Friday, August 14, 2026
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Maroc : Le chômage ne recule pas

L’économie marocaine affiche des indicateurs macroéconomiques solides, avec une croissance soutenue, une inflation maîtrisée et des investissements en hausse. Pourtant, cette dynamique peine encore à se traduire par une amélioration significative de l’emploi, révélant les limites d’une croissance qui bénéficie inégalement à la population active.

Le rapport annuel 2025 de Bank Al-Maghrib, présenté le 20 juillet 2026 au roi Mohammed VI par le gouverneur Abdellatif Jouahri, met en évidence les performances enregistrées par l’économie marocaine au cours de l’année écoulée.

Avec une croissance estimée à 4,9 %, le Maroc a confirmé sa capacité à maintenir une dynamique économique favorable malgré un environnement international marqué par de nombreuses incertitudes.

Cette progression a été soutenue par l’investissement public et privé ainsi que par la bonne tenue des secteurs non agricoles, qui continuent de tirer l’activité économique.

Dans le même temps, les principaux équilibres macroéconomiques sont restés relativement solides. L’inflation est demeurée sous contrôle, les réserves de change se sont consolidées et le déficit budgétaire est resté contenu.

L’emploi ne suit pas le rythme de la croissance

Malgré ces résultats, le rapport souligne que les performances économiques ne se traduisent pas encore par une amélioration proportionnelle du marché du travail.

La création d’emplois reste insuffisante pour répondre à l’arrivée de nouveaux actifs et réduire durablement le chômage.

Ce décalage met en évidence un défi majeur pour l’économie marocaine : transformer la croissance en opportunités d’emploi capables de bénéficier à une part plus importante de la population.

Autrement dit, la progression du produit intérieur brut ne produit pas encore les effets attendus sur l’inclusion économique.

Au cours des dernières années, le Maroc a renforcé son positionnement dans plusieurs filières industrielles à forte valeur ajoutée.

L’automobile, l’aéronautique et l’industrie des phosphates figurent parmi les principaux moteurs de cette transformation économique.

Ces secteurs contribuent à améliorer les exportations, attirent des investissements et renforcent la compétitivité du pays.

En revanche, leur capacité à absorber une main-d’œuvre nombreuse demeure limitée, ce qui explique en partie le décalage entre la croissance économique et la création d’emplois.

Le défi d’une croissance plus inclusive

Les conclusions du rapport mettent ainsi en lumière un enjeu de fond : la qualité de la croissance.

Pour produire des effets durables sur le niveau de vie, la croissance doit s’accompagner d’une augmentation des emplois, notamment pour les jeunes et les nouveaux entrants sur le marché du travail.

Cette problématique dépasse les seuls indicateurs économiques et renvoie à la capacité du modèle de développement à répartir plus largement les bénéfices de l’expansion économique.

Les résultats présentés par Bank Al-Maghrib montrent que le Maroc dispose d’une économie de plus en plus résiliente et diversifiée.

Le principal défi consiste désormais à faire en sorte que cette dynamique se traduise par davantage d’opportunités professionnelles et une amélioration durable des conditions de vie.

Pour les décideurs économiques, l’enjeu sera de poursuivre les investissements productifs tout en favorisant les secteurs capables de générer davantage d’emplois et d’élargir les retombées de la croissance à l’ensemble de la population active.

Le rapport rappelle ainsi qu’une croissance élevée, à elle seule, ne garantit pas un développement inclusif. La capacité à créer des emplois reste l’un des principaux critères d’évaluation de la performance économique d’un pays.

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Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

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