Face aux enjeux de déscolarisation qui compromettent l’avenir de nombreux jeunes Sénégalais, l’État met en place un projet novateur pour réinsérer 15 000 élèves dans le système éducatif. Cette initiative vise à lutter contre l’éradication des sorties précoces et à rehausser la qualité de l’éducation à travers diverses réformes.
Au Sénégal, la lutte contre la déscolarisation prend une tournure nouvelle avec le lancement de l’initiative nommée Dellusil. Ce programme, annoncé le 23 janvier par Elhadji Saliou Ngom, coordonnateur du Projet d’amélioration des performances du système éducatif (PAPSE), a pour objectif la réinsertion de près de 15 000 élèves déscolarisés dans l’enseignement général ou la formation professionnelle. Les régions de Sédhiou, Dakar et Diourbel sont les premières cibles de cette opération.
Cette annonce a eu lieu lors du comité de pilotage du PAPSE, présidé par le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, Papa Malick Ndao. Ce comité a permis de dresser un bilan positif des performances du projet et de relancer les orientations stratégiques pour 2026. La volonté des autorités se révèle à travers leur engagement à accélérer la mise en œuvre des actions programmées.
Les réformes en cours incluent la refondation des curricula, la promotion des langues nationales via le MOHEBS (Modèle harmonisé d’enseignement bilingue au Sénégal), et le soutien à 1 098 daaras. De plus, l’intégration du numérique dans l’apprentissage et la contractualisation des performances avec les LYNAQ (Lycées Nation Armée pour la Qualité et l’Équité) sont des étapes déterminantes pour le développement éducatif.
Le PACSE est doté d’un budget conséquent de 15 milliards FCFA (27,4 millions USD) dans la Loi de finances 2026, en collaboration avec la Banque mondiale et les ministères des Finances, de la Formation professionnelle et de l’Enseignement supérieur.
Malgré ces avancées, la déscolarisation reste un défi structurel majeur. Selon le rapport d’État du système éducatif national (RESEN) publié en 2025, près de 38 % des enfants âgés de 6 à 16 ans ne sont pas scolarisés. Ce chiffre cache d’importantes disparités territoriales. La Banque mondiale a rapporté qu’en 2024, 24,5 % des enfants en âge d’aller à l’école primaire étaient hors du système éducatif. Dans la capitale, seuls 68 % des enfants urbains sont en classe, souvent victimes de la précarité, du travail précoce et de l’économie informelle.




