Avec une progression de 3,5 % en 2024, le Cameroun affiche la croissance la plus solide de la zone CEMAC. Cette performance, portée par le dynamisme du secteur tertiaire, conforte le pays comme pilier économique de la sous-région, malgré des défis structurels persistants.

Selon le dernier Baromètre économique de la CEMAC publié par la Banque mondiale, le Cameroun a enregistré une croissance de 3,5 % en 2024, contre 3,3 % en 2023. Ce rythme dépasse celui des autres pays de la sous-région, confirmant la résilience de l’économie nationale face aux chocs mondiaux. La stabilité macroéconomique et la diversification progressive des secteurs expliquent en partie cette performance.
Le secteur des services en première ligne
L’Institut national de la statistique (INS) note que le secteur tertiaire est devenu le principal moteur de la croissance camerounaise. Les services, incluant le commerce, les télécommunications et les transports, contribuent désormais plus largement au PIB que les secteurs primaire (agriculture) et secondaire (industrie). Cette transformation structurelle marque un tournant économique, traduisant l’émergence d’activités urbaines modernes et la montée en puissance du numérique.
Des contrastes à gérer dans la dynamique économique
Malgré cette embellie, le Cameroun reste confronté à des défis majeurs : une inflation persistante au-dessus du seuil de tolérance de la CEMAC, un taux de chômage élevé, et des inégalités sociales fortes. De plus, l’agriculture, qui occupe près de 70 % de la population active, peine encore à bénéficier de la croissance. Les experts appellent à des politiques inclusives capables de relier les performances macroéconomiques aux réalités quotidiennes des ménages.
Quelles perspectives pour 2025 ?
Le gouvernement mise sur une croissance supérieure à 4 % en 2025, soutenue par les projets d’infrastructures, l’essor du numérique et les investissements étrangers. Toutefois, la réussite dépendra de la stabilité sécuritaire dans certaines régions, de la maîtrise de l’inflation et de la consolidation des réformes fiscales. Les institutions financières internationales encouragent le Cameroun à maintenir ses efforts pour rester le moteur économique de la CEMAC.




