Le développement d’une nouvelle liaison ferroviaire entre Edéa, Kribi, Lolabé et Campo pourrait redessiner la carte logistique du Cameroun. Porté par un partenariat entre l’État, Africa Global Logistics (AGL) et CAMALCO, ce projet vise à soutenir l’essor industriel du Sud, renforcer l’attractivité du port de Kribi et accompagner l’exploitation des ressources minières stratégiques du pays.
Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans sa politique de modernisation des infrastructures de transport avec le lancement des travaux préparatoires de la future ligne ferroviaire Edéa–Kribi–Lolabé-Campo. À travers un mémorandum d’entente signé entre l’État du Cameroun, Africa Global Logistics (AGL) et la société minière CAMALCO, les partenaires affichent leur volonté commune de développer un corridor logistique capable de soutenir les ambitions économiques nationales.
Inscrit parmi les projets prioritaires de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30), ce futur axe ferroviaire devrait renforcer l’interconnexion entre les bassins de production, les zones industrielles émergentes et les infrastructures portuaires du pays.
Kribi, futur hub logistique de référence
Au-delà du transport ferroviaire, le projet s’inscrit dans une vision plus large de développement du complexe industrialo-portuaire de Kribi. Grâce à sa position stratégique et à son port en eaux profondes, la ville est appelée à jouer un rôle central dans les échanges commerciaux nationaux et sous-régionaux.
La nouvelle ligne devrait faciliter l’acheminement des marchandises vers les terminaux portuaires, réduire les coûts logistiques et améliorer la compétitivité des entreprises opérant dans les secteurs industriels, miniers et commerciaux.
Cette interconnexion entre rail, port et zones industrielles constitue un levier majeur pour attirer de nouveaux investissements et favoriser l’implantation d’activités à forte valeur ajoutée dans le Sud du pays.
L’un des principaux enjeux de cette infrastructure concerne l’exploitation de la bauxite du gisement de Minim Martap, considéré comme l’un des plus importants projets miniers en développement au Cameroun.
CAMALCO, filiale locale du groupe australien Canyon Resources, prévoit d’importants investissements pour développer ce projet dont les perspectives de production pourraient atteindre plusieurs millions de tonnes de bauxite par an. La future ligne ferroviaire permettra d’assurer un transport plus efficace des minerais vers les installations portuaires de Kribi destinées à l’exportation.
Pour les acteurs du secteur, cette infrastructure représente un élément déterminant pour garantir la rentabilité, la fluidité et la compétitivité de la chaîne logistique minière.
Un partenariat public-privé stratégique
Le projet repose sur une approche collaborative associant l’État du Cameroun et des partenaires privés spécialisés dans les domaines du transport, de la logistique et de l’exploitation minière.
Dans le cadre du mémorandum signé à Yaoundé, les trois parties travailleront sur l’actualisation des études techniques, la structuration financière du projet ainsi que les modalités de construction, d’exploitation et de maintenance de l’infrastructure.
Cette démarche vise à mobiliser les expertises complémentaires nécessaires à la réalisation d’un projet d’envergure dont les impacts sont attendus aussi bien sur la mobilité des marchandises que sur le développement économique des territoires traversés.
Au-delà des enjeux industriels, le futur corridor ferroviaire pourrait contribuer à améliorer la desserte des localités du Sud, faciliter les déplacements et soutenir la création d’activités économiques le long du tracé.
Les autorités espèrent également que le projet favorisera la création d’emplois directs et indirects durant les phases de construction et d’exploitation, tout en stimulant l’émergence de nouveaux pôles de développement autour des infrastructures logistiques et industrielles.
Avec cette initiative, le Cameroun confirme sa volonté de renforcer son réseau de transport et de faire des infrastructures logistiques un moteur de croissance durable, capable d’accompagner la transformation économique du pays au cours des prochaines décennies.




