La production mondiale d’huile d’olive devrait augmenter de 27 % en 2024/2025, atteignant 3,1 millions de tonnes selon l’USDA. Cette hausse, due à de bonnes conditions climatiques en Europe et en Méditerranée, pourrait soulager le marché, mais les prix devraient rester élevés en raison de stocks bas et d’une forte demande.
L’huile d’olive, l’une des matières premières les plus chères du marché mondial, devrait connaître une augmentation de production au cours de la campagne 2024/2025. Selon le Département américain de l’agriculture (USDA), la production mondiale atteindra 3,1 millions de tonnes, en hausse de 27 % par rapport à l’année précédente, bien que légèrement inférieure aux prévisions du Conseil oléicole international, qui table sur 3,35 millions de tonnes.
Une reprise de la production en Europe et autour de la Méditerranée
Après deux années consécutives de baisse, la production mondiale d’huile d’olive devrait repartir à la hausse, portée par des conditions climatiques favorables et l’effet de l’alternance biennale des oliviers, phénomène naturel qui entraîne une augmentation des rendements tous les deux ans. L’Union européenne (UE) devrait produire environ 2 millions de tonnes en 2024/2025, contre 1,5 million de tonnes l’année précédente. En Espagne, premier producteur européen, des températures plus douces et des précipitations abondantes cet été et cet hiver ont favorisé des récoltes optimales.
En Turquie, la production d’huile d’olive devrait atteindre 350 000 tonnes, presque le double par rapport aux 190 000 tonnes de la saison précédente. La Tunisie prévoit également une forte augmentation avec 340 000 tonnes, soit une hausse de 70 % en un an. En revanche, la production au Maroc devrait stagner autour de 110 000 tonnes, bien en dessous de la moyenne annuelle de 167 000 tonnes observée entre 2017 et 2021.
Des tensions persistantes sur les prix malgré une offre en hausse
Si la campagne 2024/2025 annonce une amélioration de l’offre, les prix de l’huile d’olive pourraient rester élevés. Selon l’USDA, les stocks de début de campagne sont faibles, après deux années de sécheresse marquées par une forte demande mondiale. La consommation mondiale est prévue en hausse de 17 %, pour atteindre 2,8 millions de tonnes, tandis que les exportations devraient progresser de seulement 5 %, à 1,2 million de tonnes.
La pression sur les prix dépendra principalement de la reconstitution des stocks mondiaux. « L’ampleur de la réduction des prix au cours de la campagne sera conditionnée par la capacité à reconstituer les stocks, qui devraient rester inférieurs aux niveaux d’avant 2022/2023 », indique le rapport de l’USDA.
Les analystes soulignent que si les prix records observés en début d’année — jusqu’à 10 281 $ par tonne en janvier — ont depuis légèrement diminué, ils devraient rester élevés. En effet, le prix moyen de la tonne d’huile d’olive est attendu à plus de 8 500 $ d’ici fin 2024, contre 7 709 $ en 2023.




