Wednesday, April 29, 2026
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Secteur bancaire camerounais : Coris Bank International, nouvelle banque 

Après une première implantation en Afrique centrale, Coris Bank International amorce officiellement des démarches pour s’implanter au Cameroun. Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie régionale facilitée par des réformes réglementaires récentes et par l’intégration aux infrastructures de paiement locales — un pari sur la croissance d’un marché déjà dominant dans la CEMAC.

Coris Bank International (CBI), groupe bancaire originaire du Burkina Faso, accélère son offensive régionale en sollicitant les autorités camerounaises pour ouvrir une filiale sur l’un des marchés les plus convoités d’Afrique centrale. L’initiative intervient alors que la banque, fondée en 2008 par Idrissa Nassa, consolide son maillage territorial après son implantation récente au Tchad.

Plus qu’une simple extension géographique, cette démarche témoigne d’une stratégie structurée : utiliser les nouvelles facilités réglementaires de la Cemac et s’intégrer aux rails de paiement locaux pour capter une clientèle diversifiée — entreprises, particuliers et usagers de la finance mobile. Selon une source au ministère des Finances du Cameroun, la demande d’agrément a été déposée récemment, déclenchant la procédure d’évaluation habituelle impliquant la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac).

La Cobac, qui supervise le secteur bancaire de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et République centrafricaine), reste l’acteur clé : l’avis favorable du ministère camerounais dépend de l’autorisation préalable de cette instance, notamment depuis l’adoption en 2025 de l’agrément unique. Cette réforme permet désormais à un groupe déjà agréé dans un État membre d’ouvrir plus facilement des succursales dans les autres pays de la zone, réduisant les frictions administratives et accélérant les déploiements transfrontaliers. Pour CBI, déjà présent au Tchad, la voie réglementaire est donc plus ouverte.

Autre élément stratégique : l’intégration aux infrastructures de paiement régionales. Des sources indiquent que la maison mère à Ouagadougou a organisé une réunion préparatoire sur l’intégration de la future filiale camerounaise à Gimacpay, la plateforme du Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale. En se connectant à cet écosystème d’interopérabilité — qui relie banques, microfinances et opérateurs de Mobile Money — Coris Bank vise à offrir des services de paiement, de transfert et de retrait instantanés, y compris des transactions transfrontalières et des paiements par QR code entre opérateurs. Cette capacité d’interopérer est aujourd’hui un facteur différenciant majeur pour attirer les clients dans une région où la finance digitale se développe rapidement.

Pourquoi le Cameroun ?

Le pays demeure le pôle bancaire de la CEMAC : il concentre environ 40 % du réseau bancaire régional et capte une part significative des crédits accordés aux acteurs économiques de la sous-région. Avec près de 20 banques à l’actif après l’arrivée éventuelle de CBI, le marché camerounais présente à la fois une forte concurrence et de substantielles opportunités commerciales — d’où l’intérêt pour un acteur ouest-africain cherchant à étendre son empreinte en Afrique centrale.

Les indicateurs macro-bancaires confirment l’attractivité : le résultat net cumulé des établissements actifs au Cameroun a dépassé 200 milliards de FCFA en 2024, traduisant une progression notable sur cinq ans. Toutefois, cette dynamique lucrative coexiste avec des fragilités : le stock de créances douteuses a augmenté de 14,5 % en 2024, rappelant que la croissance des profits masque encore des défis de qualité d’actifs et de gestion des risques.

En misant sur l’agrément unique, l’interopérabilité des paiements et une stratégie de pénétration progressive, Coris Bank International cherche à tirer parti d’un marché dense et numériquement dynamique. Le succès de cette opération dépendra de l’obtention des autorisations réglementaires, mais aussi de sa capacité à se différencier sur un marché déjà concurrentiel — via des offres digitales, des services aux PME et une intégration fluide aux réseaux de paiement régionaux.

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Couverture du magazine Ça Presse N011, Août 2025

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