Malgré une tendance à la baisse en juin 2025, l’inflation au Cameroun reste supérieure au seuil de tolérance fixé par la CEMAC en date du 18 Août 2025. Cette situation continue de peser lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages et inquiète les institutions régionales et internationales.
Selon l’Institut national de la statistique (INS), le taux d’inflation au Cameroun s’est établi à 4,1 % au premier semestre 2025, bien au-dessus de la limite de 3 % imposée par la CEMAC. Bien que le mois de juin ait enregistré une légère baisse à 3,2 %, soit la cinquième diminution consécutive depuis le début de l’année, le pays reste en zone critique. Cette persistance reflète une vulnérabilité structurelle, notamment liée aux prix des denrées alimentaires et aux fluctuations des coûts de l’énergie.
Les répercussions sur les ménages
L’inflation soutenue érode directement le pouvoir d’achat des ménages camerounais. Les produits de première nécessité, en particulier les denrées alimentaires et les carburants, enregistrent une hausse continue. Selon les observateurs, cette situation pèse davantage sur les populations urbaines à revenu moyen et faible, dont le budget est absorbé à plus de 50 % par les dépenses alimentaires. Les syndicats et associations de consommateurs appellent les autorités à prendre des mesures de stabilisation des prix et de soutien ciblé aux foyers vulnérables.
Une alerte pour la CEMAC et les partenaires internationaux
La CEMAC considère que tout dépassement du seuil de 3 % d’inflation fragilise la stabilité monétaire régionale. Pour les bailleurs internationaux, comme la Banque mondiale ou le FMI, la situation camerounaise traduit un besoin de politiques budgétaires et monétaires plus rigoureuses. Les réformes structurelles engagées par Yaoundé, notamment dans le domaine fiscal, devront être accélérées pour contenir les déséquilibres.
Quelles perspectives pour la fin de l’année ?
Les autorités camerounaises misent sur une amélioration progressive grâce à la stabilisation des prix mondiaux et à une meilleure maîtrise des circuits d’approvisionnement. Toutefois, les analystes restent prudents : la dépendance aux importations alimentaires et énergétiques, combinée à des chocs climatiques récurrents, pourrait relancer les tensions inflationnistes dans les prochains mois. L’objectif annoncé est de ramener l’inflation sous la barre des 3 % d’ici 2026, un défi de taille dans un contexte économique incertain.




