L’Institut National de la Statistique (INS) révèle une tendance pour les entreprises camerounaises, marquée par l’acquisition d’actifs financiers, au détriment des équipements physiques dans un contexte économique en évolution. Ce choix stratégique soulève des questions au sujet de l’impact sur la production et l’innovation.
L’Institut National de la Statistique (INS) a récemment publié un rapport sur la situation économique et financière des entreprises en 2024, mettant en lumière les choix d’investissement des sociétés camerounaises. Selon ce rapport, les dépenses liées à l’acquisition d’équipements, de logiciels et d’actifs financiers ont connu une croissance de 28,5% en 2024, une hausse significative par rapport au 8,8% enregistré l’année précédente.
Le document souligne que les entreprises choisissent de plus en plus d’investir dans des actifs immatériels. Ce changement de cap dans les stratégies d’investissement se traduit par une préférence marquée pour l’achat d’actions, la souscription aux appels publics à l’épargne et les placements privés. En contraste, l’acquisition d’équipements destinés à améliorer l’outil de production devient secondaire.
Cette dynamique a des répercussions sur le marché financier. Les sociétés de gestion d’actifs et les opérations sur le marché des valeurs du Trésor, supervisé par la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), bénéficient de cette réorientation. Ainsi, les levées de fonds réalisées à la bourse de Douala par les États de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA) prennent un nouvel essor.
Cependant, cette nouvelle orientation d’investissement présente des défis à relever, notamment pour l’outil de production. Ce d’autant qu’en 2024, il a été donné de constater une légère détérioration de celui-ci, avec un taux de vieillissement des immobilisations atteignant 60,6%, comparé aux 60,3% de 2023. Cela indique une perte significative de valeur, liée à l’usure et à l’obsolescence des équipements.




