Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a annoncé la liste des établissements de microfinance (EMF) agréés au Cameroun pour 2026, soulignant l’importance croissante de ce secteur dans le paysage économique national.
Acteurs clés de la Microfinance Camerounaise
Au 31 décembre 2025, le Cameroun comptait 385 EMF agréés, contre 390 établissements de l’année précédente. Ce qui a constitué un léger déclin. Cette communication visait à protéger les usagers des EMF clandestins, qui représentent un risque dans un secteur vital pour l’économie du pays. Ces institutions jouent un rôle indispensable, surtout dans les zones rurales où l’accès aux banques traditionnelles, est limité.
En 2024, les EMF camerounaises ont accordé des crédits pour un montant de 659,4 milliards de FCFA, selon la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), qui régule le secteur dans la région Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad, RCA). Ce chiffre marquait une augmentation de près de 41 milliards de FCFA par rapport à l’année précédente, représentant 57,6 % de la part de marché de la microfinance dans la sous-région.
Dominance sur le marché régional
Les statistiques de la Cobac révèlent que les crédits des EMF camerounaises sont trois fois plus importants que ceux de leurs homologues congolais et six fois supérieurs à ceux du Gabon. Cette prédominance se reflète également dans le maillage du réseau, avec 384 des 521 EMF agréés dans la région Cemac, soit 73,7 %.
Un équilibre fragile
Cet essor de la microfinance doit toutefois être mis en perspective avec les défis auxquels le pays est confronté. Le Cameroun est considéré comme la locomotive de la Cemac, détenant environ 40 % du tissu industriel sous-régional. Un parc industriel diverse renforce la clientèle pour les acteurs financiers, que ce soit les EMF ou les banques commerciales.
Cependant, la prospérité du secteur est assombrie par des liquidations et des placements sous administration provisoire, faisant naître des craintes chez les clients concernant la sécurité de leurs dépôts et la continuité du service de crédit. Cette situation résulte d’un renforcement de la supervision des EMF, initié par la Cobac en 2015.
Réformes en cours et nouvelles exigences
David Kengne, Directeur Général de Microfinance Academy, souligne que la réforme de 2015 a permis d’élargir le champ de contrôle au-delà des simples ratios financiers. Auparavant, un établissement pouvait être considéré comme sain tant qu’il respectait ses indicateurs financiers, même s’il souffrait de problèmes internes.
Le nouveau cadre impose des exigences strictes en matière de gestion opérationnelle, de conformité et d’audit interne. À partir de 2021, la Cobac a intensifié ses contrôles, menant à la fermeture d’établissements non conformes, afin d’assainir un secteur jugé stratégique pour le financement régional.





