Après plusieurs décennies de développement dans l’agro-industrie, l’immobilier, les télécoms et les médias, Baba Ahmadou Danpullo engage une nouvelle phase dans la gestion de ses actifs. Avec la création de Danpullo Capital, en partenariat avec Kessner Capital Management, l’homme d’affaires camerounais veut transformer son patrimoine en plateforme d’investissement capable d’accompagner des projets de croissance en Afrique centrale.
La création de Danpullo Capital marque une évolution dans la stratégie patrimoniale de Baba Ahmadou Danpullo. Jusqu’ici construit autour de plusieurs entreprises et participations sectorielles, son groupe se dote désormais d’une structure dédiée à la gestion des investissements et à l’allocation du capital.
Basée à Douala, cette nouvelle entité a été créée avec Kessner Capital Management, une société britannique spécialisée dans les investissements alternatifs en Afrique. Sa mission sera double : gérer les actifs de la famille Danpullo et identifier des opportunités d’investissement dans des secteurs stratégiques en Afrique centrale.
Cette approche rapproche le modèle du groupe de celui des grandes familles entrepreneuriales internationales, qui utilisent des structures d’investissement dédiées pour organiser leur patrimoine, diversifier leurs placements et financer de nouveaux projets.
Une alliance avec un spécialiste de la finance africaine
Pour structurer cette nouvelle plateforme, Baba Danpullo s’est associé à Kessner Capital Management, une firme londonienne créée en 2024 et spécialisée dans le crédit privé et la finance structurée sur les marchés africains.
La société a été fondée par le Camerounais Bruno-Maurice Monny, ancien cadre de J.P. Morgan et BNP Paribas, et le Ghanéen Benny Osei, qui a notamment travaillé dans les secteurs de la finance et de l’analyse de marchés.
Kessner Capital développe une approche centrée sur le financement direct des entreprises africaines, notamment dans des secteurs comme l’agriculture, les infrastructures, les technologies, les énergies renouvelables ou encore les services financiers.
En septembre 2025, la firme a lancé son premier fonds de crédit privé destiné aux PME africaines, avec des financements proposés en monnaies locales et en devises étrangères. Cette expérience doit désormais servir de levier pour accompagner la stratégie d’investissement de Danpullo Capital.
Avec Danpullo Capital, l’objectif n’est pas seulement de protéger les actifs existants, mais aussi de financer de nouvelles opportunités économiques dans la sous-région.
Le groupe Danpullo possède déjà un portefeuille diversifié construit au fil des années. À travers Bestinver, il intervient notamment dans le thé, l’agro-industrie, l’immobilier, l’élevage, les télécommunications et les médias.
L’homme d’affaires détient également des participations dans plusieurs entreprises stratégiques, notamment dans le secteur des télécoms avec Nexttel, dans l’agriculture avec Sodecoton et dans le secteur aéroportuaire avec les Aéroports du Cameroun.
Son patrimoine immobilier comprend des actifs au Cameroun, mais aussi à l’international, notamment au Nigeria, en France, en Suisse et en Afrique du Sud.
La création d’une structure d’investissement centralisée doit permettre de mieux coordonner ces différents actifs et d’orienter davantage de capitaux vers de nouveaux projets.
Le projet aérien comme prochain grand chantier
Cette nouvelle architecture financière intervient alors que Baba Danpullo affiche de nouvelles ambitions industrielles.
En juin 2026, l’homme d’affaires a annoncé un programme d’investissement de 500 milliards de FCFA consacré au lancement de Danpullo Air Line, une compagnie aérienne privée destinée à desservir les régions du Cameroun avant une extension progressive vers les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Le projet prévoit également la construction de deux aéroports privés à Douala et Yaoundé. Les travaux devraient débuter en septembre, avec une mise en exploitation annoncée autour de 2030.
La création de Danpullo Capital pourrait ainsi servir de véhicule financier pour accompagner ce type d’investissements lourds, nécessitant une mobilisation importante de capitaux et une gestion structurée des risques.
Au-delà du cas Danpullo, cette évolution illustre une tendance croissante chez les entrepreneurs africains : le passage d’un modèle fondé sur la détention directe d’entreprises à une organisation plus institutionnelle du capital.
Les family offices et sociétés d’investissement privées permettent notamment de professionnaliser la gestion des fortunes entrepreneuriales, d’attirer des partenaires financiers et de préparer la transmission des actifs sur le long terme.
Avec Danpullo Capital, Baba Ahmadou Danpullo cherche donc à inscrire son groupe dans une logique différente : moins centrée sur l’accumulation d’actifs individuels, davantage tournée vers la stratégie d’investissement et la création de valeur régionale.
L’enjeu sera désormais de transformer cette nouvelle plateforme financière en véritable moteur de croissance pour l’Afrique centrale, capable de financer des projets structurants tout en consolidant l’héritage économique construit depuis plusieurs décennies.




