Saturday, April 18, 2026
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Gambie ꓽ Déficit alimentaire- Le riz comme principale cause  

 

Petit par la taille mais colossal par la consommation, la Gambie affiche des chiffres surprenants : ses habitants sont, en moyenne, les plus grands consommateurs de riz au monde. Entre habitudes alimentaires profondément ancrées, dépendance aux importations et ambitions d’autosuffisance, le pays doit concilier sécurité alimentaire et renforcement de sa production locale pour réduire sa vulnérabilité.


Dans les foyers gambiens, le riz n’est pas qu’un accompagnement — il constitue l’essentiel des repas. Les données de la FAO reprises par un rapport du Fonds monétaire international pour 2025 montrent une consommation par habitant exceptionnelle : environ 256,4 kg de riz par an. Ce niveau place la Gambie devant des poids lourds rizicoles comme le Bangladesh ou le Vietnam et révèle combien cette céréale est devenue centrale dans la culture alimentaire nationale.

Riz et sécurité alimentaire : un pilier des zones rurales

Le rôle du riz dépasse la simple préférence gustative : il représente une part majeure de l’apport calorique, en particulier en milieu rural. D’après la Banque Africaine de Développement (BAD), près de 75 % des calories consommées dans ces zones proviennent du riz, ce qui en fait un levier essentiel pour la nutrition et la résilience des communautés rurales. L’urbanisation autour de la capitale Banjul et la hausse démographique contribuent aussi à faire grimper la demande nationale, qui dépasse aujourd’hui les 300 000 tonnes de riz blanchi annuelles, contre environ 200 000 tonnes dans les années 2010.

Cette consommation élevée contraste avec une production domestique insuffisante. La Gambie importe chaque année plus de 170 000 tonnes de riz — près de 80 % de la consommation nationale — principalement sous forme brisée. Cette dépendance expose le pays aux fluctuations des marchés internationaux : hausses des prix ou tensions d’approvisionnement se traduisent rapidement par des difficultés sur le pouvoir d’achat et peuvent peser sur la stabilité sociale.

Un potentiel agricole encore largement sous-exploité

Pourtant, les ressources de la Gambie offrent des marges de progression. Sur environ 440 000 hectares de terres arables, seulement une fraction est destinée au riz (quelque 15 %). Les bas-fonds aménagés et les rizières irriguées restent limités. L’extension de l’irrigation, l’amélioration des semences et l’accès facilité aux intrants et aux équipements pourraient considérablement relever les rendements et réduire la dépendance aux importations.

Le gouvernement s’est fixé, en 2022, l’objectif d’atteindre l’autosuffisance rizicole à l’horizon 2027. Plusieurs obstacles subsistent : accès au crédit pour les petits producteurs, modernisation des techniques culturales, développement des infrastructures d’irrigation et chaînes de valeur locales mieux organisées. Sans interventions publiques soutenues et investissements privés ciblés, nombre d’analystes estiment que l’ambition restera difficile à tenir.

Atteindre une plus grande souveraineté alimentaire passera par plusieurs chantiers complémentaires : intensification durable des cultures, renforcement des capacités des agriculteurs, politiques incitatives pour l’irrigation et stockage local, et partenariats pour l’accès aux intrants de qualité. Une stratégie cohérente et financée pourrait transformer le paradoxe gambien — un pays qui consomme beaucoup mais produit peu — en opportunité de développement pour ses agriculteurs et sa sécurité alimentaire.

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Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

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