Le lancement à Douala du nouveau dispositif de gestion du BESC et de la redevance armatoriale marque une étape décisive pour la République centrafricaine, qui fait le choix de la digitalisation pour sécuriser ses recettes et reprendre le contrôle stratégique de son commerce extérieur.
Le lancement à Douala du nouveau dispositif de gestion du Bordereau électronique de suivi des cargaisons et de la redevance armatoriale de la République centrafricaine marque bien davantage qu’une simple réforme administrative. Pour Bangui, il s’agit en réalité d’un instrument crucial destiné à mieux contrôler son commerce extérieur, sécuriser ses recettes et reprendre la maîtrise complète des données stratégiques liées aux flux de marchandises.

La cérémonie officielle organisée le jeudi 18 juin 2026 à Douala a d’ailleurs réuni les autorités camerounaises et centrafricaines autour d’un projet dont les implications dépassent largement le secteur des transports. Placée sous la présidence conjointe de Herbert Gontran Djono Ahaba, Ministre des Transports et de l’Aviation Civile de la République centrafricaine, et de Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, Ministre des Transports de la République du Cameroun, cette rencontre marque un tournant décisif pour la facilitation du commerce transfrontalier. C’est dans cette optique que le gouvernement centrafricain a décidé de confier à un opérateur unique, le Groupe Albatros, entreprise de droit centrafricain et mandataire exclusif de l’État, la gestion du nouveau dispositif avec l’appui technique de K-Polygone Multinational. Selon les autorités, cette réforme doit permettre de renforcer la traçabilité des cargaisons, de sécuriser les flux financiers et d’améliorer la collecte des recettes liées à la redevance armatoriale.
Il convient de rappeler que le BESC n’est pas un document nouveau en Afrique centrale puisqu’il est utilisé depuis plusieurs années comme instrument de suivi du fret maritime et terrestre. En République centrafricaine, toute marchandise importée, exportée ou en transit doit obligatoirement être couverte par un BESC validé par le Conseil centrafricain des chargeurs.
Les enjeux de la redevance armatoriale et de la digitalisation du fret
Sa fonction se veut d’ailleurs multiple. Le Conseil centrafricain des chargeurs le présente en effet comme un outil d’anticipation et de facilitation permettant de réduire les délais et les coûts de passage des marchandises tout en améliorant la disponibilité des informations logistiques. Pour les administrations publiques, il constitue également un moyen de disposer de statistiques fiables sur le commerce extérieur et de lutter contre certaines formes de fraude.
La réforme concerne tout aussi directement la redevance armatoriale, souvent méconnue du grand public mais pourtant essentielle dans l’organisation du commerce maritime. Il s’agit d’une contribution prélevée sur les opérations de transport des marchandises par voie maritime. Dans plusieurs pays africains, son produit permet de financer les organismes publics chargés de la protection des intérêts des chargeurs, du suivi des cargaisons et de l’amélioration des chaînes logistiques. En République centrafricaine, les autorités souhaitent désormais




