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Egypte ꓽ exportation du textile -Le canal de Suez, nouvelle plateforme

Avec l’arrivée de Jasan Group, l’Égypte franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement industriel. Le groupe chinois prépare un complexe textile de 117 millions de dollars dans la zone économique du canal de Suez, avec l’ambition de produire principalement pour les marchés étrangers et de créer 6 000 emplois.

L’Égypte cherche à changer d’échelle dans le textile. Alors que Le Caire veut accroître rapidement ses recettes d’exportation dans l’habillement, les investissements étrangers se multiplient dans les zones industrielles proches du canal de Suez.

Dernier projet en date : celui du chinois Jasan Group, qui prévoit d’injecter 117 millions de dollars dans un vaste complexe consacré à la filature, au tissage et à la confection dans la zone industrielle de Qantara Ouest, au sein de la Zone économique du canal de Suez (SCZONE).

La première pierre du site a déjà été posée, selon un communiqué publié le 10 août 2026 par l’autorité chargée de la zone.

Le futur site s’étendra sur 300 000 m² et sera construit en trois étapes. Sa particularité réside dans son caractère intégré : Jasan Group prévoit d’y regrouper plusieurs maillons de la chaîne de production textile.

Le complexe comprendra notamment des unités de filature et de tissage, des ateliers de confection de vêtements, dont des articles de sport, ainsi que des installations dédiées aux chaussettes, aux accessoires et à la teinture.

Pour l’Égypte, l’intérêt dépasse donc la seule création d’une nouvelle capacité de confection. Le projet doit contribuer à développer une chaîne industrielle plus complète sur le territoire, capable de transformer davantage de matières premières avant leur expédition vers les marchés internationaux.

À terme, environ 6 000 emplois directs devraient être créés.

90 % de la production destinée à l’étranger

L’orientation export constitue l’un des principaux atouts du projet.

Jasan Group prévoit de destiner environ 90 % de sa production aux marchés internationaux. Le complexe doit ainsi profiter de la position géographique de l’Égypte, située au carrefour de l’Afrique, du Moyen-Orient, de l’Europe et de l’Asie.

La proximité du canal de Suez représente également un avantage logistique pour une industrie comme le textile, dont la compétitivité dépend fortement de la capacité à acheminer rapidement les marchandises vers différents marchés.

Le projet de Qantara Ouest s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large visant à utiliser les zones industrielles égyptiennes comme plateformes de production tournées vers l’export.

L’arrivée de Jasan Group intervient dans un contexte de montée des investissements étrangers dans l’industrie textile égyptienne.

Les groupes chinois figurent parmi les investisseurs les plus actifs, mais les entreprises turques manifestent également un intérêt croissant pour le secteur. En avril 2026, la SCZONE avait annoncé un investissement de 8 millions de dollars porté par Dinamik Raus Tekstil et YILTEM Apparel pour développer une usine de confection à Qantara Ouest.

Cette concentration de projets autour du canal de Suez témoigne de la volonté de l’Égypte de constituer un véritable pôle industriel dédié au textile et à l’habillement.

Pour les investisseurs, le pays présente plusieurs avantages : une importante main-d’œuvre industrielle, une position géographique stratégique et un accès facilité à plusieurs marchés d’exportation.

Qantara Ouest cherche à devenir un pôle industriel régional

Derrière ces investissements se trouve un objectif beaucoup plus ambitieux : augmenter fortement le poids du textile dans les exportations nationales.

Le Conseil des exportations de vêtements vise 4,4 milliards de dollars d’exportations en 2026, principalement grâce au prêt-à-porter. À plus long terme, l’objectif fixé est de parvenir à 11,5 milliards de dollars par an à l’horizon 2030.

Une telle progression marquerait un changement d’échelle considérable. En 2024, les exportations du secteur étaient estimées à 2,8 milliards de dollars.

Pour atteindre cette cible, l’Égypte doit à la fois accroître ses capacités de production, attirer davantage de capitaux étrangers et améliorer l’intégration de sa chaîne de valeur textile.

Le projet de Jasan Group donne une nouvelle dimension à cette stratégie.

En accueillant un complexe couvrant plusieurs étapes de la production, la zone industrielle de Qantara Ouest cherche à se positionner comme un centre spécialisé capable d’attirer d’autres entreprises autour des mêmes chaînes de valeur.

L’enjeu est donc de créer un effet d’entraînement : davantage d’usines, plus de fournisseurs locaux, des capacités de transformation accrues et, à terme, une hausse des exportations.

Pour l’Égypte, le textile peut ainsi devenir bien plus qu’une industrie traditionnelle. Il constitue un levier pour attirer des investissements manufacturiers, créer des emplois et renforcer la présence du pays sur les marchés internationaux.

Avec son investissement de 117 millions de dollars, Jasan Group apporte une nouvelle pièce à cette stratégie. Le véritable défi sera désormais de transformer l’accumulation de projets étrangers en une filière textile égyptienne suffisamment intégrée et compétitive pour atteindre pour atteindre les objectifs nationaux et ainsi conquérir un plus vaste marché à la fois régional, continental et même planétaire.

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Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

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