En prélude aux Journées économiques et culturelles Afrique-Russie, l’Association panafricaine pour l’excellence, l’éducation, le développement et l’amitié entre les peuples — Abraham Petrovitch Hannibal (AP2ADE-APH) — a organisé une conférence de presse. Parmi les opérateurs économiques présents, Ntop, Président-directeur général du Groupe Ntop Sarl, a accepté de partager avec Journal ÇA PRESSE les raisons de son partenariat avec la Russie.
Bonjour, monsieur ! Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs du Journal ÇA PRESSE ?
Je suis Ntop, Président-directeur général du Groupe Ntop. Je suis camerounais et fier de l’être, parce que je considère que notre pays est une terre bénie.
Sur le plan juridique, notre siège social et notre direction générale sont actuellement basés à Akwa. Toutefois, nous sommes en train d’aménager d’autres bureaux à Bonamoussadi, dans l’arrondissement de Douala V, où nous avons trouvé un cadre assez spacieux pour permettre à nos employés de s’épanouir dans leur travail au quotidien. Nos effectifs augmentent de jour en jour.
Ntop Group Sarl est une entreprise camerounaise spécialisée dans l’agroalimentaire et les services agricoles. Nous assurons notamment :
- Le suivi et le conseil des agri-entrepreneurs ;
- La protection des terres ;
- l’analyse des sols ;
- La création de pépinières;
- La valorisation des chaînes de valeur agricoles ;
- L’installation de systèmes solaires photovoltaïques (pompage solaire et éclairage solaire).
Nous avons une équipe dynamique, avec une vision claire : réussir à travers les actions menées au quotidien.
En tant qu’entreprise, quels secteurs d’activités couvrez-vous ?
Notre activité principale, c’est le secteur agricole. Dans nos exploitations, nous cultivons des palmiers à huile, du poivre blanc, du cacao et de l’avocat. La culture de l’avocat est encore récente dans notre structure, mais nous disposons déjà de quelques hectares.
En réalité, nous avons lancé de très grandes superficies, mais pas encore toutes couvertes. En bref : l’agriculture est notre pilier et notre locomotive.
Est-ce à dire que vous faites exclusivement dans le secteur primaire ?
Je n’ai pas fini. Nous disposons aussi d’une entreprise de communication spécialisée dans les questions agricoles. Cette structure s’occupe de la commercialisation, de la distribution et de la vulgarisation de nos produits agricoles à l’échelle nationale et internationale, notamment vers les pays intéressés par nos offres : coton, plantain, palmier à huile, cacao, poivre blanc, avocat, etc.
En quelque sorte, c’est notre dénicheuse de marchés à l’international.
Nous avons également une entreprise de génie logiciel qui produit des logiciels web. À travers cette activité, nous créons des sites numériques dédiés à l’agriculture. Autrement dit, cela nous permet de développer l’agri-business.
Actuellement, nous travaillons à la création, d’ici décembre de cette année, d’une plateforme de centralisation stratégique des questions agricoles : une plateforme logistique, pensée pour favoriser une ouverture vers l’extérieur et travailler avec des pays comme le Burkina Faso, et bientôt le Mali.
Transformez-vous ce que vous produisez ?
Vous ne me laissez pas toujours terminer. Pour finir, nous avons aussi une industrie de transformation des produits agricoles, notamment le poivre blanc et le plantain.
Vous connaissez certainement notre marque, très connue sur le marché camerounais : Ntop Chips. Pour l’instant, nous ne sommes peut-être pas encore très populaires, mais nous faisons partie de ceux qui travaillent en back office afin que les Camerounais aient de quoi se mettre sous la dent au quotidien.
Ntop Group propose des chips de plantain mûr et non mûr, du poivre blanc moulu de haute qualité, des mélanges d’épices d’assaisonnement, ainsi que la commercialisation d’agrumes.
Notre crédo : « une bonne histoire, c’est comme un paquet de chips : quand on arrive à la fin, on en veut encore. »
Quels sont vos projets à venir ?
Notre plan de développement nous permet d’envisager plusieurs autres projets déjà conçus, mais encore mis de côté en attendant le moment opportun. Pour des raisons de sécurité, lorsque ces projets seront lancés, le public, ainsi que nos clients et partenaires, seront informés.
