Saturday, July 25, 2026
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Assurance en Afrique : Les groupes marocains réussissent moins que les banques

Alors que les banques marocaines se sont imposées comme des acteurs majeurs dans plusieurs économies africaines, les compagnies d’assurance du Royaume restent encore peu présentes sur le continent. Malgré des moyens financiers solides et des ambitions régionales affichées, leur développement demeure bien en deçà de celui du secteur bancaire. Explications.

Depuis près de deux décennies, les établissements bancaires marocains ont accéléré leur implantation en Afrique subsaharienne.

Des groupes comme Attijariwafa bank, Bank of Africa ou encore Banque Centrale Populaire (BCP) occupent aujourd’hui une place importante sur plusieurs marchés, notamment au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), où ils représentent environ 20 % des actifs bancaires.

À l’inverse, les compagnies d’assurance marocaines restent des acteurs secondaires dans la zone de la Conférence interafricaine des marchés d’assurance (CIMA), où leur part de marché demeure inférieure à 8 % des primes émises.

Un secteur plus complexe à développer

Contrairement au secteur bancaire, l’assurance repose sur des réalités locales particulièrement marquées.

Les habitudes de consommation, le niveau de pénétration des produits d’assurance, les réglementations nationales et les spécificités des risques diffèrent fortement d’un pays à l’autre.

Cette diversité rend les stratégies d’expansion plus complexes et nécessite une adaptation importante des offres commerciales, des réseaux de distribution et des modèles de gestion.

Les assureurs marocains évoluent également dans un environnement où plusieurs groupes régionaux et internationaux disposent déjà d’une implantation historique.

Dans de nombreux pays d’Afrique francophone, les marchés sont dominés par des compagnies locales ou des groupes africains présents depuis plusieurs décennies, qui bénéficient d’une bonne connaissance des clients et des cadres réglementaires.

S’imposer dans ce contexte demande des investissements importants et une stratégie de long terme.

La présence de grandes banques marocaines sur le continent pourrait sembler constituer un avantage pour développer l’assurance via les réseaux d’agences.

Si la bancassurance représente effectivement un levier de croissance, elle ne garantit pas à elle seule un succès rapide.

Le développement des activités d’assurance nécessite également des capacités techniques en matière de gestion des risques, de tarification, de réassurance et de traitement des sinistres, autant de domaines qui exigent des investissements spécifiques.

Des marchés africains encore sous-exploités

Malgré ces difficultés, les perspectives de croissance restent importantes.

Le taux de pénétration de l’assurance demeure relativement faible dans de nombreux pays africains, laissant entrevoir un potentiel de développement à moyen et long terme.

L’urbanisation, l’essor de la classe moyenne, la progression des services financiers numériques et la multiplication des produits de micro-assurance pourraient progressivement élargir la clientèle.

Pour les groupes marocains comme Wafa Assurance, RMA ou AtlantaSanad, la conquête du marché africain devrait passer par une combinaison d’acquisitions, de partenariats locaux, d’innovation digitale et d’adaptation aux réalités économiques de chaque pays.

Si les banques marocaines ont démontré leur capacité à devenir des acteurs majeurs du paysage financier africain, le secteur de l’assurance devra encore relever plusieurs défis avant d’atteindre une influence comparable sur le continent.

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