Saturday, July 25, 2026
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Sénégal : Dakar veut positionner le riz local

Face à des stocks de riz local qui peinent à trouver preneur, les autorités sénégalaises renforcent leur stratégie de soutien à la filière. Entre restrictions temporaires sur les importations, nouvelles règles imposées aux commerçants et aides financières aux transformateurs, le gouvernement cherche à rééquilibrer un marché où le riz importé conserve une position largement dominante.

Le Sénégal poursuit sa politique de protection de la filière rizicole nationale. Depuis le 8 juillet, les autorités ont décidé de suspendre, pour une durée d’un mois, la délivrance des Déclarations d’importation de produits alimentaires (DIPA) concernant le riz. Cette décision, annoncée à l’issue d’une réunion entre le ministère de l’Industrie et du Commerce et les acteurs de la filière, vise à offrir davantage d’espace commercial à la production locale.

Cette mesure n’est pas une première. En novembre 2025, le gouvernement avait déjà adopté une suspension similaire afin de favoriser l’écoulement des récoltes nationales. Son renouvellement illustre les difficultés persistantes auxquelles sont confrontés les producteurs et les rizeries sénégalaises.

Des milliers de tonnes de riz attendent toujours des acheteurs

Les défis restent importants pour la filière. D’après les estimations de la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED), près de 37 000 tonnes de riz blanc sont actuellement stockées dans les rizeries, faute de débouchés suffisants.

Cette accumulation de stocks exerce une pression sur les industriels et les producteurs, qui peinent à écouler leur production dans un marché où le riz importé demeure largement préféré par les distributeurs et les consommateurs.

Les importateurs désormais mis à contribution

Au-delà de la suspension temporaire des importations, les autorités souhaitent modifier durablement les règles du marché. Les opérateurs économiques devront désormais prouver qu’ils ont acheté une quantité déterminée de riz local avant d’obtenir une nouvelle autorisation d’importation.

Avec ce dispositif, l’État entend impliquer directement les grands acteurs de la distribution dans la commercialisation de la production nationale. L’objectif est de créer des débouchés plus réguliers pour les producteurs tout en renforçant la présence du riz sénégalais dans les circuits commerciaux.

Le gouvernement accompagne également cette réforme par des mesures économiques destinées à soutenir les transformateurs.

Le prix d’achat du riz local a été fixé à 280 FCFA le kilogramme. En complément, les rizeries bénéficieront d’un appui public de 50 FCFA par kilogramme transformé afin d’alléger leurs coûts de production et d’améliorer leur compétitivité face au riz importé, souvent plus attractif en raison de son prix et de sa disponibilité.

Malgré les progrès réalisés dans la production nationale, le Sénégal demeure fortement dépendant des importations pour satisfaire la demande intérieure.

Selon les projections du Département américain de l’Agriculture (USDA), la production de riz blanchi devrait atteindre 670 000 tonnes au cours de la campagne 2026/2027. Dans le même temps, la consommation nationale est estimée à près de 2,35 millions de tonnes.

Cet important déficit devrait conduire le pays à importer environ 1,4 million de tonnes de riz, soit une hausse de près de 7,7 % par rapport à la campagne précédente. Ces chiffres montrent que, malgré les mesures de soutien mises en place, le défi de la souveraineté alimentaire reste entier pour les autorités sénégalaises.

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Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

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