Vous venez de participer à la conférence de presse organisée par l’association AP2ADE-APH en prélude au Forum économique et culturel Russie-Afrique qui se tiendra à Moscou du 29 au 31 octobre. Pourquoi vous intéressez-vous à la Russie ?
Ne vous méprenez pas : nous ne nous intéressons pas spécialement à la Russie. Nous nous intéressons au monde économique. D’ailleurs, pour votre gouverne, le seul pays qui compte réellement pour nous, c’est le Cameroun.
Je ne voudrais pas manquer de respect à nos partenaires économiques, mais qu’ils sachent que leurs pays ne nous intéressent pas : ce sont les opportunités économiques qu’ils offrent qui comptent.
Dans les affaires, il n’y a ni beauté, ni amour, ni amitié : il y a des intérêts économiques. Nous n’irions jamais, par exemple, en Chine ou en Russie pour nous faire soigner : nous le faisons au Cameroun.
Mais vous auriez dû formuler autrement votre question, en nous demandant : « Pourquoi travaillez-vous avec la Russie ? » Je répondrais : parce que l’opportunité est réelle.
Avec la Russie, nous pouvons partager notre point de vue, nous faire entendre dans les affaires. J’aime souvent dire ceci : on ne collabore pas avec l’Occident, on est dicté par les règles de ce dernier. En revanche, avec la Russie, c’est du B2B, du gagnant-gagnant, du donnant-donnant, un carrefour du donner et du recevoir : vous me donnez, je vous donne.
En clair, nous nous intéressons aux opportunités d’affaires que cette collaboration peut produire.
Si vous aviez l’opportunité de conseiller d’autres entrepreneurs et investisseurs camerounais, que leur diriez-vous ?
Je leur demanderais de le faire principalement pour le respect de la dignité humaine qui caractérise ce pays de l’Eurasie. Qu’ils comprennent qu’en face de nous, il y a un peuple souverain qui nous respecte en tant que grande Nation, en tant que Camerounais et en tant que grand peuple africain.
Travailler avec la Russie, c’est travailler dans la dignité et avec un respect mutuel. Il n’y a rien de plus intéressant dans les affaires qu’un partenaire qui vous respecte.
Certes, l’argent est le nerf de la guerre, mais l’attitude respectueuse de la personne en face de vous compte aussi. Quand vous traitez avec quelqu’un et que vous savez qu’il tournera le dos par conviction pour vous dénigrer, il y a de fortes chances que vous ne collaboriez jamais avec lui.
Par contre, quand vous travaillez avec des pays comme la Russie, l’Iran ou la Chine, vous savez au moins que ces acteurs ont besoin de vendre. Ils ne cherchent pas à piller : ils font simplement du business.
Donc, à mes amis entrepreneurs et partenaires économiques, je dirai : choisissez le respect de la personne humaine et l’éthique, plutôt que la dictature, la domination, le mépris, la médisance, la fourberie. Soyez, dans vos échanges, un peu plus justes et plus humains.
À vous entendre, vous êtes très à l’aise au Cameroun. Êtes-vous convaincu que c’est facile d’investir au Cameroun ?
Ayant des entreprises au Cameroun, si je dis que ce n’est pas évident d’y investir, je me mentirais à moi-même. Notre pays est une terre d’accueil et d’opportunités.
Oui, il faut reconnaître qu’il y a des difficultés et des épreuves. Mais il n’empêche que le marché camerounais reste attractif. Le politique camerounais se bat autant qu’il peut pour régulariser le secteur des affaires et créer des facilités juridiques pour attirer les investisseurs.
Ceux du secteur privé, comme moi, qui ont fait de l’attraction des investisseurs leur combat, accompagnent l’État dans sa mission.
Donc, la réponse est oui, sans hésitation : il est facile d’investir au Cameroun, même si cela demande un peu de ténacité.
Tout en vous souhaitant bon vent pour votre participation à ce Forum, nous vous remercions pour votre disponibilité…
Je vous en prie. Et merci de nous avoir choisi.
Propos recueillis par : Cédric Fouodji




