Monday, June 29, 2026
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Douala-Bangui : Le corridor vital de l’économie centrafricaine

Lorsque la République centrafricaine choisit Douala pour lancer son nouveau dispositif de gestion du BESC et de la redevance armatoriale, le symbole est fort. Car derrière cette réforme se trouve une réalité économique incontournable, l’essentiel de la vie économique centrafricaine continue de dépendre du corridor Douala-Bangui.

Long de plus de 1 400 kilomètres, cet axe est aujourd’hui considéré par la Banque Mondiale comme la principale artère économique reliant la République centrafricaine au commerce mondial. Plus de 80 % du commerce extérieur centrafricain y transite en effet au quotidien.

Cette dépendance structurelle explique l’attention croissante portée à sa modernisation par les différents acteurs régionaux, qui intègrent désormais une approche multimodale englobant l’axe Douala-Kribi-Bangui afin de s’appuyer sur les deux façades maritimes du Cameroun.

Selon la Banque mondiale, malgré son importance stratégique, le corridor reste confronté à de nombreuses difficultés. Les coûts de transport peuvent atteindre 270 dollars par tonne, tandis que les délais de transit varient généralement entre neuf et douze jours. Sur le seul territoire camerounais, 38 postes de contrôle ont été recensés, dont 17 impliqueraient des paiements informels. Ces lourdes contraintes renchérissent le coût des marchandises, affectent la compétitivité des entreprises et pèsent sur le pouvoir d’achat des populations.

Un plan d’investissement massif 

Conscientes de ces enjeux majeurs, les institutions internationales ont décidé d’accélérer les investissements de manière significative. Le 12 juin 2026, la Banque Mondiale a ainsi approuvé un vaste programme de transformation du corridor Douala-Bangui d’un montant global de 1,12 milliard de dollars. Une première phase de 525 millions de dollars doit permettre la réhabilitation des infrastructures prioritaires, l’amélioration de la sécurité routière et la mise en œuvre de réformes de maintenance au Cameroun, en République centrafricaine et au niveau régional.

Pour le Cameroun, l’enjeu s’avère tout aussi important puisque le pays réaffirme son rôle de hub logistique sous-régional. Les autorités camerounaises, par la voix de leur ministre des Transports Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, soulignent d’ailleurs que cette coopération étroite a conduit à l’harmonisation de la gouvernance économique avec les partenaires maritimes. Actuellement, les besoins de financement nécessaires à la modernisation complète de la partie camerounaise du corridor sont évalués à près de 890 milliards de FCFA.

Dans ce contexte, la réforme du BESC et de la redevance armatoriale apparaît comme le volet numérique d’une transformation plus vaste. Pendant que les bailleurs de fonds financent les infrastructures physiques, les États cherchent à améliorer la circulation de l’information, la traçabilité des marchandises et la sécurisation des flux financiers.

Le défi reste considérable car il ne s’agit plus seulement de transporter des marchandises entre Douala et Bangui. L’ambition est plutôt de construire un corridor moderne capable de réduire les coûts logistiques, d’accélérer les échanges commerciaux et de soutenir l’intégration économique de l’Afrique centrale.

A travers le lancement du nouveau dispositif centrafricain, c’est finalement l’avenir d’un corridor vital pour plusieurs millions de personnes qui se dessine. Il s’agit d’un axe routier et maritime dont dépend encore largement la capacité de la République centrafricaine à commercer efficacement avec le reste du monde.

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Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

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