Le premier réseau bancaire privé d’Afrique enregistre une solide progression de son activité au premier semestre 2026. Derrière cette dynamique, la filiale nigériane continue toutefois de peser sur les résultats du groupe, rappelant que la gestion du risque reste l’un des principaux défis de sa stratégie de croissance.
Ecobank Transnational Incorporated (ETI) poursuit son développement en Afrique avec des performances commerciales en nette progression. Au cours des six premiers mois de 2026, le groupe bancaire a généré un produit net bancaire de 1,3 milliard de dollars, soit une hausse de 15 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Le bénéfice avant impôt progresse également pour atteindre 423 millions de dollars. Cette croissance reste toutefois plus modérée, avec une augmentation de 6 %, signe que la hausse des revenus ne se traduit pas intégralement par une amélioration de la rentabilité.
Ce décalage constitue l’un des principaux enseignements des résultats semestriels publiés par le groupe basé à Lomé.
Le Nigeria continue de peser sur les comptes
L’écart entre la progression des revenus et celle des bénéfices s’explique principalement par la situation du marché nigérian.
La fin des mesures de flexibilité accordées par la Banque centrale du Nigeria a obligé les banques à reclasser certaines créances devenues plus risquées, en particulier dans les secteurs du pétrole et du gaz. Cette évolution réglementaire a entraîné une augmentation importante des provisions destinées à couvrir les pertes potentielles.
Pour Ecobank, cette situation se traduit par une dégradation des indicateurs de qualité des actifs. Le ratio de créances douteuses progresse sensiblement, tandis que les réserves constituées pour couvrir les risques de crédit continuent d’augmenter.
Malgré ces difficultés, les activités commerciales de la filiale nigériane restent dynamiques, avec une progression des revenus de 23 %.
Les autres régions soutiennent la performance
En dehors du Nigeria, les résultats demeurent solides dans la plupart des marchés où Ecobank est présente.
Les filiales d’Afrique centrale, orientale et australe enregistrent la plus forte progression des revenus, devant les pays anglophones d’Afrique de l’Ouest. La zone UEMOA, berceau historique du groupe, affiche également une croissance, bien que plus modérée.
Cette diversification géographique permet à Ecobank de limiter l’impact des difficultés rencontrées sur un seul marché et confirme l’intérêt de son modèle panafricain.
Au-delà de l’activité bancaire traditionnelle, Ecobank poursuit sa transformation autour des services numériques.
Les revenus issus des solutions de paiement continuent de progresser, tandis que le volume des transactions digitales connaît une forte accélération. Cette évolution s’appuie sur la modernisation des infrastructures technologiques du groupe et sur le développement de nouveaux services accessibles via les canaux numériques.
Sous l’impulsion de son directeur général Jeremy Awori, Ecobank mise sur l’innovation technologique pour améliorer l’expérience client, renforcer son efficacité opérationnelle et diversifier ses sources de revenus.
Le groupe poursuit également le renforcement de sa structure financière.
Au cours du semestre, Ecobank a levé 450 millions de dollars sur le marché international grâce à une émission obligataire qui a rencontré une forte demande des investisseurs. Dans le même temps, son actionnariat évolue avec la montée en puissance de Bosquet Investments, le véhicule d’investissement du financier camerounais Alain Nkontchou, désormais premier actionnaire du groupe.
Ces évolutions témoignent de la confiance des marchés dans les perspectives de développement d’Ecobank, malgré les défis rencontrés sur certains marchés.
À l’approche de la fin de son plan stratégique, Ecobank affiche une activité en progression, un bilan renforcé et une présence consolidée sur l’ensemble du continent.
Le principal enjeu sera désormais de réduire durablement le poids des créances à risque, notamment au Nigeria, afin que la croissance commerciale se traduise par une amélioration plus marquée des bénéfices.
La capacité du groupe à assainir son portefeuille de crédits tout en poursuivant ses investissements dans le numérique et le développement régional sera déterminante pour maintenir sa trajectoire de croissance et préserver la confiance des investisseurs.




