulièrement accessibles. Des tomates et des aubergines sont notamment proposées autour de 250 francs CFA, donnant à la manifestation une dimension commerciale très concrète.

Pour les organisateurs, l’enjeu est donc de créer un espace où le producteur peut rencontrer directement le consommateur, tester ses produits et identifier de nouveaux débouchés.

« L’indépendance alimentaire » au cœur du message présidentiel

La deuxième édition de la GFAC est placée sous le thème « Nourrir la Nation pour honorer la Patrie ».

Lors de l’ouverture, Denis Sassou N’Guesso a inscrit la manifestation dans une ambition plus large : celle de renforcer progressivement l’autonomie alimentaire du Congo.

« Un peuple qui ne produit pas ce qu’il consomme n’est pas un peuple libre. »

Le chef de l’État a également établi un parallèle entre la célébration de l’indépendance nationale et la recherche d’une plus grande indépendance alimentaire.

Cette orientation donne à la foire une portée qui dépasse la promotion des produits agricoles. Elle pose la question de la capacité du Congo à développer une production suffisamment importante, régulière et compétitive pour réduire sa dépendance aux importations.

L’agriculture devient ainsi une question économique, mais aussi stratégique.

L’édition 2026 rassemble plus de 650 exposants venus des quinze départements du Congo.

Répartis dans 16 pavillons et cinq pôles thématiques, ils présentent une agriculture qui ne se limite pas aux cultures vivrières traditionnelles.

L’élevage, la pisciculture, la transformation agroalimentaire et différentes initiatives entrepreneuriales occupent également une place importante.

Cette diversité permet de mettre en évidence un potentiel encore largement sous-exploité : celui de créer des chaînes de valeur complètes à partir des productions locales.

Produire du manioc, par exemple, constitue une première étape. Le transformer en farine, en produits alimentaires conditionnés ou en autres dérivés permet de créer davantage de valeur, de développer des emplois et de rapprocher l’agriculture de l’industrie.

C’est précisément sur cette articulation entre production, transformation et commercialisation que se jouera une partie de l’avenir agricole du Congo.

Une ouverture qui dépasse les frontières du Congo

La deuxième édition affiche également une ambition internationale.

Après la cérémonie officielle, Denis Sassou N’Guesso a parcouru les différents pavillons en compagnie notamment des ministres de l’Agriculture du Mali et du Sénégal ainsi que d’une délégation chinoise.

Cette présence étrangère témoigne de la volonté d’inscrire la foire dans un réseau plus large d’échanges agricoles.

L’objectif peut être multiple : partager des expériences, présenter des technologies, développer des partenariats et attirer des investissements susceptibles d’accompagner la modernisation du secteur.

Pour le Congo, l’enjeu consiste désormais à transformer les rencontres ponctuelles en partenariats capables de déboucher sur des projets concrets : mécanisation, irrigation, stockage, transformation, formation ou accès aux marchés.

Autre particularité de cette édition : la place accordée aux jeunes.

De nombreux entrepreneurs présentent leurs initiatives et leurs projets dans les différents espaces de la foire. Cette présence traduit une évolution importante de l’image de l’agriculture, longtemps associée principalement au travail rural traditionnel.

L’agriculture peut également devenir un secteur entrepreneurial.

Production, élevage, pisciculture, transformation, distribution, numérique agricole ou logistique constituent autant de possibilités pour une nouvelle génération qui cherche à créer des activités économiques sur le territoire national.

La GFAC prévoit également des séminaires et des ateliers réunissant producteurs, experts et visiteurs.

L’objectif est de faire de la manifestation un espace d’apprentissage autant qu’un lieu d’exposition.

La question des compétences est en effet indissociable de celle de la souveraineté alimentaire.

Disposer de terres et de ressources naturelles ne suffit pas. Il faut également maîtriser les techniques de production, améliorer les rendements, limiter les pertes après récolte et savoir transformer les produits.

Les échanges organisés pendant la foire peuvent contribuer à diffuser ces connaissances et à rapprocher les producteurs des professionnels capables de les accompagner.

La formation apparaît ainsi comme l’un des leviers permettant de passer d’une agriculture essentiellement destinée à la subsistance à une agriculture davantage intégrée aux circuits économiques.

La fréquentation de Bambou-Mingali et la diversité des produits exposés témoignent d’un potentiel réel.

Mais le succès d’une foire agricole ne se mesure pas uniquement au nombre de visiteurs ou d’exposants. Il se mesure surtout à ce qu’elle permet de construire après sa fermeture.

Pour le Congo, le défi sera donc de transformer cette vitrine en dynamique durable : davantage de production, des infrastructures adaptées, des mécanismes de financement accessibles, des capacités de stockage et de transformation renforcées et des débouchés commerciaux suffisamment solides.

La souveraineté alimentaire ne se décrète pas. Elle se construit dans les champs, les fermes, les étangs piscicoles, les unités de transformation et les marchés.

À Bambou-Mingali, la deuxième Grande Foire Agricole du Congo veut précisément faire de cette ambition une réalité visible.

De la terre au marché, le pari est désormais de faire de l’agriculture congolaise non plus seulement un secteur à développer, mais l’un des moteurs de l’économie nationale.

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Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

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