Friday, February 13, 2026
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Industrialisation du Cameroun: Minim Martap, l’ambitieux projet de la bauxite est lancé

À l’aube de la campagne présidentielle, le Cameroun annonce un projet industriel majeur : l’exploitation de la bauxite à Minim-Martap, une initiative qui pourrait transformer son paysage économique.

Un Projet Stratégique aux Retombées Prometteuses
Le lundi dernier, au nom du président Paul Biya, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a officiellement lancé le projet d’exploitation et de transformation de la bauxite à Minim-Martap, dans la région de l’Adamaoua. Ce projet, porté par la société CAMALCO S.A., fait figure de pilier pour le développement économique national. Avec des réserves estimées à plus d’un milliard de tonnes de bauxite, le site est l’un des plus importants d’Afrique centrale.

L’initiative prévoit une extraction de 10 millions de tonnes par an sur deux décennies, accompagnée de la construction d’une usine de transformation d’un coût de 1 200 milliards de FCFA. Ce projet pourrait créer 5 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects. De plus, 30 % des revenus annuels seront alloués aux communautés locales, incluant la construction d’infrastructures sociales telles qu’un hôpital et une école.

Ce lancement survient dans un contexte électoral délicat. Alors que le pays se prépare à des élections, la réapparition de l’industrialisation dans les discours officiels semble être un écho des “grandes ambitions” souvent évoquées par le président depuis des années. Certains économistes notent que ces annonces, récurrentes en période électorale, soulèvent des questions quant à leur sincérité. Des critiques parlent d’une « politique des pierres », où les cérémonies de lancement sont fréquentes, mais peu d’initiatives aboutissent réellement.

Entre Espoir et Scepticisme
La réponse du public à cette annonce est contrastée. D’un côté, certains perçoivent une volonté sincère de valoriser les ressources nationales ; de l’autre, un certain cynisme prédomine. Les habitants de la région se rappellent des nombreux projets avortés : voies ferrées inachevées, stades laissés à l’abandon, zones industrielles promises mais non réalisées. L’absence de détails cruciaux, notamment sur le recrutement local et l’accès aux infrastructures, alimente le doute.

Le Premier ministre a insisté sur le fait que ce projet de transformation est un tournant pour le Cameroun, visant à établir une chaîne de valeur locale plus compétitive. Cependant, pour une jeunesse déjà éprouvée par le chômage et l’exclusion, ces promesses semblent insuffisantes. Comme le souligne un jeune diplômé, « on attend des résultats concrets, pas seulement des discours ».

Si le projet d’exploitation de la bauxite à Minim-Martap aboutit, il pourrait devenir un catalyseur essentiel pour l’économie camerounaise. Toutefois, dans un environnement où la méfiance règne et où les promesses sont souvent déçues, la population exige des résultats tangibles. À l’approche des élections, il est légitime de se demander si cette initiative représente une vision stratégique à long terme ou simplement un outil de campagne pour revitaliser une image gouvernementale vieillissante.

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Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

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